28 novembre 2011

Mémoire sélective

Depuis toujours les gens en marge de la société m'attirent.

Il y avait ce Monsieur qui passait ses jours et ses nuits à marcher dans les rues de Poitiers.
Les bras ballants, la tête replié sur la poitrine, toujours au même rythme.
Je pouvais le croiser 3 fois par jour à des heures improbables et ne plus le voir pendant des mois.
Puis je le retrouvais au détour d'un pont, les cheveux coupés et la barbe rasée.
Toujours ce pull gris, ce manteau bleu et ce jean' délavé.
Un soir un peu plus arrosé que les autres je lui ai demandé son nom.
Il n'a pas relevé la tête mais il s'est arrêté et il m'a répondu.
Jean Marie.
Il est repartit et je n'ai jamais su ce vers quoi il allait.

Il y a eu la "Dame aux oiseaux".
Petite bonne femme cachée sous des jupons colorés, des petites lunettes rondes, un sac de grain à la main.
Elle nourrissait les pigeons qui la remerciaient en taggant les voitures de la ville.
Tous les jours.
Et gare à celui qui tentait de les faire fuir.
Elle avait un sacré caractère la Dame.

Et cette femme qui a traversé la route et qui s'est écroulée net.
J'ai tout lâché et j'ai couru vers elle.
Elle a repris connaissance et je suis restée, à lui tenir la main, jusqu'à l'arrivée des pompiers.
Je ne l'ai jamais revu.

Je me rappelle de "SpiderMan" à Bora Bora.
Une cape blanche, un bandeau blanc dans les cheveux.
Toujours à vélo, toujours la même tenue.
Ça a duré des mois et je n'ai jamais vu ceux contre qui il se battait.

Il y a cette vieille femme à Confolens, petit bonnet sur la tête, grosse doudoune, et ce pansement énorme sur le nez.
Elle attend sur son petit muret depuis des années.
Qu'attend-elle?

Je me souviens du Vieux Monsieur qui s'était perdu dans mon village.
Les voisins l'avaient laissé dormir dans la grange et moi je lui avais apporté un bol de soupe et des clémentines.
Pour moi c'était le Père Noël.
J'avais 7 ans.

Ici on a "Jésus".
Habillé d'une couverture, les cheveux longs, la barbe, un trait de khôl sous les yeux.
Il se tient droit et ne supporte pas qu'on le touche.
Il ne parle plus qu'en Anglais alors que sa langue maternelle est le Français.
Il ressemble à un clochard mais vit dans une villa et roule dans une grosse voiture derniers cris.
Revenu ici après un voyage initiatique en Inde, il est resté là haut.
Bien haut perché.

Et cette femme ce soir que j'ai pris en stop.
Elle me dit qu'elle vient de se faire violer et que tout le monde s'en fout.
Qu'elle a manqué se faire renverser sur le bord de la route et qu'on l'a tapé avec une batte de baseball.
Qu'elle a 34 vertèbres de cassées et l'omoplate aussi mais ça va hein.
En plus elle a un traumatisme crânien et on lui doit 20000 balles depuis qu'elle est ici.
Mais elle va appeler sa famille et elle a un avocat.
Un Bâtonnier même!
Elle s'énèrve contre le type qui est devant, il avance pas assez vite ce connard, il est bourré lui.
Pour finir elle me demande si je connais Jean Pierre... Il est gentil Jean Pierre.

Je me demande toujours d'où viennent ces âmes perdues.
Qu'à été leur vie puisque celle ci à l'air de s'être arrêtée.
Ce qu'ils étaient et ce qu'ils sont devenus.

Il y a ceux qui m'attirent et ceux qui me font peur.

Peur que pour moi aussi ça s'arrête
Qu'un matin, une nuit, je ne sache plus vers où avancer.

Peur qu'on me laisse sur un muret, dans une grange ou encore sur le bord d'une route.
Peur qu'un jour il y ait le Noir.

