25 avril 2014

Backstage...

 

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21 avril 2014

Grrrrrr!!!!

D'habitude j'râle pas par ici mais là ça commence à me chauffer les couettes et va ptètre pas falloir pousser mémé dans les cocotiers!
En une semaine on vient de se faire piquer un casque, une rame, un bidon d'essence et le coupe-circuit de ma copine Dinghy!!
À croire que certains font leur marché sur les quais...
Viens petit voleur! Je t'attends pour une belle distribution de claclaques et celles ci tu les auras pas volées!
Grrrrrrr!

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06 avril 2014

Le jour où rien ne sera jamais plus comme avant...

Je ramasse de ma nuit. J'ai passé la soirée dehors, avec les copains zouaves, à siffler des bières toute la nuit.
A 5h je rentre, éreintée et ivre, je dois me lever à 8h.

A 6h je me réveille en sursaut. L'angoisse. Un pressentiment. Une douleur.
C'est rien. Rien de grave je le sais.
Ça m'arrive souvent en ce moment.
Je bois quelques gorgées d'eau et me rendors. Encore 2h de répit. 2h en boule dans mon lit.

8h.
Je me réveille difficilement, la bouche pâteuse, les membres lourds, la sensation que la journée va être longue et que mon service du midi va m'achever.
J'espère que le resto sera complet, pour un dimanche midi il y a de grandes chances.
Je n'aurai pas le temps de penser, pas le temps de m'écouter, pas le temps de pleurer.
J'aime bien travailler le dimanche.
Je me dis que si j'avais eu une famille modèle, la famille modèle qui se réunit le dimanche midi autour d'un bon poulet rôti, ça m'aurait dérangé de travailler le dimanche. Mais chez moi on ne se réunit pas le dimanche.
Alors j'aime bien travailler le dimanche, regarder ces gens qui viennent en famille ou en couple. J'aime les servir et leur faire des sourires. Je fais toujours en sorte d'être la serveuse exemplaire, celle à qui ils parleront un peu.
J'aime les imaginer rentrer chez eux, aller faire une promenade en famille, jouer à des jeux tous ensemble.

9h.
Mon chemisier est repassé, mes cheveux sont tirés et j'ai encore la chance de ne pas avoir mes excès de la veille marqués sur le visage.
J'ai 19ans.
Pas encore une femme, plus une enfant. Mais déjà adulte.
Je fais mes 35h, j'ai mon CDI, je paie mon loyer, mes factures, j'ai réussi à meubler mon studio.
J'ai eu mon bac mais je ne vais pas à la Fac. Pas assez d'argent, pas assez envie de rester assise pendant des heures à écouter un prof sur une estrade dans un Amphi. Moi je veux être sur l'estrade. Moi je veux jouer. Je veux jouer à être une autre.
Alors je travaille pour payer mes cours au conservatoire, pendant que d'autres passent leur journée à étudier, à réviser, à se cultiver.
Moi je n'apprends pas la même chose qu'eux. J'apprends à me lever à l'heure, j'apprends à ne pas être en retard, j'apprends à gérer des fins de mois difficiles, j'apprends à avoir un patron.

Et d'ailleurs il est l'heure pour moi de partir au travail.

10h.
Passer l'aspirateur, la serpillère. Nettoyer les toilettes. Vider les poubelles. Ranger la vaisselle dans les placards. Astiquer les cuivres. Remplir les salières. Faire les vitres. Préparer ma console avec ma mise en place. Du pain, des couverts, mon limonadier dans le tablier.

11h.
Je mets la table pour le personnel. On va encore nous servir des frites et un steack trop cuit. J'ai pas faim, toujours cette boule dans l'estomac mais il faut que je mange, je le sais. Parce que dans une heure je n'aurai pas assez de force pour monter les marches, pour porter ces assiettes qui me brûlent les doigts, pour courir avec un plateau plein de restes. Pas assez de force pour tenir.
Le cuisiniers arrivent, la manager s'installe, et mes collègues ne vont pas tarder. Toutes ces filles plus agées que moi, qui ne savent pas trop non plus pourquoi elles font ce job. Elles aussi elles ont envie d'autre chose, mais à défaut, elles font la serveuse. Et on le fait bien.

