02 octobre 2014

Enchantée...

Étant aux Voiles de St Tropez sans mon Captain, je suis chargée de retrouver des copains-marins et de serrer des pinces. 
À côté de moi se trouve un Monsieur qui m'a l'air de connaître du monde et je me permets de lui demander s'il sait où je peux trouver les copains-marins recherchés.
_ Hey bonsoir, vous allez peut être pouvoir m'aider je cherche des copains-marins de mon Captain!
_ Faudrait d'abord que je sache qui c'est ton Captain...
_ C'est un Captain si fort, si beau, si qui sent le sable chaud... Vous le connaissez??
_ Non.
_ Mais si vous devez le connaître, il est si merveilleux et un peu foufou aussi. Tellement foufou de moi que voyez, il m'a mis un polichinelle dans le tiroir! Si c'est pas complètement foufou et merveilleux ça!
_ Désolé ma p'tite mais je le connais pas ton Captain.

C'est là où je me rends compte que je ne me suis pas présentée et que je ne sais même pas à qui je m'adresse...
Je prends son badge accroché à son cou et...
_ C'est comment votre p'tit nom Monsieur? Organisation??! Ha c'est original! Moi c'est Soïzik, enchantée!

L'assemblée commence à pouffer de rire et je réalise que j'ai peut être un peu trop fait la tartouflette face à ce Monsieur Organisation...

Une amie me prend le bras et entre deux éclats de rire elle me dit que ce monsieur est un grand Marin français... Un vieux de la vieille...

Rho m*rde... Rho la boulette...

En même temps jsuis pas marin moi les gars... 
Jsuis clown...
Ça se voit non?

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02 septembre 2014

Je quitte la terre...

Entre ce que je mets (confort/pratique/sans élastique) ce que je mettais (court/près du corps/transparent) et ce que je ne mettrai plus jamais (trop petit/trop court/trop transparent pour mon corps de nouvelle "maman")...

Entre mes 25 paires de souliers (talons/bottes/bottines/sandales plates/sandales hautes) et LA seule et unique paire de tong-facile-à-enfiler-en-sortant-du-bateau qui serait bien plus judicieux de garder... parce que je ne pourrai décemment pas passer 5 minutes assise par terre sur le quai à essayer d'enfiler les souliers inenfilables... le Poisson-Clown sur un bras, son sac de survie sur l'autre bras (couche/doudou/crème/coton/boudoirs...) qui aura remplacé mon sac de survie (portable/Itruc/livre/maquillage/pull/souliers de rechange/goûter...)
Entre mon 15m de dressing/penderie/placard pour-moi-et-rien-que-pour-moi à terre, et le 1m50 pour-moi-ET-pour-les-tenues-de-galas-du-Poisson-Clown à bord bah il manque quand même 13m50!

Dis Captain on pourrait pas amarrer une caravane au bateau steup???!

Bref.
Je quitte définitivement ma vie sur terre pour la vie sur mer...

🚣🐟🌅🐳🐠🌴🌈

Ce matin la dame de La Poste me voit faire des allers/retours les bras chargés de mes "quelques" cartons à envoyer au pays:
"Madmoiselle? Excusez moi, madmoiselle?
- Oui?
- Vous en avez combien de cartons là???
- ... Ha NON!!! Ha non non non Madame t'as pas le droit de me dire de trier toi aussi! Je peux plus trier! T'es obligée de TOUT prendre!"

Je vais finir cul nu à force de trier...

Et entre le Captain qui m'affirme qu'il faut que je fasse ENCORE du tri parce que je vais finir par faire couler la caravane et ma Mam, à qui je viens d'annoncer que je lui postais quelques (toujours rester évasive) cartons et qui me répond "Faudra faire du tri ma chérie...."
Je craque...

Je peux plus trier!

Sauf si je décide de ne me vêtir que de paréo, de ne plus porter de souliers et de laisser le Poisson-Clown cul nu!

Comment faire loger 6ans de vie dans une valise???!
Bon ok j'en suis à 2 valises, 1 sac à dos, 3 boîtes, 2 petits cartons, 1 cagette, et puis un autre petit sac aussi...

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07 mai 2014

Souquez les artimuses!!!!

L'aventure je connais.
Enfin je connais... je connais un peu.

Je connais le road trip à la roots version backpack en Asie et en Amérique du Sud.
Traduit par une petite dizaine de pays traversés par la route, à traîner mes savates et mon sac à dos, dans des coins les plus paumés les uns que les autres, à la découverte de nouvelles cultures, de nouvelles odeurs, de nouveaux horizons.

Je connais le woofing au Japon.
Traduit par le travail de la terre au fin fond des montagnes dans la région de Nagano contre le gîte et le couvert, en plein coeur de la culture traditionnelle japonaise.

Je connais le "On quitte tout pour un aller simple direction Tahiti!!".
Traduit par 6 mois à la découverte de la culture Polynésienne. Musiques, danses, tatouages, plongée au milieu des requins...

Je connais le "J'traverse la terre entière pour rejoindre un Captain que je connais à peine".
Traduit par un séjour en Afrique du Sud et un autre en Thaïlande, à la découverte du Captain donc et de son monde.

Je connais le "J'plaque tout pour me faire le tour du monde des Antilles à la voile avec mon Captain!".
Traduit par la découverte d'une dizaine d'îles, toutes plus belles les unes que les autres.

Donc oui l'aventure je connais un peu.

Mais là, ce que je m'apprête à faire (j'le fais? j'le fais pas??! J'le fais? J'vais l'faire!!!) est une aventure bien plus folle que tout ce que j'ai déjà eu la chance de faire.

Bref, je ne te fais pas saliver plus longtemps...

On vient de me proposer de faire la Transat'.
Traduit par: traverser l'Atlantique! Soit une vingtaine de jours au milieu de l'Océan, à ne rien voir d'autre que le ciel et la mer, hormis une escale sur l'archipel des Açores.

Départ prévu le 15.
Mai.
Oui oui départ prévu dans 8 jours!
Et j'crois bien que j'vais dire oui.

OUI parce que ce n'est pas le genre de chose que je vais avoir l'occasion de faire mille fois dans ma vie, OUI parce que je n'ai rien de prévu pour le mois à venir, et OUI parce que ma Mam' vient de me dire "Mais traverse ma fille, traverse l'Atlantique et tu nous raconteras!"

J'ai envie de dire oui mais j'ai une trouille de malade.
Mais je sais aussi que la peur ne m'a jamais empêché de faire de ma vie une aventure.

Alors j'crois bien les gars, que j'suis en train de vous dire que je vais traverser l'Atlantique!!!
Et je pense qu'après ça je pourrai dire "L'aventure, moi je connais!"

Euh... et si tu veux me souhaiter bon vent, c'est avec grand plaisir que j'accueillerai tes jolis mots et ton soutien, parce que HAAAAAAAAA j'ai d'la trouille!!!! 

 

Pour plus d'aventures, c'est ici!