Parce qu'en fait ça peut s'arrêter n'importe où, n'importe quand.
On peut s'arrêter mais être toujours là.
Là qu'à moitié...

C'est pour ça que nos projets nous permettent de rester.
De continuer.

Je sais que toi aussi t'as peur.

T'as peur parce que tu viens de devenir mère ou parce qu'à plus de 50ans tu deviens femme.
T'as peur parce qu'elle ne t'aime plus ou parce que tu ne sais pas quand tu vas retrouver un travail.
T'as peur parce que tu voudrais tout quitter ou parce que tu ne veux pas revenir au contraire.
T'as peur qu'il meurt, t'as peur de toujours avoir mal...

T'as peur mais tu sais qu'on joue tous au même jeu.
Mais qu'on n'a pas eu les mêmes règles...

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24 novembre 2011

All over the world

A toi cher(e) lectrice(eur) qui ne me connaît pas dans la vraie vie mais qui a juste la chance de me rêver comme une nana hyper drôle, aventurière, charmante et un poil atypique (alors que pour de vrai j'suis une chieuse de 1ère classe et en plus j'ai un caractère de merde) sache qu'il y a peu c'était mon anniversaire.
Mais t'inquiète pas, je ne t'en veux pas de ne pas me l'avoir souhaité... hum hum, maintenant tu vas pouvoir le faire...

En ce jour de gloire j'ai eu la chance (merci Facebook) d'avoir une ribambelle de joyeuses pensées d'anniversaire du monde entier (enfin pas de tous les pays mais de tous les continents et c'est déjà pas mal) en guise de cadeaux.
C'est l'jeu... je suis toujours loin des miens en cas de jour particulier (jour où dans la plupart des cas on t'offre des cadeaux j'veux dire).

Mais tu vas pouvoir te ratrapper puisque je vais te permettre de me faire un super trop chouette cadeau, et même que ça te coûtera rien.

En tant qu'auteur autodidacte (traduis par: c'est pas forcément intelligent ce que j'écris, c'est juste que jte raconte ma life et à première vue tu en redemandes vu que tu viens régulièrement faire un tour par ici) j'ai comme projet (fou fou le projet) de pouvoir éditer un jour.
Pour cela j'ai besoin qu'on me lise, qu'on me partage, qu'on me donne son avis, qu'on m'encourage (ça c'est pour l'artiste écorchée) bref qu'on parle de ce que je raconte.
Et c'est là que tu vas pouvoir m'aider, où que tu te trouves.

Tu vis en Belgique, en Suisse, en Russie, aux Etats Unis, en Nouvelle Calédonie, dans les Antilles, au Japon, en Polynésie... et je sais que tu me lis et je sais aussi que tu as forcément un compte Facebook (limite ma grand mère en a un).
Et chose que tu ne sais peut être pas c'est que je t'invite généreusement à partager mes articles, à me liker, et à faire découvrir mes Z'aventures en Zailleurie.
Et aussi, si le coeur t'en dis, à mettre des petits commentaires parce toi tu me connais (un peu) mais moi je ne te connais pas du tout!

Ayè j'en ai finis avec mon racolage, tu peux retourner à tes occupations.

A la revoyure les zouaves!

 

Si tu le fais pas je t'en voudrais pas va... mais ça serait un super cadeau d'anniversaire!  :-)

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18 novembre 2011

Dinou VS le nain

Il y a peu de temps je t'ai conseillé de ne jamais voyager avec un petit être qui ne pourrait t'informer (verbalement) de ce qui l'angoisse autant à l'idée de quitter son chez lui.
Que ce soit un nain ou un chat...

