J'aurais voulu être une raconteuz'

18 octobre 2017

Me too ...

J'ai hésité. Un moment j'ai hésité. Non par peur. Non parce que ça aurait été mieux de se taire. Non par honte. Non.
J'ai pas honte. Surtout pas honte.
Mais j'ai hésité parce que je ne me suis jamais tu. Et que j'ai la force de ne l'avoir pas enfoui.
Je l'ai dit. Je l'ai confié. J'en ai parlé. J'en ai même ri. Putain ouais j'en ai ri.
De ce que ça aurait pu être si je m'étais tu. Mieux vaut rire de la peur de sa vie.
Alors oui j'en suis aussi.
Me too.
Me too les gars.
Me too à cause de toi connard, qui un soir tard m'a fait détaler comme un lapin les yeux éblouis par les phares. J'ai jamais couru aussi vite et j'ai hurlé. Mais j'ai hurlé à l'intérieur. Y'a pas un son qui est sorti. J'ai couru en n'imaginant même pas ce que tu voulais me faire connard si je n'avais pas couru si vite. Et si cette voiture ne s'était pas arrêtée, laissant sortir une dame qui avait capté que tu me coursait connard. Et si elle ne s'était pas arrêtée? Et si tu m'avais ratrappé? Et si. Non je ne veux pas le savoir.
Me too à cause de toi connard qui une nuit arrosée m'a enfermé dans un vieux chiottes. J'étais ivre mais pas de toi. J'étais ivre et j'ai dessaoûlé en 1 seconde. 1 seule seconde pour réaliser que tu ne voulais pas me dire de jolis mots. 1 seconde pour t'ordonner de me laisser sortir. Te montrer en 1 seconde que je n'avais pas peur connard et que j'étais plus forte que toi. Pas dans le corps mais dans les yeux. J'ai été plus forte que toi et je ne veux même pas imaginer ce qui se serait passé si je ne t'avais pas fusillé du regard. Et si. Non je ne veux pas savoir.
Me too à cause de toi connard, qui me prenant en stop, sur une petite île du bout du monde m'a fait réaliser que je n'étais rien. Rien qu'un objet de désir. Tu roulais et tu t'es mis à te branler connard. J'ai rien dis. J'ai pas pu. Trop peur. J'ai cru crever de peur alors j'ai hurlé à l'intérieur et j'ai attendu que tu veuilles bien me laisser descendre. Comme si de rien n'était. Je suis descendu et j'ai pleuré. Pleuré ce que je n'ai pas pu te hurler à la tronche connard. Et si. Et si tu ne t'étais pas arrêté. Non je ne veux pas le savoir.
Me too à cause de toi connard, qui ne comprend pas ce que veux dire non. Ce que veut dire stop. Qui ne veut pas comprendre quand je ne veux pas. Quand je ne veux plus. Connard. 

 

Me too à cause de vous.

 

Alors oui j'ai hésité. Un moment j'ai hésité et puis non.

Non il ne faut pas se taire. Non il ne faut pas justifier ces agressions constantes et récurrentes. Ces insultes. Ces affronts sous prétexte d'une féminité affirmée.

Tu sais quoi connard? 

Je continuerai à répondre, à te toiser, à te montrer à quel point je n'ai pas peur même si à l'intérieur je suis terrorisée. Je continuerai d'onduler des hanches fièrement roulées dans mes shorts courts et moulés. Et je n'hésiterai jamais à me défendre du regard. Ce regard. Qui t'explose à la gueule ce que tu es.

Un connard.

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06 octobre 2017

La tétinothérapie. . .

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Après l'épisode du doudou et de la tétine salement tagués au nom de La Chouette, une siiiiii généreuse lectrice m'a offert des tétines joliment gravées.