J'avale à contre coeur mon déjeuner, en écoutant les recommandations de la manager. Aujourd'hui on va encore faire complet. De l'energie les filles, et le sourire. Toujours le sourire.
C'est là que je vois mon reflet dans le miroir d'en face. Il est où mon sourire?
Il est loin. Dans le souvenir de l'angoisse que j'ai eu à 6h ce matin.

Midi.
Les portes s'ouvrent. Les familles endimanchées se pressent au buffet. Les petits couples d'habitués me font des sourires et le petit clin d'oeil qui va bien. Je me remplis de leur sourire et de leur joie de se retrouver ensemble.
J'ai l'impression d'être "ensemble" avec eux... même si je sais que je suis plutôt ensemble "toute seule" en ce moment.

Mon mec m'a quitté il y a 1 mois.
J'étais pas assez drôle.
Je faisais pourtant mon maximum mais comment être drôle avec un papa en train de mourir?

Je ne lui en parlais même pas.
Je ne lui racontais pas mes séjours à l'hopital, ma trouille de ne pas le revoir vivant la prochaine fois.
Je ne lui disais pas que j'étais allée voir les médecins pour savoir, pour poser des questions et qu'on ne me prenait pas au sérieux.
Je ne lui avais pas dis que j'avais "autorisé" mon père à mourir, parce que je voyais bien que depuis des mois, des années, il se battait pour moi.
Alors c'est vrai, oui je n'étais pas très drôle.
Mais depuis cinq ans je vis avec la trouille au bide, parce que mon père ça fait cinq ans qu'il est en train de mourir. C'est long cinq ans. Ça épuise cinq ans de trouille. Et en même temps en cinq ans j'ai pu dire tout ce que j'avais à lui dire à mon père.
J'ai quand même de la chance, parce qu'il y a des Papas qui meurent en 2 secondes, et en 2 secondes t'as pas le temps de dire.

Moi j'ai eu le temps de lui dire que je l'aime, que je lui pardonne, que je ferai tout pour ne pas être triste. J'ai eu le temps de lui dire que j'allais voyager peut être, que j'allais avoir des enfants un jour et que je leur parlerai de lui.
J'ai eu le temps de lui montrer la femme que j'allais être.

13h.
On est dans le rush. Le resto est plein à craquer.
A peine le temps de débarrasser les tables que d'autres clients attendent devant la porte.
Je suis en nage, mon chemisier me colle au dos, mes cheveux ne sont plus tirés, et j'ai mal aux jambes. Je profite de 2 minutes de répit au passe pour faire le point dans mon rang.
La 12 est au dessert, la 14 va avoir ses plats, la 16 m'a demandé de l'eau et je dois lancer la suite de la 18. La 20 veut... Merde la 20 m'a demandé un truc... Du pain? De la moutarde?? Ha putain je me souviens pas!
Le chef m'aboie d'envoyer la suite de la 14 "ça sort!! On n'a pas le temps de rêver ici, allez bouge!"
Je prends les aiguillettes de canards, l'entrecôte, et j'organise un bel équilibre pour pouvoir partir avec les 2 soles meunières en même temps. Les assiettes me brûlent l'avant bras, mais j'ai pas le temps de retourner chercher mon liteau.

La manager rentre en cuisine, le téléphone à la main.

"Téléphone pour vous..."
Un silence. Un silence qui n'en finit pas.
Pourtant je sais qu'elle n'a pas fini sa phrase. Ses mots sont restés à l'intérieur et elle me parle avec les yeux. Dans ses yeux je vois. Dans ses yeux je sais.

Elle me tend le téléphone

Après je ne sais pas.
Après je ne sais plus.

J'ai lâché le téléphone et j'ai hurlé. La boule que j'avais dans l'estomac est sortie. Cinq ans de trouille envolé dans un cri.
Je me suis recroquevillée. Être petite. La plus petite possible.

Et se relever.

Laisser les aiguillettes de canard, l'entrecôte et les 2 soles meunières.
Aller au vestiaire sans apporter l'eau à la 16, sans lancer la suite de la 18 et ne sachant toujours pas ce que voulait la 20.
Récupérer mon sac, mes affaires.
Tous les clients se taisent quand je traverse la salle, mes collègues baissent la tête.
Mon cri résonne encore entre les murs.