 

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31 octobre 2013

Sailing Trip... #Ste Lucie ------> Grenade#

Forcément raconter en un seul mot je ne sais pas faire...
Alors Go! J'me lance!

On passe 2 jours au mouillage de l'anse des Pitons, à Ste Lucie.
Deux jours rien qu'à snorkeller, lire, bronzer, dormir...
Et c'est juste comme si c'était le paradis. Je commence juste à réaliser la chance que j'ai. Jusqu'ici je réalisais hein, mais je réalisais surtout la trouille que j'avais en nav'.
Maintenant je te l'ai dis, j'suis un vrai marin!
L'eau est turquoise, le paysage est magnifique, il fait chaud... et s'il fait trop chaud j'ai juste à sauter du bateau pour aller faire trempette...
J'ai cette chance incroyable de faire le tour du monde des Antilles à la voile bordel!
J'ai la chance de découvrir la mer, de me prendre au jeu du marin ayant traversé les océans qui voit pour la première fois un bout de terre...
Cette chance inouïe d'avoir rencontré le Captain' prêt à apporter une corde de plus à mon arc, prêt à transformer son bateau pour y accueillir une doudou à bord, un Captain' qui n'a pas voulu me jeter aux requins au premier de mes coups de folie... et ça c'était quand même pas gagné.

                                                                               

                                                                       

IMG_1838

                                                L'anse des Pitons

 

Le tour du monde des Antilles continue à un rythme un peu plus accéléré.
Jusqu'ici on a prit le temps mais il ne nous reste que 15 jours pour rejoindre Trinidad, là où on doit laisser le bateau en chantier pour l'hiver.
Les îles paradisiaques s'enchaînent: Bequia, Moustique, Mayreau, les Tobago Cays, Union.
Et puis Cariacou, Petite Martinique pour finir avec Grenade.

15 jours à ne pas voir le temps passer, 15 jours de pur bonheur, d'amour et de belles rencontres.

On passe quelques jours à Bequia à marcher dans le zion.
Alors d'accord on marche sous un cagnard de malade, les chemins sont escarpés et bien souvent on part sans trop savoir où on va. Mais c'est comme ça qu'on se retrouve sur des plages désertes.
Rien que nous, la mer, le soleil et la course folle jusqu'à la baignade salvatrice, les fesses à l'air.
J'ai l'impression d'avoir 4ans et je donnerai tout pour avoir une pelle et un râteau pour faire des châteaux de sable.

 

 

Bequia

                           La découverte d'une plage déserte à Bequia

 

Après Bequia, on met les voiles sur Moustique.
Moustique c'est l'ile aux milliardaires, où tu dois être copain avec le chef des milliardaires pour pouvoir acheter ou construire ton 'ti paradis.
Pour nous, pas besoin d'être copain avec les blindés pour siroter un planteur face au coucher du soleil, les rayons faisant briller toutes ses belles villas du bord de mer...
C'est gratuit la mer! Enfin, en l'ocurrence à Moustique c'est pas si gratuit la mer. La nuit au mouillage coûte l'équivalent d'une dizaine de planteurs, soit près de 70€.
Le Captain' décide de mettre les voiles au petit jour avant que l'on vienne nous réclamer nos deniers.

 

Sunset Moustique

                                        Coucher de soleil sur Moustique

 

Cap sur Mayreau Moussaillon!

On se fait accueillir dès 8h du matin sur la plage par tous les Rastas du coin, les "Bless up", les "Jah love", les "respect"...
Rien que des sourires et du gros son dans les cases.
Et contrairement aux Antilles Françaises où je n'étais qu'un joli bout de viande, ici, dans les Antilles Anglaises, je peux sortir sans créer l'émeute. Pour eux, je suis la "sister" et non plus la "blanche".
Après avoir fait le plein de mangues et de maracujas on ripe sur les Tobago Cays.

 

Mayreau

                                                      Plage de Mayreau

 

Les Tobago Cays c'est de l'eau transparente, des îlots déserts, des spots de snorkelling.
Pour la première fois je retrouve les couleurs de la Polynésie.
Et comme en Polynésie, quand tu arrives dans le lagon il y a les patates, très peu d'eau sous la quille et les bouées des pêcheurs.
Le Captain' à la barre, moi à l'avant pour le guider.
Ma mission est la suivante: juger à l'oeil nu et en fonction de la couleur de l'eau si il y a des patates histoire de pas éclater la coque. On a pourtant un sondeur, outil très pratique qui est chargé de calculer combien on a d'eau sous la quille mais là on est entouré de patates... Donc on sait déjà qu'on a à peine 1m d'eau sous la quille... Ha bordel j'ai peur!

Mon problème majeur étant le suivant: je suis astigmate ET myope...

_"Vas y ça passe Captain'! Attends non merde j'suis pas sûre!!! Arrête le bateau Captain' j'crois pas que ça passe en fait...
_ Hey moussaillon, décide toi! Ça passe ou ça passe pas?! T'as toujours 1mètre à vue d'oeil?
_ Euh... ça fait quoi 1mètre sous l'eau? 
_ 1 mètre ça fait 1 mètre moussaillon!
_ On doit être bon alors, vas y ça passe!
_ T'es sûre?
_ Euh... Mais vas y arrête Captain' tu me fais douter là bordel! Oui ça passe!!!! Attend noooon STOOOOOP!!!

On a frôlé la catastrophe mais finalement c'est passé.
C'est tout bon Captain', on peut respirer!
Balance l'ancre et zou! A l'eauuuuuuuuu!

 

Les Tobagos Cays

              Tu te lèves le matin et tu vois ça par la fenêtre...

 

Comme je te le disais, les îles paradisiaques se suivent et ne se ressemblent pas.

Nous débarquons à Union.
Et c'est à Union qu'on se retrouvera au milieu des montagnes, lors d'une de nos randonnées sous le cagnard, nez à naseaux avec d'énormes taureaux, ça change des petits poissons des Tobagos!
A Union toujours qu'on se fera courser par 2 gros rotweillers!
C'est forcément quand je n'ai plus la trouille en mer qu'il m'arrive des gros coups de trouille à terre.

captain vs taureau

          Captain' VS Taureau... and the winner is... Le Captain'!
          Perso, je suis restée loin loin... j'avais une robe rouge!

 

C'est avec nos 2 jambes et nos 2 bras que nous filons sur Cariacou.
Ça sent de plus en plus la fin de l'aventure...
Je commence à avoir trop de tristesse dans le coeur.
J'veux plus rentrer!
J'veux rester là, ici ou ailleurs peu m'importe, mais je veux pas quitter le bateau.
Je veux pas aller dormir dans un lit, je veux pas prendre une douche dans une salle de bain, je veux pas ouvrir et fermer des portes!
J'veux continuer à me laisser porter par le vent, j'veux continuer à voir les étoiles par le hublot avant de dormir.
Vivre dehors, sentir, découvrir, rêver!
Non parce que c'est tellement plus magique une vie sur l'eau.

