06 janvier 2016

5* Luxe moi??! Of course...

A force d'à force j'ai eu le droit de ne plus mettre l'informe uniforme du travail.
Non mais vraiment Monsieur le Directeur, c'est pas très hyper vendeur une vendeuse dans une tenue de balayeuse...
Mais en échange j'ai promis, juré, craché, de vêtir mon corps de rêve (ouais c'est ça... rêve ma fille) de mes plus jolies petites robes blanches qui me donnent un air chic et réservé
Mouahahaha.
Mais à force d'à force, je commence à en avoir ras le chignon de mes petites robes blanches. Et je demande à ma collègue, la celle qui me remplace quand je suis en week end, comment elle s'habille elle.
_ Moi? Non je ne m'habille pas en blanc moi. Je peux mettre ce que je veux.
_ Bah? Bah pourquoi moi je dois être en blanc? Pourquoi moi je peux pas mettre ce que je veux??
_ Parce qu'avec toi ils ont vite compris que ça allait déborder et que t'allais être vachement beaucoup trop too much colorée pour la boutique de luxe en mode 5*...
_ Quoi? Moi?? Moi je déborde??? Moi j'suis trop too much??! Moi je suis pas hyper mode 5* de Luxe??
_ Euh... Bah pas trop quand même...

Je suppute une discrimination d'accusation de débordement vestimentaire en ma pauvre petite personne, totalement injustifiée.
Que ça se sache!

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05 janvier 2016

En mode courses à l'arrache...

Viiiiiiiiiiiiiiite, faut aller faire les courses avant d'aller au travail!
Zou la Chouette dans l'auto, le sac sous le bras, les souliers à la main... Gooooo!
Vroum vroum!
La Chouette dans le caddie, et c'est partiiiiiii!
Des carottes, des poireaux, du jambon... Des couches, des bières, du coton...
Hop le beurre, et viiiiite de la lessive et euh... fromage, compote, yahourts, oeufs!
Petits pois, patates, mangues...
Du vin?? Oui.
Des croquettes pour Dinou, du shampoing...
Allez viiiiiiite on passe à la caisse!
La Chouette pense m'aider et tout ce que je mets dans le caddie elle le balance par terre, ça fait rire la caissière. Moi beaucoup moins.
124€35 siouplaît merci.
La Chouette se marre. Moi toujours pas.
Par carte s'il vous plaît.
Ma carte. Ma carte???! Bordel elle est où ma carte???
Vous voulez faire un chèque?
Oui d'accord par chèque. Mon chéquier?? Mon chéquier??? Bordel il est où mon chéquier???!
La Chouette glousse en voulant m'aider à fouiller dans mon sac. 
Et je comprends qu'elle adoooooore fouiller, et qu'elle a dû balancer ma carte et mon chéquier sous le canapé...
J'hésite à me barrer en courant (avec mon caddie, pas tant pour les courses mais la Chouette est dedans.)
Et puis je me décompose parce que je me dis qu'il va falloir que je laisse toutes mes courses ici et que je retourne à la case et que je cherche cette foutue carte et que je suis déjà en retard et que vraiment, non, je n'ai pas le temps!
En plein désespoir je croise une copine, qui, ni une ni deux, dégaine sa carte bleue.
Ouf, sauvée!

La caissière est ravie et me dit "vous allez pouvoir partir avec vos courses...
Oui... c'est super mais du coup je prends le caddie et je vous laisse l'enfant!!!"

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03 janvier 2016

Ouais... HUGE!

Conversation à la pause clope:

"Wouaw hier soir c'était huuuuge!! La fermeture du Yacht Club mec! Ouais c'était boom-boom Gros!
_ Grave on a tout donné, tout déchiré! TOUT!
_ ...
_ P'tain du loooourd!
_ ...
_ Mais comment on a pris trop cher! J'suis mort.
_ Ouais dead qu'on est ce matin!
_ ...
_ T'y étais toi?
_ Ouais toi aussi t'y étais?!
_ ...
_ Vu la face que t'as ce matin, forcément t'y étais!
_ ... Hum. Oui. Ouais ouais j'y étais aussi les gars. Huuuuuge. Hum hum c'était huge. TROP."

Pas la peine que je leur précise à ces 2 gais lurons que j'étais en pyj à 21h30, que j'ai passé la nuit avec une bébé Chouette au nichon, et que c'est pour ça que j'ai la face de travers de bon matin. Non ce n'est pas la peine...

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01 janvier 2016

Et bonne année...

On va se dire les mêmes mots. 
On va trinquer à nous, à cette année passée, à celle à venir.
Le compte à rebours est lancé.
10...La santé.
9... La joie.
8... La prospérité.
7... La vie.
6... L'envie.
5... Les choix.
4... Les changements.
3... Les rires.
2... La découverte
1... L'AMOUR!!!
Les mêmes mots. Toujours les mêmes mots.
Et si on essayait pour une fois de ne rien dire, de ne rien se promettre. De ne pas se dire qu'on va faire ci, qu'on va changer ça.
Si on essayait juste d'être.
Être ce qu'on peut. 
Pas toujours bon, parfois mauvais même.
Être.

