L’image contient peut-être : ciel, nuage, plein air, nature et eau

Regarder par la fenêtre et se souvenir du premier jour.
Ce jour où, pour la première fois, j'ai posé les pieds sur cette île. 
Je ne savais rien, n'attendais rien. 
Juste envie d'ailleurs, de nouvelles couleurs et de soleil. De la caresse du sable chaud, de la peau qui tire, salée. D'avoir le choix. Et puis c'est beau une île. C'est enivrant. 
La mer. 
Etre loin et commencer.
Non pas recommencer mais seulement commencer une nouvelle vie. En continuité de celles déjà vécues.
Arrivée avec mes valises, mon histoire, mes casseroles et tout mon foutu bazar. Et se dire... sentir.
Sentir qu'ici je vais rester.
Qu'ici va devenir chez moi.
Non.
Non il ne fait pas tous les jours beau chez moi. Parfois aussi j'ai le brouillard dans le placard. Qui se terre et qui d'un coup surgit. Satané brouillard de cafard.
Alors j'ouvre la fenêtre et je respire. Cette odeur qui me rassure, qui m'apaise. Cette odeur que j'ai sentie la première fois.
La mer.
Le vent.
Les embruns.
Les grains.
Je suis une putain d'îlienne. Une maudite bretonne. Pas le pied marin pour un sou et alors ?
Je respire un grand coup.
Je ferme la fenêtre et je reste chez moi.