J'crois bien que j'suis piquée, j'suis foutue.
Mais comment ne pas l'être?

 

sunset Cariacou

                                                Sunset à Cariacou

 

 

sky

                                                  Love is in the air

 

 

Il est temps de quitter Cariacou et de rejoindre Grenade.
Finalement c'est à Grenade que nous laisserons le bateau en chantier.

La dernière nav', les dernières manoeuvres.
Les dernières rencontres à l'heure de l'apéro, les dernières soirées à refaire le monde.
Le dernier dodo à bord, pour passer le dernier dodo toujours à bord mais à terre...
Le dernier voyage avec ma copine Dinghy.
L'ultime câlin à Ophir.
Merci à vous 2 de nous avoir fait vivre cette belle aventure sans embûche, BIG UP les boat!
Grâce à vous on n'a ni coulé, ni démâté, ni chaviré.
Grâce à vous je viens de faire le tour du monde des Antilles!!!
Vous allez tellement me manquer...

 

Ophir

           Ophir, parti faire un gros dodo à terre pour l'hiver

 

 

Ma copine Dinghy

                                               Ma copine Dinghy

 

Et je ne pourrai clôturer cette belle aventure sans le remercier lui...
Mon Captain'...

 

 

love

                                       On repart quand tu veux...

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08 août 2013

Sailing Trip... #l'accueil à l'antillaise#

Nous voilà donc en Martinique...
Je suis encore sous le coup de l'émotion du gros vilain grain, mais j'm'en fous ayè j'suis marin.
Et quand t'es marin et que tu arrives à terre après des jours de traversée tu rêves que d'une chose c'est d'aller siroter une bière bien fraîche et d'engloutir une côte de boeuf.
Oui, d'accord, nous on a passé que quelques heures en mer mais on est quand même morts de soif et de faim.
Vas y ça creuse d'enrouler hein...
C'est comme ça qu'on se retrouve à engloutir un jambon beurre accompagné d'un p'tit verre de rouge dans un bistrot Alsacien... un peu loin du boudin antillais et du ti punch mais on a trouvé que ça d'ouvert.
Je ne vais pas te faire le menu détail de nos folles dégustations Martiniquaises, le jambon beurre et le verre de rouge n'étant pas particulièrement exotiques.
Mais passons au côté culturel...
Parce que Ô oui d'un point de vue culturel la Martinique est sensationnelle!
Ce que je retiens en particulier est l'hospitalité des Martiniquais...
Houla oui ils ont l'air ravi de nous accueillir.
Enfin ils ont surtout l'air ravi de m'accueillir moi... et ils n'hésitent pas à me le faire savoir dès que je suis seule à terre, j'crois qu'accueillir le Captain' ils s'en foutent un peu les Martiniquais.
Honnêtement c'est la folie!
Je ne peux pas mettre le nez dehors sans me faire siffler, accoster, suivre, draguer... même si je ne pense pas que ce soit mon nez qu'ils veulent accueillir.
J'avoue ça a un côté plaisant.
Le genre d'instant de gloire que j'attendais quand j'étais au collège.
Non parce qu'au collège j'étais la moche au gros c*l.
J'étais la drôle, la grande gueule, la pote des mecs mais pas leur amoureuse parce que trop gros c*l. Et les garçons au collège ils aimaient pas les gros c*l.
Et bizarrement le côté "gros c*l" aux Antilles n'est pas du tout accueilli comme en métropole.
Haaaa bordel mon adolescence aurait été si différente si j'avais grandi aux Antilles!

Non mais honnêtement... les Antilles c'est juste l'endroit où tu peux croire que t'es la plus siiiii belle du monde entier.
Et j'y ai cru.
Mais au bout de quelques jours de sifflage-accostage-suivage-draguage j'ai commencé à être saoulé.
Non mais c'est vrai m*rde j'suis pas un bout de viande les gars! J'ai aussi un cerveau, dit-elle dans son pumpum short. 
Genre hyper crédible.
Mais je vais quand même pas me mettre une burka pour être peinard. Si?!

Dans le genre ravi de m'accueillir il y a eu l'agent de sécurité à la superette qui, une fois le Captain parti peser les bananes, en a profité pour me sauter dessus. Sur le coup j'ai cru que j'avais volé un truc sans m'en rendre compte (j'suis pourtant pas clépto... parano oui mais pas clépto) mais non, l'agent de sécu voulait juste me dire à quel point j'étais siiiiiii wouaw et mon sourire... hooouuu! et mes yeux... pffff... et...
Non mais arrête toi mec, le Captain' il va revenir avec les bananes et je ne pense pas qu'il apprécie outre mesure le fait que tu sois siiii proche de moi! Dégage de là et retourne travailler!
Il y a aussi eu le mec dans la rue qui me sort un libidineux: "huuum sympa ta petite tenue..."
Alors que ce jour là j'avais mis un pantalon exprès pour pas me faire emmerdé.
Il continue avec :"huuuum encore plus sympa de dos ta petite tenue..."
Un jean's! Je porte un jean's, il fait 45° à l'ombre et je meurs dans mon jean's!!! Y'a rien de "huuuum" dans un jean's bordel!!! Vicelard!
Le truc un peu plus délicat avec celui là, c'est quand le Captain' a voulu me traîner dans le shipchandler tenu par ledit vicelard. Une fois arrivé à la caisse il lui demande si il a un compte ici.
_Euh bah non on n'a pas de compte ici pourquoi?
_Donc tu n'as pas les 10%?
_Non effectivement je n'ai pas les 10% mais si tu veux me les faire hésite pas!
_Justement j'allais te les faire... parce que j'ai fais une réflexion désobligeante à ta doudou tout à l'heure mais euh... je savais pas qu'elle était pas seule... donc... euh... bah 10% quoi!

10%??! Je vaux que -10%??! Vas y mais c'est nuuuul!

Mais la palme de l'accueil et l'hospitalité revient à 3 Martiniquais.
Je traverse le village, après avoir fait 4kms sous le cagnard.
Je meurs de chaud, je suis chargée comme une mule, les courses sur le dos. Je transpire comme une vache, je suis rouge comme une tomate et j'ai les cheveux ébouriffés d'une folle...
Ouais c'est ça, je suis une vache folle rouge! Hyper Glamour.
Et qu'entends-je? Des sifflements.
Les sifflements du genre "fu hou fu" qui me rendent dingue dingue dingue!
Je tourne violemment la tête en direction de ces sifflements, j'suis en mode vénère les mecs, et depuis une semaine que je me fais traiter comme un bout de viande, là c'en est trop je craaaaque!

QUOI!!? QUOIIII FUHOUFU??! C'est quoi votre problème les gars???!