Traverser la ville.
Ouvrir la porte, retrouver mon lit et attendre.
Attendre que mon téléphone sonne. Attendre que quelqu'un arrive. Attendre et comprendre.
Comprendre que rien ne sera plus jamais comme avant.

Aujourd'hui ça fait 11 ans que rien n'est plus comme avant.

Une date... rien qu'une date.
Où ça n'est pas plus douloureux, pas moins qu'avant.
Une date... rien qu'une date.

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02 avril 2014

Telle mère, telle fille...

J'te l'ai pas dis mais j'ai eu ma Mam' en vacances sur le caillou la semaine dernière. Et avoir ma Mam' sur le caillou bah moi ça m'a fait hyper super plaisir.
Haaaalala oui comment ça m'a fait hyper super plaisir...

Mais d'abord il a fallut qu'elle arrive jusqu'ici.
Et pour ma Mam', prendre le train, prendre une navette, dormir à l'hôtel, reprendre une navette, arriver à l'aéroport, s'enregistrer, embarquer, survoler l'Atlantique, récupérer sa valise, se réenregistrer, réembarquer, atterrir sur le caillou bah c'était le pire truc qu'elle ait eu à faire de sa vie. 

Non mais Mam', c'est hyper simple j'te dis! T'as juste à suivre les panneaux... T'as déjà fais pire que ça non? Non? Mais si Mam' t'as déjà fait pire, t'as accouché y'a plus de 30ans sans péridurale!! Ça moi je suis pas certaine de pouvoir le faire un jour... alors venir jusqu'à St Barth seule, j'te jure que c'est de la nioniotte.

Bien évidemment elle a réussi et elle est arrivée sur le caillou.
Elle est arrivée avec des bouts du pays, avec des p'tits cadeaux, avec des photos de la famille, avec ses yeux pleins d'étoiles et ses bisous qui sentent si bon.

L'année dernière je lui avais fait découvrir le caillou avec ma bande de joyeux zouaves à terre et cette année je voulais qu'elle découvre la mer.

Elle a donc fait son baptême à la voile sur le beau bateau de mon Captain'.

"Mam' tu te débrouilles pour poser tes fesses dans ma copine Dinghy sans passer par dessus bord d'accord, et sans te prendre les pieds dans le bout et puis après tu t'éloignes bien de moi parce que quand je vais démarrer ma copine Dinghy bah je vais donner un grand coup de coude et je voudrais pas te casser le pif, alors tu t'éloignes de moi mais tu tombes pas à l'eau hein?
Après quand on arrive au bateau bah tu poses ton pied sur le boudin et tu t'accroches hyper à la filière et nous on va te hisser.
Ok?
Ensuite bah tu t'assois peinard mais tu fais gaffe à pas te prendre l'éolienne et puis tu touches pas à ça, ni à ça et puis quand on va empaner bah tu feras bien tout ce que je te dis. Et puis... Et puis si t'as envie de faire pipi tu me diras que je t'explique pour la pompe et puis euh...
Ha et puis si, si y'a un grain bah faudra pas que t'aies de la trouille parce que ça fout de la trouille les grains mais ça va, on gère.
Et puis aussi, si ça gîte beaucoup et que t'as l'impression qu'on va chavirer bah non on va pas chavirer, mais tu t'accroches hyper hein??!
Ok?
Et puis bah espérons que t'aies pas le mal de mer surtout. 
Ok Mam' t'as bien tout compris?"

Bah grave qu'elle a tout bien compris!
Et c'était assez chouette de la voir découvrir la mer. Les yeux pleins d'étoiles et pleins de larmes de joie à l'heure du Sunset.
Elle nous a fait une montée sur le bateau toute en souplesse, elle s'est bien assise à l'arrière sans toucher à rien et même qu'elle a pas eu le mal de mer!
Et elle a même pas eu de la trouille quand on s'est pris un p'tit grain.
Bon en même temps Mam' c'est une Bretonne alors la pluie et les tempêtes elle connaît.