Personnellement je n'ai encore jamais voyagé avec un enfant, mais le peu de nains que j'ai croisé dans tous les avions que j'ai pu prendre n'ont pas particulièrement apprécié le voyage: pleurs incessantes au décollage, cris allant crescendo en rapport à la prise d'altitude bien sûr.
Une fois que la jeune mère peut se détacher elle va opter pour la ballade entre les rangs et dans ce cas tu auras les chouinements bien trop près de ton oreille toutes les 5 minutes (si t'as la chance d'être dans un très gros avion).
S'en suivra une bonne phase de dodo, pour un réveil en fanfare 4h plus tard pour la couche ou le bib' au choix.
Et c'est là où Toi, jeune mère, tu vas me dire qu'il n'y a pas que dans un avion que ça se passe comme ça. Que c'est juste ton quotidien.
Mais ça je n'ai pas encore le privilège de le savoir.

Par contre le "voyager avec un chat" n'a rien à voir avec le "vivre avec un chat".

En règle générale ton chat est indépendant, il passe sa journée dehors, rentre le soir pour la gamelle de croquettes et s'il a beaucoup de chance il aura sa petite séance de papouilles pour un dodo bien au chaud sur la couette.

Voyager avec lui, veut dire qu'il va passer des heures enfermé dans une petite caisse, sans manger, sans boire, sans le pipi, en ne sachant pas du tout ce qu'il se passe ni où on va.
En gros imagine toi laisser ton bébé dans une caisse sans pouvoir le nourrir, ni le changer pendant 20 heures...
Impossible?
Pour moi ce fut un calvaire.

Avant de partir, j'avais bien expliqué à Dinou qu'on allait partir loin, que ça allait être un si long voyage et qu'il n'allait pas revoir sa maison ni ses potes pendant super trop longtemps.
Il a eu ses visites chez le véto pour être pucé, pesé, vacciné et identifié.
J'avais bien pris notes auprès de la compagnie aérienne des conditions de vols en cabine histoire de ne pas avoir de mauvaises surprises.

Et déjà ça se corsait...
Ils m'acceptaient Dinou et sa cage pour un total de 7 kilos, sinon c'était direct en soute.
Tout seul. Dans le noir. Au milieu d'autres animaux apeurés.
Il était hors de question que je le laisse, au pire j'aurai demandé à voyager avec lui en soute.
J'te jure j'étais cap'!
Le problème majeur étant que Dinou pesait a lui tout seul 7,4kgs (et vas pas me dire qu'il est gros, il a juste vachement de poils!).
C'est à ce moment là qu'on a entamé un régime drastique, fini la paté friskies, whiskas & co à volonté. 
Imagine toi faire perdre à ton bébé près de 2 kilos pour qu'il puisse prendre l'avion en cabine et pas en soute...

Au bout de 2 mois il ne faisait plus que 6,2kgs. Well done Dinou!!!
Lui et sa cage ne dépassaient plus que de 400g le poids autorisé.
J'allais miser sur son regard de loveur pour amadouer la gentille dame de l'enregistrement.

Nous voilà donc parti pour 1 heure de voiture, puis 1h30 de train, pour finir avec 1h de bus pour enfin arriver à l'aéroport. Tout s'est très bien passé, vu qu'il avait déjà pris ces 3 modes de transport je ne m'inquiètais pas trop.

On s'enregistre vite, il fait effectivement les yeux doux à la dame du guichet et les 400 grammes de surplus passent inaperçus.
Ses vaccins sont en règles, son passeport est à jour on va pouvoir se mettre dans un endroit calme pour les 3h d'attentes.

Arrivés au contrôle de sécurité on me demande de mettre la cage sur le tapis pour le passage aux rayons X.
Et là je flippe grave.
Il est hors de question que mon bébé fils passe là dedans, je ne veux pas qu'il soit irradié, ça peut lui faire trop de mal.
Nan vraiment Madame j'vous jure, j'veux pas. J'vous promets que j'ai pas mis de drogue dans sa cage, encore moins de bombe. Allez d'accord? On peut y aller? Hein...
La dame ne nous a bien evidemment pas laissé passer et m'a proposé de prendre Fils dans mes bras et de passer la cage aux rayons.
Et c'est là où ça a coincé...
Beaucoup trop de monde, de bruit, de bip bip bip... 
Dinou n'a jamais voulu sortir et j'ai dû le mettre dans le "tunnel à rayons"
Vas y Jeune Mère, imagine toi passer ton bébé là dedans...
Au pire on va fouiller la couche de ton nain mais jamais on va te l'irradier!!