Bon, bah je n'ai pas eu le temps de rétorquer tellement j'ai halluciné en voyant les fuhoufeurs: 3 papis antillais, assis sur un banc, qui me sifflent, la canne entre les jambes!
Quand je dis "canne" je parle de la vraie canne hein, la canne pour marcher quoi. Tout ça pour te donner une idée de leur âge. Peut être qu'ils ont du mal à marcher les papis mais toujours l'oeil hagard.
J'avoue, j'ai éclaté de rire et je leur ai offert à tous les 3 mon plus beau sourire.

Mais sinon la Martinique c'est chouette hein. D'ailleurs si tu te sens un peu moche en ce moment je te conseille d'aller y passer quelques jours... Tu en repartiras avec un égo gonflé à bloc.

Hormis l'accueil très démonstratif des Martiniquais, il y a la beauté des Anses d'Arlet et ses tortues, le calme de St Anne et le cachot de Louis-Auguste Cyparis à St Pierre.
Pour la petite histoire, Cyparis fut le seul rescapé lors de l'éruption de la montagne Pelée en 1902.
Comment s'en est-il sorti alors que tous les habitants de St Pierre (près de 30000 morts) se sont retrouvés piégés par les écoulements de lave?
Et bien Cyparis a eu la "chance" d'être au cachot. L'épaisseur des murs et l'isolement lui ont sauvé la vie.

Pour nous il y a aussi eu les quelques jours de chantiers au Marin pour réparer les réservoirs d'eau douce et le thermostat du frigo.
Ouiiiiiiiiiiii on a de l'eau à bord!!!! Ouiiiiiiiiiii on peut aussi avoir de l'eau fraîche à bord!!!
On profite de ces quelques jours à quai pour retrouver de vieux amis du Captain'.
Les soirées à se raconter de vieilles histoires, à refaire le monde autour d'un verre, à parler des destinations futures. J'ai pas grand chose à raconter moi alors j'écoute.
Non parce que ok j'suis devenue un vrai p'tit marin mais j'ai encore pas beaucoup de miles au compteur...

Allez Captain' il serait peut être temps de riper là non? J'veux faire de la mer moi!
Prochaine escale, Ste Lucie!!!

 

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03 août 2013

Sailing Trip... #La Martinique#

Ça va faire 1mois qu'on est parti et j'crois que je suis en train de devenir un vrai marin!
Je sais ce qu'est une écoute, une drisse, un génois, un spi, une trinquette.
Je sais si on est au près, au près serré, au portant ou encore en vent arrière.
Je ne me prends plus les pieds dans le chariot, et je ne me cogne plus aux coins de table au moindre petit roulis.
Et même que j'arrive à faire la cuisine en nav'!
Enfin quand je dis "cuisine" je parle juste d'une bonne plâtrée de pâtes qui tient au bide hein...
Un jour dans un élan de confiance en moi, je me suis lancée dans une petite salade de crudités, avec les petites herbes qui vont bien, la délicieuse vinaigrette et tout le tintouin... je pose les saladiers sur la table, à peine le temps de me retourner qu'on s'est mis à gîter et que toute la bouf à foutue le camp.

_Heuuu Captain'? J'ai fait une p'tite connerie là... Non rien de grave, j'ai juste tagué les banquettes et le plancher d'un bol entier de vinaigrette... J'ai pas mis les quoi??! Les sets antidérapants?! Ha... qu'est ce que c'est?? 

Il y a aussi eu le jour où je me suis ramassée une casserole d'eau bouillante sur les guiboles, c'est ce jour là que j'ai compris qu'il fallait débloquer le cardant de la gazinière quand on est en nav'.

_Haaaaaaa bordeeeeel ça bruuuuuuule!!! Et m*rde! P*tain de b*rdel de m*rde de bateau qui bouuuuge sa r*****ce!!
_Ça va Moussaillon?! Tu vas bien?
_Super! Je vais SUPER bien! J'adore.

Bon ok, j'ai encore un peu à apprendre.

Après quelques heures de pratique d'ailleurs, j'ai appris à faire un noeud de chaise. Le Captain' a trouvé le moyen de me l'apprendre tout en m'amusant.
                                                                                   

                                                    IMG_1601

   "Tu fais un puits, le serpent sort du puits, fait le tour de l'arbre, et rentre dans le puits"

Je dois quand même t'avouer, qu'un soir, rentrant à bord, dans un élan de "vas-y j'me la pète", je prends le bout' de ma copine Dinghy (oui je fais de l'anthropomorphisme, mais c'est ma façon à moi de me sentir à l'aise avec ma copine Dinghy) et je lance un tonitruant:

_T'inquiète Captain' c'est moi qui s'occupe du noeud de chaise pour attacher ma copine Dinghy!!
T'inquiète j'sais faire le serpent dans l'arbre qui fait le tour du puits!! Ouais ouais je gèèèère!

C'est en repartant à terre le lendemain matin qu'on (enfin qu'il) se rend compte que mon noeud de chaise bah c'était un noeud de rien du tout et que j'ai eu de la chance sur ce coup là qu'il n'y ait pas eu de vent dans la nuit... sinon on aurait pu dire adieu à ma copine Dinghy...
_Haaa mais dis moi Captain'... il doit sortir? Où il doit rentrer du puits le serpent? J'me souviens jamais...

                                                                            

                                                   IMG_1975

                                                  Ma copine Dinghy

 

1 mois donc...

Et au bout d'1 mois je sais aussi ce qu'il faut faire avant de prendre la mer.
Alors déjà il faut que tout soit bien rangé dans le bateau. La vaisselle surtout.
Il faut dégonfler la copine Dinghy et la caler sur le pont.
Ensuite on doit vérifier que les bouts sont bien tous à leur place, bien alignés et facile d'accès.
Une fois tout à sa place on allume le moteur, on lève l'ancre, on se met face au vent et zou on peut hisser la Grand-Voile et dérouler le génois!
Et bien evidemment on coupe le moteur et on se laisse porter sur les flots...

Moi je m'occupe du rangement, puis j'allume le moteur et je tiens la barre pendant que le Captain' lève l'ancre. Le reste des manoeuvres c'est jamais moi qui les fait, parce que j'ai toujours du mal à sentir d'où vient le vent.

On est prêt!
Hissez haut Santiano!!
Vas y Captain' j'tiens bon la barre et toi tu t'occupes du vent!

Martinique nous voilà!!!!

Ça y est je n'ai plus la trouille. J'me sens hyper bien.
Il fait beau, il fait chaud, la mer est belle. C'est l'heure de la pêche pour les Fous qui nous offrent de superbes loopings.
Et nous avons même la chance d'avoir un banc d'une bonne trentaine de dauphins qui nous suivent...
Ok là je fonds...
Je ne suis qu'étoiles dans les yeux, papillons dans le ventre et cris de joie!
Merci la vie et tutti cuicui.

