Alors d'accord j'ai des poux.

Je suis sur un bateau, en Afrique du Sud, et j'ai des poux bordel!!! 
Et vu ce qui grouille sur ma tête je me les trimballe depuis St Barth c'est sûr.
Alors à tout ceux qui pensent que St Barth est l'île bling bling blindés de riches et célèbres, sachez qu'il y a aussi du riches et célèbres pouilleux!
Je ne comprends pas comment j'ai pu les chopper, vu qu'ils aiment les cheveux propres et que les miens ne le sont que rarement. Mais c'est pas l'heure de chercher le coupable de ma contamination. Là il est question de réagir et vite.
Moi qui avais tout fait jusque là pour ne pas me faire remarquer (l'oeil bovin, le sourire niais, le hochement de tête face aux marins parlant mécanique, sans oublier ma lutte interne face à mon mal de mer) je deviens la nana qui a semé ses poux à bord...
On commence le tchek des têtes et... suspense... des petites bêtes se baladent sur la tête du Captain'.
Oups!
Je te précise que le Captain est équipé de belles (et propres...t'avais qu'à pas les laver!) dreads ou pas?
Je pouvais pas faire pire.
Enfin si je pouvais.
Je pouvais éventuellement être frappée par une pulsion démoniaque en pleine nuit et lui couper ses dreads...
Au final les poux c'est pas mal. C'est mieux même...
Ne nous reste plus qu'à tenter les vieux remèdes de mémé: le vinaigre (blanc, rouge... on a même essayé le balsamique) l'huile d'olive, la lavande, pour enfin en venir aux produits chimiques.
*A l'heure où je vous parle nous avons réussi à tous les exterminer. Enfin je crois.*

Nous voilà donc à Durban.
Métropole de 3,5 millions d'habitants située au bord de l'Océan Indien, Durban est le plus grand port d'importation et d'exportation d'Afrique du Sud. Peuplée de 68,5% de Noirs, 20% d'Indiens, 9% de Blancs et 2,5% d'Asiatiques; Durban souffre d'une très forte criminalité qui a explosée dans les années 90 mais reste une station balnéaire et touristique qui s'étend sur 500 kms de côtes. Enfin c'est pas moi qui l'a dit c'est wiki.
Parce que je vais pas te mentir, j'ai pas trop quitté la marina.
La marina fermée par des grillages et encerclée de flics. Euh c'est que ça craint vraiment par ici ou pas très trop les gars?
J'ai bien essayé d'aller faire un tour en ville mais venant de St Barth je n'avais que des tenues non adaptées à la situation. Le Captain' m'avait pourtant prévenu mais j'ai pas voulu écouter. Pas qu'un peu têtue la Bretonne!
Alors autant dans le mini bus avec Salmen je n'avais pas voulu montrer une cheville, autant je me suis tentée la balade en solo dans Durban en "raz la 'tach". Normal!
Et une fois de plus je me suis rendue compte qu'on ne peut se trimballer à poil qu'à St Barth...
*Maman ne t'inquiète pas, je suis retournée au bateau hyper vite*

Le lendemain de notre arrivée j'accompagne l'équipage au shipshandler (le Jardiland des bateaux... autant te dire que je me suis vachement sentie à ma place...j'ai désespéremment chercher du desherbant pour venir à bout de mes nouveaux amis capillaires mais j'ai pas trouvé)et en sortant de la marina, sur qui on tombe?
Nos potos Belges!
J'ai hyper peur qu'ils se grattent un peu trop la tête mais non. Pas de gratouille pour eux. Devaient avoir les cheveux trop crades eux. Ou trop propres justement.
Ils ont eu une petite panne et ont dû faire escale à Durban. Comme quoi la mer est pleine d'imprévus et de jolies surprises.
On en a profité pour trinquer encore un peu et refaire le monde encore une soirée ou deux.

J'ai donc passé 4 jours à Durban. A ne rien faire. J'ai retrouvé ma place sur le ponton, le soleil, un bon bouquin et le clipotis des vagues sur la coque...
J'aurais pu, je te l'accorde, profiter de mon séjour en Afrique du Sud pour aller me faire un safari dans le bush mais une fois mon p'tit cochon explosé je me suis rendu compte que le malheureux n'avait dans ses tripes que l'équivalent de mon billet d'avion...

L'heure du départ approche... il est tant de rassembler mes affaires (et mes poux au passage) de refaire mon sac, de lever ma dernière bière à bord, de remercier tout le monde et de profiter d'une dernière nuit à être délicatement bercée.
Et forcément je pleure. Parce que j'ai toujours eu une sainte horreur des au revoir. Parce que le problème avec moi c'est que je m'attache vite aux gens, aux lieux...
Il va me manquer ce bateau, je le sais.
Mais on m'attend sur mon caillou, ma place est encore là bas... avec la "famille", Dinou, mon travail.

Je pars avec de jolis souvenirs (et mes poux) pleins la tête, je pars avec des bouts d'Afrique, avec ses couleurs, ses odeurs.
Cette nouvelle aventure m'a montré, une fois de plus, que tout ce que l'on décide est réalisable.
C'en est d'une facilité déconcertante même.

Roger gère le voyage retour.
Durban, Johannesburg, New York (sous la neige), St Martin et enfin St Barth. Moi je gère un peu moins.
Je suis comme en transit. Encore un peu là bas, pas encore ici. Chamboulée, retournée, charmée, vidée.

Quoi de mieux pour se remettre dans le bain?
Le Carnaval!!!
Et j'ai eu le plus beau cadeau.
Les copains qui m'attendaient avec mon costume.
Et devine quel thème ils ont choisi?

 

photo carnaval

Mes zulu préférés du monde entier...

Je suis ici et toujours un peu là bas.
J'ai été monté en kit c'est pas possible! Mes parents devaient être les précurseurs d'Ike@.

Oui bon je me cherche, c'est tout.
Genre la nana elle sait pas où elle doit être.
Et si j'acceptais d'être partout à la fois.
L'ubiquité c'est ça?