Dinou n'étant pas Fils de Taliban (mais fils d'arabe je te l'accorde) on a pu passer sans la fouille au corps.
Il avait même pas l'air trop mal après le passage du tunnel.
J'espère  juste que dans les mois à venir il ne va pas lui pousser des tumeurs, voire même une deuxième queue... On a vu ce que ça a donné Tchernobil hein!

On arrive donc dans le petit salon d'embarquement, il nous reste peu de temps avant le fameux décollage.
Le stress monte et je préfère donner son petit médicament à Fistou histoire de lui faciliter la suite du trajet.
J'ai à peine galérer à lui faire avaler... va donner une micro gélule en passant juste une main dans la cage toi!
Il m'a à peine griffé, m'a si peu craché dessus et n'a pratiquement pas miauler à la mort.
Normalement le somnifère devait faire effet 1 heure après, c'est à dire pile pour le décollage.
On allait pouvoir être tranquille. Lui comme moi.

A force d'attendre et de me dire que je vais passer ces 8 prochaines heures enfermée sans nicotine, je demande à la jeune fille à côté de moi de surveiller Fils le temps d'une dernière cigarette.
Celle ci me répond d'un air distant "Oui bah de toute façon il ne va pas aller bien loin..."  (connasse)
Je lui laisse quand même et pars. La cigarette me fait faire n'importe quoi...

A peine le temps de tirer trois lattes que j'entends :

Tunununuut (annonce d'accueil au haut parleur) Pour des raisons de sécurité nous vous demandons de ne pas laisser vos bagages sans surveillance et de nous informer de tout colis suspects. You're attention please... Tunununuut.

Ça ne fait qu'un tour dans ma tête et je m'imagine déjà 15 militaires aux Famas prêts à charger autour de mon Fils.
Sont tellement dingues ces cons qu'ils seraient prêts à dégommer un chat le prenant pour une bombe H!

J'écrase ma clope dare dare et court auprès de la prunelle de mes yeux.

Il est toujours dans sa cage, la nana l'a bien surveillé, et moi j'ai même pas fumé en paix. Chier!

De toute façon il est temps d'embarquer...

Une fois à bord je me retrouve derrière la rangée des jeunes parents et leurs nains et je réalise que l'espace entre mon siège et celui de devant est très limité et qu'on va sacrément être à l'étroit.
Autant au niveau de l'espace qu'au niveau de la nuisance sonore.

Quant à savoir qui fera le plus de bruit... Le nain ou le chat??? Suspense.

Je cale la cage entre mes pieds, j'ai vraiment pas de place.
Parce que moi j'ai pas le petit emplacement sur le mur pour caler un berceau comme la maman devant moi.
Payer 50€ pour avoir le droit de mettre une cage entre mes jambes?? Super!
Et la maman elle a payé elle la place de son nain??? Hein?

Je vous épargne la phase des exercices de sécurité, passons aux choses sérieuses.
C'est à dire le moment où Roger met les gaz...

Force est de constater que ce foutu somnifère à chat ne fait pas effet et qu'une toute petite boule de poil peut, sous la peur, se transformer en Lion!!!
Et que les cris d'un nain à côté ne sont que des gazouillis.

Il fait des bonds de malades, tente d'arracher la grille de la cage, mort, griffe, rugit.
C'est hyper flippant.

Le seul moyen de l'appaiser que j'ai trouvé est de mettre sa cage sur mes genoux, de lui parler et de le caresser à travers la grille.
Vachement confortable.

Ça a l'air de marcher, il se calme.
Se calme un peu trop même.
Il tombe raide, ses yeux roulent dans ses orbites, la langue pendante!