Sauf que... (Tu sais bien qu'avec moi, quand il y a un moment de pur bonheur, peu de temps après je me fais rattraper par un petit revers de médaille)
Je disais donc... Merci la vie et tutti cuicui...
Sauf qu'il s'est vite mis à faire plus très si beau et qu'on s'est ramassé une vilaine vague. Rien de grave en soi.
Sauf que le Captain' a oublié que j'étais encore en apprentissage et qu'il a pas vérifié si j'avais tout bien fait avant de partir.
Oui oui je remets la faute sur lui!
Non parce que dans ma To Do List, j'ai oublié qu'il fallait toujours fermer les hublots à l'avant... damned...
La vilaine vague est donc venue s'écraser dans la cabine.

_C'est encore une petite connerie ça mon Captain' hein? Heu... Pardon?

Et qui dit "vilaine vague" dit que le vent est en train de se lever d'un coup.
Ha bah ça y est j'ai re de la trouille.
Et quand j'ai de la trouille j'oublie tout.
J'oublie qu'on ne peut pas se retourner, j'oublie que c'est normal de gîter à ce point, j'oublie qu'on ne risque rien et que tout va bien.

Le Captain', face à ma trouille, me dit pour la millième fois que c'est rien. Que c'est juste un grain. Oui on va se le prendre ce vilain grain qui arrive au loin, mais pour l'instant on peut continuer notre route, on a le temps.

Je m'accroche à l'arrière, priant tous les Bons Dieux de la terre et des mers pour qu'on sorte vivant de ce vilain grain.
Le grain... le grain qui se rapproche de plus en plus... le grain qui va nous secouer les voiles... le grain qui...

_On ENROUUUUULE!!!!!!

Ça c'est le Captain qui se met à crier une action à effectuer, tu l'auras deviné.
Si il crie ça veut dire qu'il ne faut pas que je pose de question et que j'effectue l'action! RIGHT NOW!!!
La trouille au fin fond de mes entrailles, je me dresse bien droit sur mes 2 guiboles, je saute sur l'écoute du génois et j'ENROULEEEEE!!!!
Lui, il affale la Grand-Voile.

Ha bordel j'ai enroulé!
J'ai enroulé et je savais même pas ce que c'était d'enrouler!
Mais depuis 1mois que je le vois faire les manoeuvres bah j'ai su de suite ce que ça voulait dire d'enrouler!

_T'as vu Captain comment j'ai trop bien enroulé????! Non mais wouaw!!!

Le grain? Même pas peur!
Je gère!
Moi j'enroule!

Cette fois c'est bon...
J'crois que j'peux l'dire...
J'suis devenue marin les gars!

Martinique... accueille en ton sein un nouveau 'ti marin!

Martinique... nous voilà!

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01 août 2013

Sailing Trip... #La Dominique#

C'est le coeur gros que nous quittons Les Saintes, après avoir passé des moments pleins d'émotion...
Bye Bye les Dauphins, Salut les potos...
Merci pour tout!!!
Voiles sur la Dominique!

Le Captain' est ravi de reprendre la mer, moi un peu moins.
Je t'explique.
Autant on est partis des Saintes sous un beau soleil et une mer calme, autant très vite on se retrouve face à de gros nuages, à une grosse houle, et aux gros vilains grains.
Et moi la météo du fin fond du Golf du Morbihan bah j'aime pas très bien ça.
Ça brasse sévère, il fait froid, on joue au chat et à la souris avec la pluie, et forcément je commence à paniquer.
Rah bordel mais j'en ai marre d'avoir toujours de la trouille.
Mais j'y peux rien, je contrôle pas.
Je m'accroche à l'arrière du bateau et j'attends en claquant des dents...
J'arrive tant bien que mal à me calmer jusqu'au moment où le Captain' lâche la barre (t'inquiète on a un pilote automatique) et va à l'avant.
Genre c'est normal... genre il marche peinard alors que j'arriverai même pas à tenir debout, genre il fait des petits bonds de cabris au rythme des vagues et il fait je ne sais quoi avec le génois...

_Hé non mais dis donc captain' t'es pas un peu malade???! Reviens! Reviens ici bordel! Reviiiiiiens j'ai peur!!!!

Il finit ses manip' et revient à l'arrière ne comprenant pas le moins du monde mon hystérie débordante.

_Ha tu comprends pas??! Tu comprends pas que j'ai peuuuuur que tu tombes à l'eau??? Non parce que si tu tombes à l'eau hein, bah moi je sauuuuute!
Je resterai pas seule sur le bateau, j'te jure Captain', si tu tombes je saute et on meurt noyés tous les 2!!
C'est ça que tu veux??? NON!
Alors arrête de te trimballer à l'avant sans t'attacher!

Bon bah là il se marre...
Parce qu'il me dit qu'il n'y a pas de vent (à peine 20 noeuds, soit 37km/h), qu'il a toujours une longueur d'avance sur la vague qui va arriver, et qu'il a TOUJOURS une main pour lui, une main pour le bateau.
Ouais... bon... d'accord... mais quand même hein!
Attache-toi si tu sors du cockpit!!! J't'en prie, j't'en conjure, j't'en suppliiiiiie...

La question ne se reposera pas sur cette nav', vu qu'il n'aura pas besoin de retourner à l'avant.
Par contre on se rend compte qu'il faudrait quand même que je sache arrêter le bateau au cas où il tombe à la flotte... juste au cas où.

On arrive en fin de journée sur la Dominique.

La Dominique... la plus sauvage des Antilles.
La végétation a pris le dessus sur l'homme, c'est incroyable.
Du vert... du vert... du vert...
C'est la jungle ici les gars.
On s'offre le luxe de la voiture pour parcourir ses routes sinueuses à la découverte des petits hameaux hauts perchés.
On fait le plein de mangue au bord des routes.
On se prend pour des pirates échoués sur les plages désertes... plages où Johnny a posé les pieds...
Johnny Depp bordel!
Pour le tournage de Pirate des Caraïbes 2!
Et pour aller au bout de ma fan attitude je me baigne cul nu dans L'indian River...
Johnny s'y baignait aussi j'en suis sûre... Non mais wouuuaw quoi!

Malheureusement notre séjour prend fin rapidement.
Non pas qu'on ne se sente pas bien en Dominique, mais il faut avouer qu'au niveau de la tranquillité à bord il y a à redire.
On est envahi de rastas qui ont toujours un truc à nous vendre. Ils viennent taper à la coque dès le p'tit déj, un autre arrive à l'heure de la sieste. C'est récurrent.
C'est un peu comme quand ton téléphone ne fait que sonner et que tu dois répéter à longueur de journée "non vraiment Monsieur, ça ne m'interesse pas... Non je ne veux pas de votre assurance...".
Au premier coup de téléphone tu es poli et compréhensif, ce pauvre Monsieur ne fait que son travail, mais arrivé 20h, au bout du 5ème coup de téléphone bah tu perds ton calme "NON!! NON j'en veux pas de votre p*taiiiin d'assurance mes co*illes!!! Arrêtez de m'apeller bordel!!!"
Bon bah les rastas autour du bateau c'est un peu pareil.