Mais cette lectrice et créatrice n'est pas que généreuse. Elle a aussi beaucoup d'humour.
Avant de finaliser l'envoi du cadeau-colis elle m'a demandé le vrai prénom de La Chouette (que je garde pour la vraie vie ... ne me demande pas pourquoi c'est comme ça) ainsi que le petit truc spécial que je voudrais qu'il y ait gravé dessus.
Elle m'a proposé des mignonneries du genre papillons, fleurs, ou encore Mickey Minnie et compagnie.
La Chouette n'est fan de rien. Hormis de tétines. Je n'allais quand même pas demandé de graver une tétine sur la tétine. 
Alors j'ai réfléchi. Réfléchi. Réfléchi.
Et puis j'ai dis que si j'étais vraiment sadique, tordue, barrée, fêlée, je lui demanderais une bien belle jolie mouche à graver sur ladite tétine. La Chouette a une sainte horreur des mouches. Elle les déteste au plus haut point. Alors je lui ai dis, oui, non, oui mais non on ne va pas faire ça, tiens vas y banco pour un joli bateau. L'enfant adore les bateaux.

Je viens de recevoir le colis-cadeau.
Et il y avait la tétine bateau mais il y avait aussi et surtout celle là.
La tétine Mouche.
J'ai éclaté de rire et j'ai laissé L'Enfant découvrir ce siiiiii généreux présent.
- Haaaaaa une mousse ! ! ! Une mouuuusse su ma tétine maman ! ! !
- Ho bah oui alors. Une mouche. Elle est jolie cette mouche nan?
- Nan ! Z'aime pas les mouuuusses.
- Oui je sais mais celle là c'est pas rien qu'une mouche. C'est une tétine mouche.
(Tu le vois le regard materno-sadique?) .
.
L'enfant est tellement tétinaddict qu'elle la matrouille depuis tout à l'heure.

Je vous conseille donc la tétine poireau, ou encore la tétine choux de Bruxelles, voire encore la tétine céleri.
Sait-on jamais.
Des fois que ça marcherait.

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04 octobre 2017

J'attends ...

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Le soleil se lève sur la campagne.
Réveil embrumé. Réveil câlin. Chocolat tartines grillées. Ça caille dans la cuisine. On se colle. Collées serrées pour se réchauffer d'avoir quitté la chaleur de nos draps. Une fois de plus, encore une fois, L'Enfant Chérie a dormi avec moi. Je me dis que ce matin on a le temps. On peut profiter. Et puis par je ne sais quel tour de magie, le temps est passé et on risque, une fois de plus, encore une fois, d'être les dernières arrivées. 
De la fumée sort de ma bouche, la rosée trempe nos souliers. Emmitouflées main dans la main c'est l'heure.
L'heure de foncer.
Zou dans l'auto, le chauffage à fond.
Viens ma douce. Fonce. Dépêche toi.
J'en ai la bouche pincée de lui dire une fois de plus, encore une fois, dépêche toi. Mais nous sommes comme ça. Prendre le temps au risque de lui courir après. Au temps. Le temps. Pas assez de temps.
La cloche sonne. La cloche pour dire que les portes vont se fermer.
Ne pas se faire remarquer. Petit train train quotidien.
Les exilées climatiques tropicalisées se fondent dans la petite masse de l'heure qui passe. Comme tout le monde. Comme les autres. Peut être un peu plus emmitouflées certes. Mais personne n'y fait attention. On dit Bonjour bien fort, le sourire aux lèvres d'être à l'heure. Et même que nous ne sommes pas les dernières. Fières.
Un bisou par ci, un bonne journée ma Chérie par là.
Cette gosse trouve sa place et nage en collectivité comme une vraie sirène. 
Pas de larmes, pas de "pars pas maman", pas de petits doigts accrochés à moi. Elle nage. Elle part loin de moi et retrouve son petit monde. Prête à passer une belle journée.
Et dire qu'il va falloir l'arracher à ça.
La trimballer encore une fois. Rentrer chez nous les gars.
Ouais on va rentrer chez nous.

Toujours pas d'électricité ni d'eau dans mon quartier. C'est la raison pour laquelle nous sommes toujours là. On attend.
On attend en parlant aux copains de là bas. En leur disant ce qu'on vit ici.
On attend.
On attend dans cette parenthèse de jolie petite vie ici.
Et ça va.

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03 octobre 2017

Je ne sais pas ...