C'est ce que j'ai envie de vous souhaiter pour 2016: SOYEZ!
Fou. Amoureux. Heureux. Triste. Drôle. Dingue. Là. 
Prenez la vague.
Quitte à vous la prendre en pleine tronche.
Mais... soyez!
On se relève. 
Toujours.
Pour cette nouvelle année je n'ai que la VIE à vous souhaiter.

Et Merci.
Merci d'être.
Merci d'avoir été.
Merci pour vos mots.
Merci...

Moi je vais continuer d'être. 
Être cette "Raconteuz" de tout et n'importe quoi.
Être ce boucan.
Être celle qui d'une anecdote t'en fait un roman.
Être Maman.
Mais pas que.
Être celle qui veut!
Tout.
Tout le temps.

Meilleurs voeux, tralala poüet poüet et pirouettes cacahuètes!

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30 décembre 2015

On the road...

En sortant du travail je ne rêve que d'une chose: retrouver la Chouette, pour les câlins fous doux du dodo...
Mais avant de pouvoir me lover dans son petit cou il faut que je traverse l'île. Et en ce moment traverser l'île c'est limite le Paris-Dakar.
Tout le monde est stressé, pressé, au taquet pied au plancher pour espérer gagner quoi? 10 secondes?
Le rétroviseur on n'y pense pas, le clignotant encore moins, téléphone à la main, clope au bec et vas-y que je balance mon mégot par la fenêtre!
Ça se grille les priorités, ça se klaxonne, ça ne se laisse pas passer.
On étouffe, on s'éclabousse de noms d'oiseaux, on veut aller vite, plus vite, toujours plus vite!
Depuis quelques jours j'essaie d'être encore plus à l'image de mon petit autocollant collé au cul de mon pare-choc défoncé: "la courtoisie moi je suis pour".

Je mets mon clignotant, partout, tout le temps. Je préviens d'un ralentissement avec mes feux de détresse, pour que le copain derrière ait le temps de ralentir.
Je ne double pas. Jamais.
Je laisse passer ceux qui tentent désespérément de s'engager sur la route principale.
Je ralentis en zone à risque, même si j'ai l'impression de connaître chaque virage, chaque nid de poule.
Et ce soir, ralentir m'a sauvé.
Un véhicule était à l'arrêt en haut du virage de Camaruche, tranquille Émile. Alors les pressés ont doublé. Ne se doutant pas qu'une jeune maman, après sa journée de travail, rêvait de retrouver sa bébé Chouette, pour les 10 secondes de bisous doux avant le dodo.
J'ai ralenti juste avant le virage, comme si j'avais senti.
6ème sens ou non, je ne saurais jamais.
J'ai peut être eu 10 secondes de moins sur les bisous-câlins-doux-fous du dodo, c'est certain.
Mais je suis certaine que ce soir, ralentir m'a sauvé.

Prenez le temps de respirer au volant... Ça change tout!

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25 décembre 2015

Mais pourquoiiii???

Ça c'est tout ce qui va repartir direct chez le Gros Barbu pour cause de "Mais pourquoi???? Pourquoi tu m'as encore ruiné mon réveillon??!"
Il y a 1 an j'étais seule face à mon bol de soupe à la maternité, à guetter cette merveille de Chouette qui roupillait...
Et hier soir, des huîtres, du Pouilly et un bon petit plat m'attendait mais... MAIS on a dû passer plus de 2h à calmer la bête. 
J'ai tout essayé: le nichon, le biberon, le tour du quartier en auto, le câlin sans fin, le doliprane...
À 23h elle a fini par tomber de fatigue.
J'avais plus faim, épuisée, vidée.
À 2 doigts de la refiler aux voisins.
Ça aurait été too much de la déposer au pied de leur sapin??!

Cette enfant a un problème avec Noël...
Et moi je ne risque plus jamais d'oublier les miens...

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24 décembre 2015

Le jour où je suis devenue lionne.

Ma merveille, ma fille, mon soleil.

Il y a un an tu étais encore bien au chaud dans mon bocal. Tu devais y rester encore quelques semaines mais à cause de la cholestase pourrie-moisie on a dû te forcer un peu (si peu) à pointer le bout de ton museau.
Non pas que j'étais hyper emballée par le déclenchement mais j'étais tellement impatiente de te rencontrer, qu'avancer LE grand jour de quelques semaines me mettait en joie. 

Tu étais à l'époque le bébé que tout le monde connaissait sous le petit nom de "poisson-clown", ni fille, ni garçon... "poisson-clown".
C'était doux, exotique et décalé, un peu de la petite fille que tu es devenue aujourd'hui.