De toute façon on doit rejoindre la Martinique au plus vite.
Le Captain' a prévu de réparer les réservoirs d'eau et de changer le thermostat du frigo.
Ha oui parce que je t'ai pas dis, mais en plus de ne pas avoir d'eau à bord, on n'a pas non plus de frigo.
Et ça fait déjà 1mois qu'on est partit... un peu galère pour garder les bières au frais surtout!

C'est pas que... mais oui je crois qu'avoir l'eau et un frigo à bord ça risque de nous changer la vie...

 

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25 juillet 2013

Sailing Trip... #Les Saintes#

Les Saintes...

Il y a des endroits dans le monde où tu sais à la minute où tu les découvres que tu vas t'y sentir bien, comme à la maison.

A peine le temps d'affaler la Grand-Voile que Maman Dauphin avec son petit viennent jouer autour du bateau.
Pour une belle arrivée c'est une p*tain de belle arrivée!
Euh genre Captain' c'est toi qui les a loué les dauphins c'est ça?? Mais vas y comment tu vends du rêve toi! Loveur...

L'île de Terre-de-Haut, île principale des Saintes est magnifique, vallonnée, colorée, habitée par des gens accueillants et souriants.
Très peu de voitures, pas de bruit, que le soleil et de belles couleurs.

Nos journées sont rythmées par la découverte de sentiers perdus, de plages désertes, par de belles rencontres au détour d'une colline où un Saintois de Terre-de-Bas nous invite à le suivre dans la récolte du bois d'inde (feuilles qu'il faut faire sécher et réduire en poudre pour en faire une épice) il nous fait goûter ses "bonbons blancs" (petits fruits à coques, très sucrés) nous offre un corossol...

Maman Dauphin et son petit, quant à eux, sont tous les jours dans la baie.
Des groupes de touristes, venus de Guadeloupe pour la journée, ne se lassent pas de les suivre et s'attroupent autour du bateau. C'est insupportable de les entendre beugler et de tout faire pour pouvoir les toucher... ce qui a le don de nous faire pousser quelques gueulantes.
Et soyons honnêtes... Nous aussi on voudrait aller nager avec les dauphins mais pas au risque de se prendre un coup de palmes par un barge qui ne fait que crier comme un putois!
Jusqu'au jour où je me retrouve seule à bord, en pleine préparation du déjeuner. Les oignons chantent dans la casserole, la pate à tarte cuit dans le four... (la cuisine, ma nouvelle passion) et c'est alors que j'entends les dauphins autour du bateau!
Pas un touriste en vue, ni une ni deux, je laisse la popote en plan, j'attrape le masque et le tubas et yallah je saute à l'eau!
Wouaw, sont tout près de moi, ils nagent paisiblement...
Et c'est partit pour un moment de pur bonheur!!!
Jusqu'au moment où Maman Dauphin s'arrête net, à 2 mètres de moi et se met à la verticale...
Euh... qu'est ce que tu fous Maman Dauphin? Vas y mais me regarde pas comme ça tu m'fous la trouille là... J'veux pas te faire de mal moi...
Ok, là j'ai de la trouille!!!
Elle me regarde et là...
Haaaaaaaa elle sort de l'eau dans une impulsion de ouf malade, elle vrille en l'air au dessus de moi et plonge!!!
Je sors un cri de dingue, de joie, de peur aussi et surtout d'émotion!
Maman Dauphin a juste voulu me faire un p'tit cadeau!

Au bout d'une semaine à profiter et rien que profiter, on s'offre une dernière soirée à terre avant de remettre les voiles sur la Dominique.
Forcément à force de nous voir dans le village, certains locaux nous saluent et ce soir là on fait la connaissance de Magali et Ali.
Discussion faisant, et Ti punch' buvant, la fameuse question "Et toi tu fais quoi dans la vie?" arrive.

_Moi? Moi je fais quoi dans la vie??! Euh bah moi j'suis clown les gars! Ouais ouais j'suis Clown à St Barth, genre...

C'est là que les yeux du Captain' s'illuminent de mille feux et qu'il commence à vanter mes talents auprès de nos nouveaux amis.

_Elle assure trop ma douce, vraiment troooop! Elle est brillante, drôle, vraiment drôle! Son spectacle il fait un carton! Elle sait tout faire! Ha non mais c'est à voir son truc... vraiment! Tiens mais tu pourrais le jouer ici non? Si?
Hein les gars elle peut jouer ici?

Là c'est moi qui ai les yeux qui s'illuminent de mille feux...
J'me transforme en guimauve face à l'enthousiasme ambiant.
Nadine, la propriétaire du bar, nous rejoint et m'ouvre ses portes avec grand plaisir.
La date est posée, je joue le vendredi suivant.
Tchin, Tchin, santé les gars! On dit d'accord! On dit je joue! Ouiiiiiii!!! Haaaaaa!!!

Le lendemain matin, une fois l'euphorie passée, et le Ti punch' décuvé, je commence un peu à paniquer...
Non parce que j'ai pas mon costume, j'ai pas mes accessoires et Ô malheur j'ai pas mon nez rouuuuuge!
Et va trouver tout ça aux Saintes toi!
Bah j'ai trouvé...
Ali m'a prêté l'accordéon de son Grand Père, Marco m'a déniché une jupe en tulle rose tout comme j'avais besoin, Alyson m'a apporté sa palette de maquillage, Magali quant à elle avait le legging noir qui va bien.
Mais... j'ai toujours pas de nez rouge...
On passe des coups de téléphone, on frappe aux portes, on retourne les greniers... toujours pas de nez...

A la guerre comme à la guerre, je fonce à la supérette et je dévalise le rayon Babybel.
J'enfile le paquet (et je me souviens que le Babybel bah j'aime pas ça!) tout en déglutissant je me lance dans la confection d'un nez...
Ça pu, ça colle et surtout ça tient pas du tout!!

Marco me propose d'aller chez lui, il est convaincu que sa mère aura une solution.
Sa maman c'est un peu une McGiver coupé de Géo trouv'tout.
Bah elle a trouvé!
Elle a trouvé un capuchon de poivre, qu'elle m'a percé et elle a enfilé le magique petit élastique.
Un nez digne des plus grands!

                                                                             

                                                                 photo clown saintes

                                                                 Le fameux nez en mode Open-Poivre

Ok les gars, j'suis ready!
On y va hihaaaaa!!!

Sauf qu'une fois arrivée au bar de Nadine, je me retrouve face à une salle vide.
Je vois la déception dans les yeux de mes nouveaux amis et surtout dans ceux du Captain'...
Faut avouer que moi aussi je suis déçue parce que je m'étais fait une joie de jouer!
Jouer devant 5 personnes c'est bien, mais jouer devant 80 personnes c'est mieux.
Me suis pas dégonflée.
J'ai invité mes 5 copains sur la place de l'embarcadère et j'me suis mis à jouer de l'accordéon.
Des gamins arrivent, suivis de leurs parents, des touristes sortent des restos et très vite je me retrouve face à des yeux pleins d'étoiles et à des sourires jusqu'aux z'oreilles!