Je panique et je le vois mort.
Mon monde s'écroule, je ne comprends plus rien, je regrette de l'avoir amené avec moi. Je le secoue, parle plus fort mais rien.
Il ne se passe plus rien! Je suis à deux doigts de demander à la maman face à moi ce qu'il faut faire en cas de malaise chez un nourrisson, d'hurler "y'a pas un medecin là dedaaaaans???" mais je me reprends.

Puisque je me rappelle les paroles de ma chère maman " Ne t'inquiète pas s'il devient tout poupée de chiffon, ce sera le somnifère qui fera effet".
C'est donc que ce foutu médicament marche.
Je décide donc de me (et à mon voisin de siège) faire un peu de place et de remettre la cage entre mes pieds.
Mauvaise idée, n'entendant plus ma douce voix le bercer le voilà qui se remet à rugir!

Pendant que le bébé d'en face laisse 4 heures de répit à sa mère pour qu'elle puisse matter un petit film peinard, moi, je vais devoir passer 8 heures avec une cage de presque 8 kgs sur les genoux, à parler, chantonner et à caresser mon bébé à travers une grille... même au moment du repas.

Ce serait mentir de dire que l'hôtesse de l'air ne m'a pas pris pour une folle à lier.

Nous arrivons tant bien que mal à St Martin, fatigués, déboussolés et surtout crevant de chaud.
Je vois ma copine Jeune maman qui donne de l'eau à son petit, lui met juste le petit body, nanani nanana... crâneuse!
Le mien ne peut toujours pas boire, ni manger, ni faire pipi. Et je ne peux lui enlever son pelage moumoute d'hiver pour qu'il ait un peu moins chaud! 
On va devoir rejoindre au plus vite le port pour le dernier bateau de la journée pour St Barth, au moins là bas il y aura un peu de vent.

Et autant il a mal vécu l'avion, autant le bateau s'est bien passé. Enfin je crois.
Puisque oui il y a eu du vent... donc de grosses vagues.
Je l'ai laissé dans un coin et moi j'ai lutté pour ne pas gerber.
Un peu plus et je lui piquais un somnifère ayant laissé le Mercalm au fond de la valise...
Du coup je n'ai pas pu garder les yeux ouverts (ma technique en cas de mal de mer: fermer les yeux et m'imaginer dans un manège) et je ne saurai jamais comment il a vécu la mer.

En tout cas à l'arrivée il n'y avait pas de vomis dans la cage, et encore moins de pipi après 20h de voyage!

Tu ne peux pas en dire autant hein Jeune Maman??
C'est cher les pampers hein??? 

Mon Doudou a pu prendre la relève: litière, croquettes, câlins... et moi je suis allée me coucher.

Je me suis fait une nuit de près de 12 heures, puisque mon fils, en dehors de sa caisse, est finalement hyper indépendant...

 

 

 

En écrivant ça je pense bien sûr à toutes ces femmes devenues mères, à celles qui le deviennent et à celles qui le deviendront... 

 

 

 


 

 

 

 

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08 novembre 2011

Pour un voyage en toute tranquillité

Faire un long voyage en soi même n'est pas très compliqué, le plus compliqué étant de dénicher the billet pas cher.

Mais pour faire un long voyage le plus sereinement du monde, tu as quelques règles de bases à respecter comme:

  • Avoir une valise dont le poids est inférieur à la moitié du tien.
  • Porter une tenue légère et décontractée.
  • Détenir un passeport.

Je te l'avais dis y'a rien de surhumain, même ta Mémé Simone elle pourrait le faire.

Sauf que dans la pratique ça ne se passe jamais comme tu l'avais prévu.

D'abord si tu pars faire un long voyage, ça veut souvent dire que tu pars pour longtemps.
Ce qui déclenche un truc complètement dingue en toi : tu tentes de mettre ta maison dans une valise.
Et ça déjà c'est juste pas possible.
Alors tu passes des heures à faire, défaire, à trier, à tasser, à plier... limite tu serai prêt à casser un objet que tu ne peux pas plier juste pour que ça rentre.
Perso j'ai tenté de faire rentrer un lampadaire d'1m50 dans ma valise, et bien au cas où tu douterais sache que ça ne passe pas.
Par contre, après des heures de réflexion j'ai réussi à y mettre un tapis.