Après ça elle a fait son baptême de Moby.
"Mam', sur Moby t'as rien à faire. Juste à rester hyper souple et à te pencher comme moi et puis tu t'accroches bien à moi aussi. Et dans les côtes tu te penches hyper en avant pour qu'on monte et dans les descentes bah tu forces un peu sur les cales-pieds pour pas me faire glisser. Et puis euh, si, quand tu vas descendre de Moby bah tu fais gaffe à ton mollet. Va pas toucher le pot avec, ça brûle.
Ok?
Ok tu restes bien souple et t'as pas de la trouille hein?
Moby et moi on gère.
Ok Mam' t'as bien tout compris?"

Bah autant elle a géré en bateau, autant sur Moby... aïe aïe aïe!

Elle a eu un coup de trouille et elle a faillit nous mettre toutes les 3 dans le zion!
En plein virage-de-la-mort-en-descente elle s'est tétanisée et s'est mise à pousser des p'tits cris de hamsters affolés. Forcément j'ai commencé à perdre l'équilibre et Moby ne savait plus du tout où donner de la tête. J'ai évité la catastrophe en criant plus fort qu'elle et en lui faisant faire des exercices de respiration et de relaxation.

"Respire Mam', souffle bordel, allez souffffffle. Et arrête de crier nom de nom! Arrête! Souffffle!! Mais respiiiire bondieu! Quoi je crie? Comment ça je crie!?? Mais oui je crie mais tu me laisses pas le choiiiiix, je peux pas m'arrêter Mam'!!!"

Une fois le virage-de-la-mort-en-descente passé j'ai pu nous ramener à la case, un peu secouées mais vivantes.

"Mais Mam' t'as complètement craqué!!! T'es moitié barge ou quoi? On aurait pu se casser la margoulette avec tes c*nneries!! Haaaa mais y'a quand même rien de compliqué à rester assise et à te pencher tout comme moiiiiii!
Haaaaa mais tu me rends diiiingue!!!! C'est pas croyable de pas être cap de faire ça! Juste rester souple et te pencher!!!
Mais non mais... Mais Mam M*ERDEEEEUH!!!

STOP!

Qu'est ce qui me prend de lui crier dessus comme ça?
Pourquoi je suis pas capable d'entendre qu'elle ait eu d'la trouille?
Parce que je sais que si ça avait été une copine assise en panique derrière moi sur Moby, j'aurais pas crié comme ça. J'aurais jamais allumé ma pote comme j'ai allumé ma mère...

Alors pourquoi?
Hein pourquoi on crie toujours sur nos mères?
Pourquoi on a aucune patience avec nos mères?
Pourquoi on sait encaisser tout et n'importe quoi de nos copines alors que le moindre pas de travers de nos mères déclenche en nous un tsunami?

Non parce que je sais qu'on est tous pareils, je sais que ta mère aussi te rend dingue dingue dingue.

Quand elle se plante dans le jetlag et qu'elle te téléphone le dimanche à 7h du mat' alors que tu ne dors que depuis 2h...
Mais p*tainnn combien de fois il va falloir que je te le dise? On a 5h de décalage l'hiver et 6h l'été. Grrrrrr! P*tain mais je dormais làààà!

Quand elle arrive pas à brancher son skype et que tu as l'image mais pas le son. Que du coup tu dois lui donner les indications par téléphone.
Allo??? Mais branche le microooo bordel!!! Et règle ta webcam je vois que ton front là!!!

Quand elle commente tes photos sur Facebook.
Euh tu peux arrêter de pourrir mon mur steup'? Non parce que je vais finir par te bloquer j'te l'dis!

Quand elle te demande ce que tu fais cet été.
Comment tu veux que je te l'dise?? Je sais même pas ce que je fais demain! Ça t'amuse en fait hein? Ça t'amuse que je sois complètement paumée???!

Quand elle te fait LA réflexion "moi à ton âge..."
Oui bah je sais, toi à mon âge t'avais déjà 2 gamins, t'étais mariée et moi j'ai rien, je sais!

Quand elle te dis que tu as maigri alors que tu as l'impression que tu vas exploser tellement tu rentres plus dans rien.
NON! Non j'ai pas maigri! Mais va faire vérifier ta presbytie par contre, c'est pas normal que tu me vois si maigre!!