L'école de la rue...

Ce soir là, j'ai tout donné et on me l'a rendu x1000...

Le Sailing Trip peut continuer...
Voiles sur La Dominique Captain'!!!

 

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15 juillet 2013

Sailing Trip... #St Kitts/Montserrat/Guadeloupe#

La mer est calme, le vent me chatouille les oreilles, les conditions sont idéales pour que je puisse faire mes débuts à la barre.
Ça me permet de me concentrer sur un point et donc de ne pas me focaliser sur un éventuel mal de mer.
Bizarrement je n'ai pas la trouille, je vois St Barth devenir qu'un tout petit point au loin que déjà j'apperçois St Kitts.
Tout se passe au mieux dans le meilleur des monde.
Quelques sept heures après avoir quittés St Barth nous arrivons à St Kitts, à Sandy Point.
Il est déjà tard, le soleil se couche et le Captain' a l'air ravi...
Moi aussi!
J'suis ravie de cette première nav'.
J'ai géré, j'ai pas gerbé!
Ouiiiiiiiii!

Ne sachant pas trop ce qu'il faut faire je me mets aux fourneaux, ça je sais un peu faire.
C'est alors qu'un douanier, hyper agressif et plutôt mal élevé monte à bord.
Je ne comprends pas trop ce qu'il cherche à prouver en se comportant de la sorte mais une chose est sûre, ce grand malade nous donne juste envie de remettre les voiles. On comprendra plus tard qu'il n'a pas apprécié qu'on pose des affaires à quai avant d'avoir fait les papiers...
Une fois ce malotru descendu on peut enfin profiter de la soirée.
Soirée qui sera de courte durée...
Non parce que la mer ça fatigue bordel!
J'ai pourtant passé 7 heures assise, à ne rien faire de spécial hormis fixer un point à l'horizon, bah je suis pourtant complètement vannée.
Je découvrirai par la suite que les nav' me rendront amorphe...
 
Dès le lendemain matin on ripe sur White House Bay.
On se fait un petit tour de l'île en stop, à la découverte de Basseterre, capitale peu accueillante.
Tout un quartier aménagé pour les touristes déferlant des gros paquebots, beaucoup de voitures, de bruit, de béton...
Tu l'auras compris,  je n'ai pas grand chose à dire sur St Kitts.
Je pense que je suis encore un peu déphasée.
Je dois apprendre à vivre à bord, avec tout ce que ça implique.
Et pour apprendre rien de mieux que de reprendre la mer!
Cap' sur Montserrat moussaillon!
Sauf qu'à l'heure où on fait cap, bah moi je suis toujours en train de dormir...
Ça je sens que ça va me plaire. Que la maison puisse bouger tout en restant bien peinard à roupiller... j'adore!
Sauf que la nav´ ne se passe pas aussi bien que je l'aurai souhaité.
La mer est agitée et je commence vite à me sentir mal.
Le temps se gâte et j'aime pas très trop ça.
Ha bordel ça va pas! Ha non ça va pas du tout du tout!!
Y'a une tornade au loin!
Si j'te jure une vraie tornade!
Elle démarre tout en haut là haut dans un méchant nuage et elle fait un sale tourbillon dans la mer!!!
Mon astygmatie, mon imagination débordante et moi même nous lançons dans un scénario catastrophe!
J'nous vois engloutis dans les profondeurs abyssales, piégés dans le tourbillon!
J'ai peur Captain'!!!
Le Captain' m'assure que nous ne sommes pas sur la route de la tornade et qu'on ne craint rien.
Je décide de lui faire confiance. De toute façon, j'ai pas des masses le choix...
J'me calme en imaginant ma bande de copains Bisounours descendant d'un arc-en-ciel pour venir nous sauver de la vilaine tornade. Ils nous ramèneraient dans les jolis nuages, loin des tempêtes et des tourbillons...
Je vais de suite beaucoup mieux.
Et je me rends compte qu'effectivement on laisse la tornade sur tribord et au loin Montserrat se dessine.
Ça aussi ça me calme. Voir la terre...
Et comme pour me récompenser de mon courage, le Dieu des Mers nous fait un joli cadeau.
On passe juste à côté de 3 énormes tortues en train de faire un grooos câlin d'amour.
Enfin 2 font un groooos câlin d'amour et le 3ème mate. Scène assez hallucinante.
 
On arrive enfin sur Montserrat, où les douaniers sont bien plus accueillants qu'à St Kitts.
Notre petite escale est faite de snorkelling, de coucher de soleil, de découverte d'une plage déserte où nous étions comme les seuls survivants d'un naufrage au paradis...
De Montserrat on part assez vite sur la Guadeloupe, on va mouiller à Deshaies, un petit village trop super joli, avec ses petites terrasses vue sur mer, ses petites boutiques et son joli clocher.
Tout est juste parfait...
Trop parfait!
Puisque une certaine Chantal a décidé de venir nous secouer les couettes.
Chantal c'est une tempête tropicale.
Et moi j'aime pas les tempêtes tropicales. Ha non non non.
On fait un dernier passage à terre pour faire le plein de bouf, d'eau et de magasines de pouf´ pour moi et on rentre vite à bord.
Le Captain' fait pleins de trucs bizarres...
Il met des bout´ de partout, 2 ancres.
Il me prévient que ça va pas mal secouer mémé dans les cocotiers mais qu'encore une fois on ne craint rien.
Encore une fois je lui fais confiance.
Chantal tu peux te pointer on est prêt!
Sauf que quelques heures avant que Chantal nous tombe sur le coin des voiles je n'ai rien trouvé de mieux à faire que de poser mon pied sur une tite abeille...
Non mais depuis quand y'a des Maïa sur les bateaux??!
J'suis déjà tétanisée de trouille à cause de Chantal qui va arriver et maintenant j'ai un mal de chien. 
Et ce qui devait être une simple piqûre s'est transformée en big allergie avec œdème de ouf pile au plus fort de notre chère Chantal.
Heureusement je ne gonfle que jusqu'à la cheville.
Je ne te cache pas que j'ai passé 12h coincée à bord, à me plaindre, à pigner, à ausculter mon pied toutes les 5minutes...
À faire une foire de dingue, à la limite de l'hystérie...
Par chance Chantal nous a vite lâché la grappe et j'ai pu aller faire mon cinéma à la pharmacienne, histoire de faire un peu d'air au Captain', qui est resté très patient et aux petits soins malgré tout.
Verdict, je fais effectivement un sale œdème et il vaudrait mieux que j'évite de me faire piquer à l'avenir.
J'y penserai Madame, merci!

Ma vilaine blessure m'empêche donc d'aller crapahuter dans les cascades et autres rivières de la Guadeloupe, j'suis verte. Le Captain' se transforme en taxi et me fait faire la visite de l'île en bagnole.
Et bordel ce que c'est beau!
Du moins, le peu que j'en vois est super beau... parce qu'avec mon traitement de cheval je suis toute flagada et très rapidement je pionce dans la bagnole...
J'suis un boulet, j'avoue.