Il te faut donc faire des choix, mais à l'idée que tu ne pourras pas porter telle ou telle fringue pendant des mois te vient une réaction étrange, mais commune à toutes, tu enfiles ladite fringue et tu te persuades que "mais bien sûr que ce petit gilet moumoute je le porterai dans les Caraïbes!! Et cette jupe qui ne me va pas du tout aussi je la mettrai".
Résultat tu as 2 valises de près de 25kilos chacune.
Ce qui fait un total de 50kgs et que tu ne pèses bien évidemment pas 100kgs.
Déjà tu ne remplis pas les conditions d'un voyage agréable.
Surtout quand tu dois prendre le train, puis sortir de la gare pour prendre un bus pour arriver à l'aéroport.
Pour au final sortir de l'aéroport et prendre un taxi qui t'emmenera au port pour prendre le bateau... 
J'déconne pas c'est ce que j'ai dû faire pour arriver à St Barth.
Sans oublier mon Dinou fils (7Kgs) sur le dos.

Une fois que tes bagages seront enfin bouclés il te faudra choisir la tenue adéquate pour supporter les 20h de voyage qui t'attendent.
Sauf que tu pars d'un point A où il fait 12°.
Tu vas passer des heures dans un avion où il fera à peine 20°. Ce qui je te l'accorde n'est pas très froid, mais quand la clim te soufflera en pleine face tu auras beau te caler dans leur couverture de nain (que soit t'as les pieds congelés, soit le buste... au choix! Mimi Mathy serait-elle grand sponsor de toutes les compagnies aériennes au monde???) tu ne pourras pas fermer un oeil tellement tu auras froid.
Tu vas arriver à un point B où il fera près de 30° avec un taux d'humidité à 70% (ce qui veut dire que limite tu vas respirer de l'eau).
Tu optes donc pour la solution suivante: partir avec le jogging moumoute et garder dans ton bagage à main une petite robe et des tongs.
Sauf qu'au moment de te changer dans l'avion, tu auras la moitié des gens qui voudront aussi se changer et qu'avec seulement  2 chiottes pour 350 personnes tu auras peu de chance d'avoir le temps d'en atteindre un avant que l'hôtesse ne te scotche à ton siège.
Et si par chance tu as le temps, tu te rendras compte que cette petite robe est vilaine sur ta peau blanche et qu'en plus tu n'es même pas épilée!
Du coup en plus d'avoir le cheveux gras, le maquillage qui coule (pour celles qui ne pensent jamais aux lingettes) l'haleine de poney (parce que toi tu voyages en seconde et qu'en seconde tu ne peux que puer du bec alors qu'en première on t'aurai offert le mini kit bouche fraîche: le pauvre pu! C'est bien connu!), tu auras aussi la touch' d'une pouilleuse avec ta robe et tes poils.
Sans oublier la super marque de l'elastique de la chaussette.
Ça c'est le détail qui tue.

Ensuite tu vas devoir montrer une dizaine de fois ton passeport.
Et c'est là où tu va déclencher une sorte d'alzheimer précoce.
Que ce soit à l'enregistrement, à la douane ou encore à la porte d'embarquement tu ne pourras jamais le dégainer du 1er coup.
Pourtant au moment de l'enregistrement tu avais choisis un endroit hyper accessible et stratégique (la fameuse petite poche du bagage à main) sauf qu'arrivé à la douane tu l'auras mis  dans ta poche de pantalon,  et qu'à la porte d'embarquement tu le cherchera depuis 30 secondes, paniqué et persuadé de l'avoir perdu alors que tu l'aura déjà en main. C'est con.