Quand tu lui parles de ta copine Machine qui vient de se séparer de son copain le Machin et qu'elle est siii triste copine Machine.
Tu te souviens Mam' de ma copine Machine? Hein? Tu vois de qui j'parle? Mais siiiii ma copine Machine qui vit à Mulhouse et qui était avec un c*nnard de Machin!
Au petit "hum hum" de ta mère et à son petit hochement de tête tu vois de suite qu'elle ne voit pas du tout qui est ta copine Machine et encore moins son ex c*nnard de Machin...
Mais tu m'écoutes jamaiiiis quand j'te parle!! Et arrête de dire "hum hum" quand tu sais pas du tout de qui j'te parle!!!

Quand elle te demande si t'as bien fait ta déclaration d'imposition, si t'as pris contact avec ta conseillère à la banque, si t'as payé ta taxe d'habitation, si t'as mis à jour ta carte vitale...
T'arrête!! T'arrête de faire comme si j'étais une raclure de la société! C'est relou!

Quand elle te dit: "T'as dis merci à la Dame?", "T'as dis Bonjour à la Dame?", "Fais attention en traversant la route", "Roule pas si vite", "Met ta ceinture", "Et tu me téléphones quand tu arrives"... Ou toutes ces autres petites remarques infantilisantes.
Non mais sinon t'es au courant que j'ai plus 4ans???

Quand elle vient en vacances/week end chez toi et qu'elle laisse traîner ses affaires.
Mam' ça te dérangerait pas de virer ton sac et tes chaussures de l'entrée steuplait? Met les dans la chambre tu veux! Non parce que si tout le monde faisait pareil, d'ici dimanche soir on pourrait plus sortir de la maison. Et dimanche soir... hein c'est bien dimanche soir que tu dois partir non?

Ça marche aussi dans le sens inverse:

Quand TU vas en vacances/week end chez elle et que TU laisses traîner tes affaires et qu'elle te demande de virer ton sac et tes chaussures de l'entrée. De les mettre dans ta chambre, parce que si tout le monde faisait pareil, d'ici dimanche soir on ne pourrait plus sortir de la maison. Et dimanche soir... hein c'est bien dimanche soir que tu dois partir non?
Mam' j'ai TOUJOURS laissé traîné mon sac et mes chaussures dans l'entrée... 'Serait temps de lâcher l'affaire, je les rangerai JAMAIS. Tu entends? JAMAIS!

Quand elle commence sa phrase par: "Tu te souviens du vieux Fernand?"
Non Mam' je me souviens pas du vieux Fernand! Mais j'imagine que tu vas me dire qu'il est mort. Tu sais Mam' j'm'en fous un peu de la rubrique nécro du village...

Quand elle se casse les couettes à te faire une omelette alors que ça fait 15ans que tu lui répètes que tu DÉTESTES les omelettes.
Tu l'fais exprès? Bah si tu l'fais exprès... Je HAIS les omelettes et NON je veux pas REgoûter, si à 30ans j'aime pas les omelettes, j'aimerai jamais les omelettes!
(ça marche aussi avec les salsifis, les épinards et autres choux de Bruxelles)

Quand elle te fait la réflexion que ton pantalon n'est pas repassé et que vraiment les plis ça fait pas très propre...
Tu crois que j'ai que ça à faire le dimanche matin??! Repasser mon linge?? Mais moi Mam' le dimanche matin je dooors et j'vois pas en quoi 4 plis feraient crade. A quoi sert que je le repasse dans 1heure il sera défroissé d't'façon!

Quand tu profites de son séjour chez toi pour qu'elle te recouse un bouton, une bretelle, une chaussette et qu'elle ne peut pas s'empêcher de te faire la petite remarque: "Il serait peut être temps qu'à 30ans tu saches coudre non..."
Désolée Mam' mais moi à l'école on m'a appris à faire des tableaux Excel, à envoyer un email, à créer un site internet mais pas à coudre!

Quand elle te demande de passer un coup de téléphone à ta Grand-mère, à ta Grand-tante Monique ou autres membres de la famille que tu n'as pas vu depuis mille ans.
Non mais j'ai pas envie Mam'. Vraiment j'ai pas envie de cramer 1heure de mon forfait pour entendre une p'tite vieille se plaindre... P*tain mais elle pourrait pas avoir une boîte mail Mémé aussi là?!