 

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Je ne sais pas s'il aimait les couchers de soleil. Mais je sais qu'il aimait les couleurs. Je ne sais pas s'il aimait plus la mer à la campagne. Mais je sais qu'il voulait vivre dans une roulotte. Je ne sais pas s'il était plus lève tôt que couche tard. Mais je sais qu'il n'était pas le dernier. Pas le dernier pour fêter.
Je ne sais pas grand chose. Enfin si. Mais pas tout. Pas trop.
Pas eu assez le temps.
Mais je sais que ce soir je vais lever mon verre à lui et même que peut être je vais valser à sa santé.
Bon anniversaire à lui.
Bon anniversaire à toi.
Bon anniversaire Papa.
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30 septembre 2017

À vous ...

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Juste parce qu'aujourd'hui il devait pleuvoir et faire un temps de chien. Et que finalement il a fait pas trop si froid. Même un peu chaud.
Il a fait pas trop si froid que ça m'a donné chaud.
Chaud dans le coeur.
Jolies couleurs.
Alors on a passé la journée dehors. 
On a vu des moutons et des canards. 
Et on a fait de la balançoire. Il y a eu de jolis rires chez les copains. Et des bisous à demain.
L'été Indien.

Et forcément toutes ces couleurs, je les envoie à des milliers de kilomètres d'ici. À ceux restés là bas. À mes amis. À ceux que je n'oublie pas. À ceux qui savent.
À ceux qui.

On rentre bientôt.

C'est promis...

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L'Effet Poireau ...

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Cette photo se passe de commentaire.
Néanmoins, nous pouvons retenir la mine réjouie de celle qui vient de faire la plus belle prise de sa vie.
Et au delà la mine réjouie, il y a la délicatesse dans le geste.
La souplesse.
La joie du travail bien fait.
L'exaltation.
Et la constatation.
J'ai définitivement l'air con, la fourche à la main à déraciner mon poireau.
J'ai définitivement l'air con mais je suis ravie.
Et ça oui.
Ça se passe de commentaire.

J'sais pas quand je vais pouvoir rentrer chez moi mais si ça tarde trop je crois que je suis assez dingue pour me lancer dans la retape d'une vieille bâtisse à la campagne.
Élever des chèvres et des poules et des vaches. Mais pas pour les manger. Juste pour les oeufs et le lait.
Planter des patates, des carottes et des navets. Deféquer dans la sciure. Tricoter mes gilets. Ne plus me maquiller. Ne plus rien acheter. Récupérer l'eau de pluie. Me déplacer en poney. Faire mes confitures. Déscolariser l'Enfant. Fermer mes comptes.
Et puis écrire enfin pour de vrai.

C'est fou ce qu'a pu réveiller en moi la prise de ce poireau.
C'est l'Effet Papillon.
L'Effet Poireau si vous préférez.
Faite gaffe, ça peut faire flipper.

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#laraconteuz @ Cueillette Fabulette

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28 septembre 2017

Ça sent ...

Ça sent les feuilles qui tombent et les champignons.
Ça sent les châtaignes et les petits matins brumeux.
Ça sent les couchers de soleil et les cafés frileux.
Ça sent les belles soirées chez les copains.
Ça sent les déjeuners en terrasse et le bon pain.
Ça sent les vieux rades et les infus emmitouflés.
Orange. Ocre. Rouge.
Ça sent les couleurs de l'automne.
La fin des beaux jours et le début des nuits rêvées.
Ça sent tout ça.
Ça sent bon.
Ça sent bien.
Et c'est plus joli de profiter plutôt que de cogiter.
Débrancher.

C'était comment la vie avant ?
Et là?
Là c'est où quoi quand ?
C'est vas y le bordel dans le ciboulot.

Ça sent ça.
Ça sent tout ça.
Débrancher.
Débranche moi.

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#laraconteuz

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25 septembre 2017

Sa première rentrée...

