À midi j'étais devant la porte et je l'ai récupéré. 
Elle avait l'air debraillé. 
Essoufflé. 
Ce petit minois de la celle qui a eu du mal à trouver le rythme et qui en a vu beaucoup en peu de temps.
Mais les yeux en éveil. De la celle qui n'en a pas perdu une miette. Plein les mirettes.
Au programme ce matin, c'était gym et bibliothèque.
La maîtresse m'a dit que tout s'était bien passé. Qu'elle n'avait pas pleuré.
Quelques mots. Rien de plus. 
Beaucoup moins que tout ce que Nounou pouvait nous raconter après une longue journée.
C'est ça l'école il paraît. Faire partie d'un groupe. Suivre la marche et ne pas trop sortir du rang. 
Elle a suivi.
Quand je lui ai demandé comment cette matinée s'était passée, la seule chose qu'elle a retenu c'est que "Moi i voulais pas que y'a écrit su mon doudou et su ma tétine ! Moi i voulais pas !!!"
Je regarde ledit doudou et ladite tétine et je vois effectivement que son prénom est écrit dessus.
Et moi non plus je ne voulais qu'on écrive dessus. Mais on ne m'a pas prévenu. On ne m'a pas demandé.
J'étais pas encore prête à passer dans le monde merveilleux des étiquettes.
J'aime pas les étiquettes.
J'aime pas.
Mais je crois qu'on ne va pas avoir le choix.
Je sens que ça l'a quand même bien perturbé cette histoire de doudou tout cradossé.
Du coup en rentrant on a dessiné plein partout sur les mains et on a débordé en faisant les zinzins. Parce que oui si on écrit sur les doudous et les tétines comment vous voulez que je lui dise qu'on ne peut pas se colorier les mains?
Faudrait savoir. 
Alors elle m'a dit : "Agade Maman mes touatouages ! Moi j'a des jolis touatouages !"
Et oui Chérie comme Doudou.

Et hop. 
Ni vu ni connu, emballé c'est pesé. Ni une ni deux l'histoire du doudou est oubliée.

Je sais. Je suis super maligne. 
On m'appelle Micheline.
Micheline Maligne.