Quand elle se permet de te reprendre sur ton mode d'éducation avec tes gamins.
T'es gentille Mam' mais c'est moi leur mère ok? Donc laisse moi faire comme je l'entends tu veux?! Moi j'suis pas allée te dire que tu avais merdé mon éducation si?
Si?
Bah si voilà j'te l'dis, t'étais hyper trop laxiste avec moi en fait! T'as vu ce que ça donne aujourd'hui???

Quand elle t'appelle par le prénom de ta soeur. Et pire par le prénom de ton frère.
A preuve du contraire j't'ai jamais appellé "Papa" moi!! Alors merci de pas te planter à chaque fois! Ça m'saoule!

Quand tu vois qu'elle galère toujours autant à se servir de son portable et que ça fait des "bip bip" quand elle tape un texto, et qu'elle met 15mins à le taper.
P*tain mais tu peux pas enlever les "bip bip" là... Et il serait peut être temps que tu passes au smartphone aussi. Il date de Mathusalem ton bordel!

Quand elle te fait du chantage affectif pour que tu baptises tes gamins ou que tu te maries à l'église...
Mais j'y crois pas à tes Jésus Marie Joseph! J'm'en tamponne le coquillard de tes Jésus Marie Joseph!!!

Quand elle te dit "laisse moi réfléchir et je te rappelle" quand tu lui demandes de garder tes gamins.
Faut que je sache maintenant Mam'! C'est MAINTENANT que je dois donner ma réponse à ma pote Sophie pour le week end Thalasso!!! Alors si!
On dit que SI tu me prends les nains! Allez... D't'façons t'avais quoi de prévu toi ce week end là? Rien!
T'as jamais rien de prévu toi alors c'est bon hein, on dit d'accord Mam'!
Merci.

Bref.

On a tous ZERO patience et tolérance avec notre mère.
Je te rassure la mienne ne me fait ou ne me dit pas tout ce que j'ai pu énumérer plus haut.

Moi la mienne, ce qui me rend le plus dingue chez elle c'est qu'elle plane.
Elle est à l'Ouest. Elle est naïve. Elle a peur de tout. Et elle pleure tout le temps.

Et quand j'y réfléchis bien, si ça me rend dingue c'est parce que je sais que je suis comme elle. 
Moi aussi je plane, moi aussi je suis souvent à l'Ouest, moi aussi je suis naïve. Moi aussi j'ai peur de tout. Et moi aussi je pleure tout le temps.

Sauf que moi, ce qui me sauve c'est que ma mère a su me donner tellement d'amour et tellement de confiance en moi que j'arrive à passer au dessus de mes trouilles.
Elle m'a toujours encouragée.
Elle m'a laissée faire tout ce que j'ai toujours voulu.
Elle n'a jamais jugé aucun de mes choix.
Elle m'a toujours dis qu'elle était fière de moi.
Et grâce à elle j'ai pu garder mon côté fêlé sans trop de difficultés.

C'est ça toute la différence. Moi j'ai eu d'l'amour.

(C'est atroce parce que je suis sûre que là, en lisant, j'vais encore la faire chialer)

Tout ça pour dire que des fois (souvent) je ne peux m'empêcher de me transformer en bouledogue avec ma mère. Et que souvent (toujours) je culpabilise.
Parce qu'elle ne me crie jamais dessus si je comprends pas un truc tout de suite, parce qu'elle ne s'enerve jamais si je fais trop cuire la viande, parce qu'elle ne m'envoie pas bouler si je téléphone au mauvais moment, parce que chez elle sera toujours chez moi. Parce que dans les yeux de personne d'autre je ne suis aussi importante.

Alors Merci Mam' d'avoir réussi à traverser la planète pour venir me voir, Merci pour le boeuf bourguignon, le filet mignon, le poulet-puréemaison.
Merci pour les bisous jolis, les "bonne nuit ma chérie".
Merci...

Et là c'est moi qui chiale comme une grosse patate parce que jusqu'à mon prochain retour au pays ça va faire encore beaucoup de dodos sans toi...

Posté par la-raconteuz à 18:23 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
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