28 juin 2013

Retour aux sources

Avant de raconter en écrivant, j'ai beaucoup raconté en jouant.
Jouer à rire, à faire rire, jouer à pleurer pour de faux, jouer à faire croire.
Jouer à tellement y croire que jouer pour de vrai.
Jouer à ne vouloir que le faux.

Depuis toujours le vrai m'emmerde. Pire, le vrai me fout la trouille.
Quand je dis le vrai, je parle du monde des Grands.
Où il ne faut pas faire trop de bruit, où il ne faut pas mettre trop de couleurs, où on ne doit pas dépasser du trait.
Où on ne peut plus rire fort ni pleurer aux sanglots.
Ce monde où les Princesses n'existent pas, où les fées ne se promènent plus dans les bois, où les grenouilles ne se transforment plus en Prince Charmant.
'sont chiants les Grands!
Moi j'veux pas être grande.
J'ai 29ans et demi et je préfère continuer à jouer.
Pourtant j'ai failli arrêter.
J'ai failli me faire prendre au jeu des Grands justement...

J'avais le CDI, la 'tite case, la stabilité, la sécurité.
J'avais l'argent, les horaires souples. J'avais même un peu de temps pour les "loisirs".
Tu sais les "loisirs", ce concept qui veut que tout ce qui te passionne doit passer en second, voire en troisième ou même encore en quatrième plan dans ta vie.
Parce que dans le monde des Grands, faire rire, adorer écrire, ou encore voyager ne peut décemment pas te faire gagner assez de sous pour vivre comme un Grand.
J'avais donc arrêté de jouer.
Et ça m'allait.
Ça m'allait super bien parce que je n'avais plus la trouille.
Parce que c'était chouette de ne pas se demander comment j'allais finir le mois, parce que c'était génial de partir en vacances quand je voulais. Parce que ça rassurait de ne manquer de rien.

Et puis il y a eu le retour sur les planches.
Il y a eu les boyaux qui se tordent, les genoux qui font des castagnettes, les 15 clopes à la minute, les 3 gouttes de pipi à la seconde. Il y a eu les guilis dans la bouche et les dents qui claquent.
Les "Mais qu'est ce que je fous là bordeeeeel???"
Et il y a eu le rideau qui s'ouvre.
Le nez rouge, le tutu rose, les tournesols et l'accordéon.
Il y a eu le silence et puis les rires, les fous rires même, les gorges déployées et les larmes qui coulent.
Il y a eu les bravos, les "encore".
Les "Merci", les "Wouuuuaw"...
Il y a eu la magie.

J'ai tout de suite su que j'étais foutue.
Que je ne pourrai plus faire semblant.
Que le "pour de faux" était redevenu mon "pour de vrai".

Pour de vrai je veux être Clown.
Pour de vrai je veux faire rire.
Pour de vrai je veux donner des étoiles dans les yeux des petits et surtout dans ceux des grands.

Je te mentirai si je te disais que je n'ai pas la trouille.
J'ai même super trop les pétoches pour ne rien te cacher...

Mais à 29ans et demi il était sacrément temps de prendre ma première décision de Grande.

Et cette décision n'aurait pas été aussi facile à prendre sans ton soutien.
Parce que c'est grâce à toi tout ça...
Grâce à tes mots, grâce à tes rires, grâce au fait que tu rendes tout ça possible.
Alors MERCI!

#Euh... après je reste très lucide hein... Va pas croire que je me sois choper un melon de ouf malade après avoir joué 3 fois dans un resto! 
Je suis encore bien loin de l'Olympia et je ne suis même pas sûre de pouvoir y jouer un jour (:-), je sais que je ne suis personne sur un p'tit caillou au milieu de rien...
Mais j'men fouuuuus!!!
Je jouuuuuue!#

 

 

 

 

 

 

  

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04 juin 2013

Comment voyager quand tu vis sur 24km²

Depuis que j'ai décidé de poser les valises sur le caillou j'ai dû calmer ma soif de voyage.
Et je dois t'avouer que ça me manquait.
Ça me manquait de ne plus découvrir de nouvelles cultures, de ne plus sentir cette liberté de dormir toutes les nuits dans un endroit différent, de me lever dans un environnement inconnu.
Ça me manquait de ne plus voguer au fil de mes envies, le sac à dos en guise de maison.
N'ayant pas les moyens de m'offrir un road trip de sitôt j'ai dû trouver un moyen de voyager sur le caillou. 
Je n'ai rien trouvé de mieux que le déménagement.

Il y a 2 mois je quittais la villa de Marigot pour une tite case à Lurin.
Une tite case au milieu du zion, sans clim, sans wifi, sans eau chaude... une tite case avec des tentures, de jolies bougies, et des musiques d'ailleurs.
J'y ai vécu pendant 1mois et demi avec un voyageur, lui aussi venu d'ailleurs.
De la tite case à Lurin, j'ai continué mon voyage sur un canapé à Cul de Sac.
Un canapé dans une jolie maison, une maison du bonheur avec de jolies fleurs.
Dans cette maison il y a toujours un bon gâteau en train de cuire dans le four, on joue à des jeux, on prend soin les uns des autres. J'y ai vécu avec un cuisinier au grand cœur et une future maman, pendant 10 jours.
Ma soif d'aventure m'a conduit à Lorient chez une amoureuse à l'accent lointain et une protectrice des animaux, devenue la tata de Dinou fils.
Avec elle, on parle aux oiseaux, on donne à manger aux iguanes, on recueille les chiens errants.
Et quand il fait beau on bronze au bord de la piscine, tout en sauvant les fourmis de la noyade.
Grâce à Cédric, grâce à David & Angelina, grâce à Sarah & Rebecca, Dinou fils et moi venons de faire un joli voyage.
Un joli voyage plein de rires, de belles nuits sous les étoiles, de bons repas.
Un grand merci à tous...
Pour Dinou Fils le voyage s'arrête chez Tata Sarah, qui je suis sûre s'occupera de son neveu à merveille.
Quant à moi je repars pour une nouvelle aventure.
Dans 5dodos je pars vivre sur un bateau.
L'océan va devenir mon jardin... bien plus grand que 24km²!
T'inquiète pas je te raconterai...

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