À midi j'étais devant la porte et je l'ai récupéré. 
Elle avait l'air debraillé. 
Essoufflé. 
Ce petit minois de la celle qui a eu du mal à trouver le rythme et qui en a vu beaucoup en peu de temps.
Mais les yeux en éveil. De la celle qui n'en a pas perdu une miette. Plein les mirettes.
Au programme ce matin, c'était gym et bibliothèque.
La maîtresse m'a dit que tout s'était bien passé. Qu'elle n'avait pas pleuré.
Quelques mots. Rien de plus. 
Beaucoup moins que tout ce que Nounou pouvait nous raconter après une longue journée.
C'est ça l'école il paraît. Faire partie d'un groupe. Suivre la marche et ne pas trop sortir du rang. 
Elle a suivi.
Quand je lui ai demandé comment cette matinée s'était passée, la seule chose qu'elle a retenu c'est que "Moi i voulais pas que y'a écrit su mon doudou et su ma tétine ! Moi i voulais pas !!!"
Je regarde ledit doudou et ladite tétine et je vois effectivement que son prénom est écrit dessus.
Et moi non plus je ne voulais qu'on écrive dessus. Mais on ne m'a pas prévenu. On ne m'a pas demandé.
J'étais pas encore prête à passer dans le monde merveilleux des étiquettes.
J'aime pas les étiquettes.
J'aime pas.
Mais je crois qu'on ne va pas avoir le choix.
Je sens que ça l'a quand même bien perturbé cette histoire de doudou tout cradossé.
Du coup en rentrant on a dessiné plein partout sur les mains et on a débordé en faisant les zinzins. Parce que oui si on écrit sur les doudous et les tétines comment vous voulez que je lui dise qu'on ne peut pas se colorier les mains?
Faudrait savoir. 
Alors elle m'a dit : "Agade Maman mes touatouages ! Moi j'a des jolis touatouages !"
Et oui Chérie comme Doudou.

Et hop. 
Ni vu ni connu, emballé c'est pesé. Ni une ni deux l'histoire du doudou est oubliée.

Je sais. Je suis super maligne. 
On m'appelle Micheline.
Micheline Maligne. 

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Quand faut y aller ... faut y aller ...

Ce matin je n'ai pas voulu réfléchir. Pas voulu me demander si c'était la solution. Si c'était ma décision ou si c'était ce qu'il fallait. Ce qu'elle devait.
Je n'ai pas voulu réfléchir et ça tombait plutôt bien je n'avais pas le temps. 
Ce matin j'ai laissé L'Enfant Chérie pour la première fois dans cette salle de classe. Au milieu d'une vingtaine d'enfants. 
Qui ne la connaissent pas. Qu'elle ne connaît pas. 
Seule. 
Emmitouflée dans ses gilets elle n'a pas voulu me lâcher.
Elle ne voulait pas.
Pas rester là.
Alors oui. Non.
Non ce matin je n'ai pas voulu réfléchir. Je lui ai dit que j'allais revenir. Je lui ai fait des bisous par milliers. Je lui ai dit que ça allait être super. Que si elle ne voulait pas elle n'y retournerait pas. Mais qu'on allait essayer.
Des bisous je t'aime. Des à tout à l'heure mon coeur.
Je l'ai laissé. 
Je ne me suis pas retournée et j'ai imploré à mes entrailles de ne pas trop me chahuter. Je ne me suis pas retournée et je ne l'ai pas entendu.
Non. 
Non elle n'a pas pleuré.
Je l'ai imaginé se fermer.
Je ne me suis pas retournée mais je savais.
Je savais qu'elle allait prendre sur elle. Accepter. 
Se blinder de ce qui la caractérise depuis déjà bien longtemps du haut de ses même pas 3 ans.
Elle n'allait pas pleurer. 
Je savais qu'elle allait se mettre en veille. 
Elle sait s'auto planter le cerveau.
Qu'on ne la touche pas. 
Qu'on n'attende rien d'elle. 
Qu'on ne lui parle pas. Juste qu'on la laisse. Qu'on la laisse observer et s'adapter.
Ce matin je l'ai laissé, je ne me suis pas retournée mais je sais qu'elle s'est fermée.
Quelques minutes. Peut être plus. Je préfère ne pas le savoir.
Ce matin je n'ai pas voulu réfléchir. J'ai préféré, comme elle, m'auto planter le cerveau.

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22 septembre 2017

Tchou tchou ...