Quelques jours de convalescence en Guadeloupe et nous faisons route sur Les Saintes.
Haaaa Les Saintes... Un p´tit paradis sur terre et mer qui nous reserve de belles surprises...
 

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01 juillet 2013

Sailing Trip, les débuts de la vie à bord...

Lors de mon mémorable voyage en Afrique du Sud, le Captain', malgré l'invasion de mes poux dans ses belles dreads m'avait fait une proposition des plus folles: partir à la découverte des Antilles à bord de son ´ti voilier tout l'été.

Ne connaissant pas les Antilles et étant libre comme l'air, c'est tout naturellement que j'ai décidé de faire mes valoches et que je me suis lancée corps et âme dans cette belle aventure, les poux en moins fort heureusement.
Quand je dis "tout naturellement" je mens un peu parce que forcément décider de vivre cette aventure m'a pas mal angoissé.
Je n'y connais rien aux bateaux et j'ai limite peur de l'eau.
Je ne sais pas sentir le vent et encore moins sentir s'il vient du nord ou du sud.
Je ne sais pas faire les nœuds hormis ceux de mes baskets. Je ne sais pas ce qu'est une drisse, une écoute, un génois, un ris.
Je ne comprends pas ce que ça veut dire d'être au près et encore moins d'être tribord amure.
Je n'ai jamais barré, encore moins choqué une GV, ni tiré sur un bout'... mais j'allais devoir apprendre.
Et puis j'avais la trouille de passer plus de temps sur mer que sur terre parce que très vite ce n'est plus le mal de mer que j'ai eu mais le mal de terre. 
Si si j'te jure ça existe le mal de terre. C'est comme si ton corps il continuait à tanguer alors que rien ne bouge... T'es comme en mode bourracho mais sobre en fait.
Et gros j'avais la trouille de ne pas réussir à m'adapter à la vie à bord.
Non parce que vivre sur un bateau c'est pas du tout, mais alors pas du tout comme vivre dans une maison.
Quand tu vis dans une maison et que tu veux rentrer chez toi bah tu n'as qu'à prendre ta Moby. Easy.
Bon bah quand tu vis sur un bateau et que tu veux rentrer à bord et bah tu dois prendre ton dinghy.
Et monter dans le dinghy c'est pas du tout comme enfourcher Moby!
J'ai peur de passer à la flotte, une jambe sur le quai, l'autre dans le dinghy... traumatisée que je suis par ces personnes ayant fait la une de Video Gag.
Une fois calée dans le dinghy il va être question de monter à bord, et là il va falloir faire preuve de tonicité et d'équilibre. 
Mon problème majeur étant la partie postérieure de mon anatomie qui fait contre poids quand je tente de me hisser par dessus les filières. Au niveau de la tonicité et de l'équilibre j'ai encore du boulot...
Tu avoueras que monter à bord est un peu plus compliqué que de monter 3 marches d'un perron et d'ouvrir une porte d'entrée.
Je ne te cache pas qu'il m'est déjà arrivé de me retrouver le haut du corps suspendu à la filière et le derrière flottant...
Ensuite quand tu vis dans une maison et bah ta maison elle ne bouge pas!
Tu n'es pas obligé de te sangler pour pouvoir faire cuire des pâtes au risque de te vautrer dans la gaziniere au premier roulis hein?
De toute évidence, à moins que tu ne sois complètement bourré, dans ta maison il n'y a pas de roulis!
Et tu ne te cognes pas aux coins de table et de banquette quand ton voisin rentre chez lui toi, quand tu es bien peinard dans ton salon?! Non?
Je t'explique.
En bateau, ton voisin, lui aussi à bord de son dinghy, fait naître une vague, vague qui va finir par s'écraser sur ta coque, ce qui entraine le fameux roulis et manquer de faire basculer ton plat de coquillettes sur tes genoux.
Alors en bateau, quand le voisin rentre, bah tu arrêtes de manger et tu tiens ton assiette.
 
Autre point non négligeable au luxe de la vie à terre est que tu as de l'eau à volonté qui coule comme par magie juste après avoir tourné un ´ti robinet.
Sur un bateau aussi tu as de l'eau mais sur un bateau, tu pompes! 
Tu pompes avec les mains pour la chasse d'eau, tu pompes avec les pieds pour te laver les mains...
Tu pompes les fonds parce qu'il y a toujours de l'eau qui rentre par je ne sais quel endroit... ce qui ne va pas pour me rassurer...
Dis Captain', c'est normal qu'on ait de l'eau sous le plancher là???! Ha oui c'est normal... Hum hum...
Et encore tu pompes quand tu as la chance d'avoir de l'eau dans les réservoirs.
Quand les réserves sont vides (les notres fuient... assez emmerdant je ne te le cache pas) tu as, au pire, de l'eau dans des bidons.
Tous les 3-4 jours le Captain' va remplir les bidons et moi je branle.
Oula mais ne va pas t'imaginer n'importe quoi toi!
Branler c'est transvaser l'eau des bidons dans des bouteilles, à l'aide donc, de la "branlette".
Non parce que soulever au dessus de ma tête un bidon de 60L pour prendre une "douche" c'est un peu compliqué.
C'est alors munie de ma petite bouteille d'1,5 litres que je peux prendre ma "douche" dans le cockpit, les fesses à l'air, à la vue des voisins. J'adore...
Imagine toi te "doucher" dans le jardin, ou sur le balcon de ton immeuble...
Mais encore une fois tu "branles" quand tu as la chance d'avoir de l'eau dans les bidons. Parce que des fois de l'eau bah on n'en trouve pas.
C'est pour ça qu'on va toujours à terre avec un tuyau d'arrosage, au cas où on trouverait une arrivée d'eau. C'est comme ça, qu'un jour je me suis retrouvée à me laver au milieu d'une petite place au port...à la grande joie des pêcheurs cette fois.
L'eau... toujours l'eau...
En vivant sur le bateau j'ai appris à faire la vaisselle à l'eau de mer en évitant de penser que le contenu des chiottes de tous les voisins et des nôtres aussi se déverse dans la mer justement...
Imagine toi laver ta vaisselle avec l'eau de ta fosse septique...
Au passage, merci maman de m'avoir appris à ne pas gaspiller l'eau.
Aujourd'hui j'arrive à prendre une douche avec seulement 1,5 litres!  

Bien evidemment, avant de m'embarquer dans cette aventure je n'avais pas idée de ce que ça pouvait être de vivre sur un bateau, mais j'avais l'intime conviction que j'allais m'adapter assez vite.
J'ai donc enfourné quelques robes et surtout des maillots de bains dans un sac, une petite dizaine de paires de chaussures, qui ne me seront d'aucune utilité, quelques bouquins et yallah.
Le dernier tour du caillou avec la distribution des derniers bisous aux potos et zou!
Souquez les artimuses moussaillon!
Cap' sur St Kitts!

 

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