Maintenant que tu connais les principes de bases à un voyage en toute tranquilité je vais t'annoncer la dernière, mais non moins importante, règle:

NE JAMAIS VOYAGER AVEC UN CHAT, UN CHIEN, OU MÊME UN ENFANT... ou avec toute sorte de petite chose qui ne pourra pas parler pour te dire au lieu de miauler, aboyer, crier ce qui le stress à ce point.

Mais ça je te le raconterai plus tard...

 

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06 novembre 2011

Jamais 2 sans 3

Nous voilà de retour à St Barth!

Pour ceux qui nous suivent depuis le début vous savez que c'est une petite (7kms sur 3kms) île paradisiaque qui se trouve à côté de la Guadeloupe, où il fait une moyenne de 30° à l'année, avec des plages de sables fins, du Ricain, du Russe, du Bling-Bling...

Tout ici coûte très cher, puisqu'importé.
Trouver un logement décent est du domaine de l'impossible (même en y mettant sacrément le prix!) quant au travail il est de plus en plus difficile d'en trouver.
Sachant qu'on commence à être de vieux saisonniers (si si, passé 25ans t'es un vieux) et que la plupart des Boss ne veulent plus payer, préférant embaucher du petit jeune qui ne demandera pas trop, mais qui après quelques semaines de soirées et de défonce sera bien moins efficace.

Voilà où on en est à St Barth.

Destination de luxe, réservée à une certaine clientèle, où le service laisse vraiment à désirer.
Nos chers collègues de Bora Bora seraient surpris.
Eux travaillent avec leur coeur, ici on pense rendement et argent.

Je ne voudrais pas avoir l'impression de cracher dans la soupe, puisque ce qui nous fait revenir ici est bien évidemment l'argent.
Sans oublier le soleil, la vie paisible, la mer... et les belles personnes que nous avons croisé ici.

Revenir ici c'était la facilité.
J'avais mon poste à la boutique qui m'attendait, on avait réussi à réserver une case dès le mois d'Août.
Pas besoin de se stresser à chercher, à écumer les petites annonces, à se vendre, à pleurer un travail, à squatter...

Deviendrait-on moins aventuriers? Plus rangés?

Je pense que sur ce coup là c'est mon instinct maternel qui a pris le dessus...
Puisque cette année j'ai dû reprendre la garde de mon fils, il nous fallait un environnement sain et sans surprise.

Mon fils a 7ans et vivre sans lui devenait insupportable, bien que nous ayons les nouvelles technologies qui nous permettaient de communiquer régulièrement.
Grâce à la webcam je pouvais suivre sa vie de loin, l'écouter me raconter ses journées, le voir grandir.
Mais il n'y a rien de plus dur que d'être séparé de son bébé.
Je pensais, pour son bien, qu'il était préférable qu'il reste en métropole, que je ne le sépare pas de ses repères, de ses amis.
Il a eu tout l'amour de sa grand mère durant ces dernières années mais aujourd'hui sa place est avec nous.

Faire le voyage avec lui fut assez éprouvant, autant pour lui que pour moi d'ailleurs.
L'arrivée à St barth l'a un peu perturbé, entre la chaleur, les moustiques, le décalage horaire...

Et au bout d'une semaine je me rends compte que ses repères c'est moi et rien d'autre.
A partir du moment où il est avec sa maman, il se sent bien.
Il a juste besoin de mon amour et de sentir que je suis là.

Il commence même à se faire des amis dans le quartier.
Les enfants sont formidables, tellement généreux, maléables, ouverts aux autres.

Avec du recul je me dis que j'aurai dû l'emmener avec nous depuis le début.
Je culpabilise de l'avoir mis de côté pour vivre ma vie de femme, mais en tant que jeune maman j'ai paniqué, je voulais le meilleur pour lui.
Il n'y a pas de recette, pas de mode d'emploi.
On fait du mieux qu'on peut et chaque jour on apprend à devenir mère.

Maintenant que la famille est réunie on ne se quitte plus.

 

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