Ce matin on s'est réveillé de bonne heure et même qu'on s'est aussi réveillé de bonne humeur. Faut dire. Vu le jet lag qu'on a encore dans le museau, on s'est réveillé comme s'il était 1h du mat pour nous. Et les réveils nocturnes ça oui, La Chouette, elle connaît. Elle aime bien ça.
Alors ouais hop hop hop debout là dedans, il est 7h! On enfile la polaire, les chaussettes, les poufles, l'écharpe, le bonnet et tout ce qui peut nous permettre de ne pas décéder de froid pour aller jusqu'à la salle de bain. Il est déjà 7h22.
22 minutes pour s'habiller c'est trop je sais. Mais c'est que nous les collants, les chaussettes et les pulls et tout le bazar on connaît pas. Alors ça prend du temps.
Arrivées dans la salle bain on enlève la polaire, les chaussettes, les poufles, l'écharpe, le bonnet et je me dis que bordel on va jamais être à l'heure vu le temps qu'on perd à s'habiller et se déshabiller !
On chante sous la douche pour se réchauffer. Fort. Peut être un peu trop mais ça tient chaud.
Et hop hop hop on sort de la douche et on renfile tout le bazar. Il est 7h58.
On a donc mis 58 mins pour juste une douche. Une toute petite douche. Va falloir s'organiser autrement.
Étonnamment L'Enfant ne réclame ni sa robe, ni ses sandales ce matin. Pourtant on aurait mis nettement moins de temps mais elle a fini par capter que si je la saoule à se mettre tout ça sur le dos c'est pour son bien.
Bien.
Go !
Direction la cuisine.
Chocolat chaud, thé, tartines. Vite vite vite.
Un dernier ptit tour dans la salle de bain. Débarbouillette, brossage de dents, couette et go go go dans l'auto. Il est 8h34.
Gooooo !
On arrive à l'école du village.
J'ai pas le temps de réaliser qu'elle va aller à l'école ici.
Au lieu de vivre une rentrée normale comme ça aurait dû se passer, on arrive toutes les 2 un peu déboussolées.
J'explique à la maîtresse que Oui bonjour Madame, c'est nous les expatriées cyclonées. Et oui Merci Madame de bien vouloir prendre L'Enfant le temps que les choses évoluent sur notre île dévastée.
Nous sommes accueillies avec des sourires et en 2 minutes nous avons une ribambelle de marmots autour de nous qui nous demande "Et elle s'appelle qui? Et elle fait quoi? Et pourquoi? Et tu viens zouer? Et moi j'ai troizans? Et moi ze suis grand!".
L'Enfant Chérie n'a pas très trop envie de parler mais elle ne pleure pas c'est déjà ça.
La petite classe retrouve ses habitudes et nous on observe de loin. La maîtresse leur demande de se mettre en rang pour faire le petit train et pour chanter de bon matin. Elle propose à La Chouette qui décline de son regard le plus noir (celui de sa mère apparemment) elle préfère rester collée à moi.
Le petit train se forme et démarre. Ça chantouille, ça rignoche. C'est un peu niaiseux je dois l'avouer mais mon coeur fond de les regarder se trémousser.
J'ai fondu d'amour jusqu'à ce que La Chouette se marre.
Bah t'as quoi l'Enfant ? Qu'est-ce qui te fait rire?
Hihihi continue-t-elle.
Bah quoi ?! Pourquoi tu te marres?
Elle me regarde, toujours en se marrant et.
"Nan mais c'est quoi c'bazar Maman?!".
Et c'est là où moi aussi je me suis tapée un fou rire.
Non mais c'est vrai c'est quoi ce bazar?!
C'est cul cul à souhait les tchous tchous le p'tit train, c'est vrai. Mais j'aimais bien moi. Je commençais limite à dandiner aussi.
Bon bah elle non.
Elle, elle se marre.
Elle, elle veut pas faire la niaiseuse, elle veut pas rentrer dans le rang. C'est vrai que nous les ptits trains on les fait en criant, en sautant, en courant, en chantant fort et en riant à gorge déployée. On les fait en transformant notre voix, en faisant des grimaces complètement barrées.
C'est comme ça que nous on les fait les ptits trains.
Va falloir t'adapter ma chérie. Va falloir faire moins de bruit.
Mais steuplait ma beauté, perd jamais ton grain de folie.
Pour nous la matinée à l'école s'est terminée là. On est parti vite en se donnant la main et en faisant les zinzins. On a couru jusqu'à la voiture. J'ai mis la musique à fond et on a chanté fort.
Aussi fort que c'est vraiment pas évident de me dire que lundi elle y retournera.
Cette fois sans moi ...

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#laraconteuz

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