Le matin du 23 Décembre à 8h00 on lance les hostilités.
Pas très agréable mais pas encore désagréable. Je sens doucement, tout doucement, que tu es en train d'ouvrir la voie pour le grand saut.
Je ne sais pas ce par quoi tu as dû passer pour trouver la route mais j'imagine que ça a dû être aussi éprouvant pour toi que pour moi.

Il est 18h00.
Ça fait déjà 10h que tu es en chemin.
Déjà 10h que mon corps se contracte toutes les 3 minutes.
10h que je marche, que je me roule sur un ballon, que je n'ai pas mangé ni bu. Mais je n'ai pas mal. Je suis surexcitée et je danse la lambada pour faire rire ton papa. Je sens qu'il a encore plus la trouille que moi...
10h que tu avances, à pas de loup, dans mes entrailles.
10h que ton petit coeur bat la chamade.
10h qu'on te secoue et qu'on tente de te montrer la route.
J'ai confiance en toi, je sais que tu vas y arriver, mais je ne peux malheureusement pas t'aider. Alors je pose mes mains sur mon ventre et je te parle. Je te promets que je prendrai la relève dès qu'il sera temps mais pour l'instant il n'y a que toi qui peut forcer mon corps à te laisser passer.

A force de monitoring et de contrôle, les sages femmes décident de ne pas te forcer plus, elles ne veulent pas réinjecter de produit, ce serait trop violent pour toi. Je le comprendrai plus tard, mais ces 10h de contractions t'ont épuisées, ton petit coeur fatigue. Tout le monde décide de laisser faire la nature.
Je retourne dans ma chambre, bien moins enjouée je dois te l'avouer. Je ne danse plus la lambada et moi aussi je commence à avoir la trouille...
J'ai faim, j'ai soif et je fatigue.
On me dit d'aller me reposer, et de revenir faire le point à 23h.
Il est 19h, je suis à peine à 2 et je ne pourrai prendre la relève que quand on sera à 10.
Tu as encore pas mal de route à faire bébé...

La douleur commence à monter, toujours supportable, mais plus pour très longtemps.
J'ai mangé un bol de soupe et je tente de ne plus penser à rien, j'aimerais dormir... et me réveiller avec toi dans mes bras.

Parce que oui, ça y est, j'en ai marre.
J'en ai marre qu'on me trifouille, marre d'écarter les guiboles à tout va, marre qu'on me décolle la membrane (sans me prévenir en plus! Hooooo mais vous faites quoi là??? Aïïïïïeeeeeuuu!!) j'en ai marre qu'on cherche à te toucher la tête, qu'on appuie sur mon ventre, marre qu'on me dise "Vous n'êtes qu'à 1... Vous n'êtes qu'à 1.5... Vous n'êtes qu'à 2..."
J'en ai marre, marre, MARRE!
De ces couloirs, marre du ballon, marre d'être enfermée là dedans.
J'en ai marre de la cholestase, marre de me gratter de la tête aux pieds, d'avoir la peau en feu.
Marre de ne plus dormir depuis des mois, marre d'être grosse et de faire pipi toutes les 5minutes.
Marre des nausées qui sont revenues, de passer mes journées seule enfermée entre 4 murs depuis bientôt 2 mois pendant que tout le monde continue de vivre dehors.
De ne pas être sur mon île. Marre de ne pas parler de la journée, de ne pas rire.
Marre d'avoir la trouille que la cholestase ait raison de toi, de devoir épier tes moindres mouvements. De répéter "je ne veux pas savoir le sexe!!!" avant une échographie en urgence.
Parce que je sais que dans l'urgence on s'en fout bien de me révéler ou non le secret sur ton identité. Mais je supplie qu'on me laisse au moins ça. Laissez-moi encore un bout de magie dans cette fin de grossesse pourrie-moisie.
Alors oui je suis super énervée, fatiguée, à bout de nerfs.
Alors oui, j'aimerais dormir... ne plus penser à rien, dormir et me réveiller avec toi dans mes bras.

Les larmes commencent à monter et PLOC!

Un coup de pied? De main ou de tête?
Je ne sais pas du tout dans quel sens tu es mais tu mets un coup. Un coup super fort et je me répands.
Ta façon à toi de me dire que je ne suis pas seule, que je ne serai plus jamais seule et qu'on forme une p*tain de team!
Yeah baby! Bravo!
Il est 21h48 et tu as éclatée la poche des eaux mon p'tit Poisson-Clown.
Je comprends de suite qu'on passe aux choses sérieuses.
En quelques minutes la douleur me terrasse. 
Une contraction c'est donc ça?
Laissez-moi 2 secondes, je vais mourir et je reviens...

Dans la réalité, je n'ai plus aucun contrôle, plus aucune dignité, plus aucune tenue.
Ne me parlez pas, ne me faites pas parler. Les mots ne serviraient à rien.
Je ne sais plus rien, je ne suis plus.
Je ne suis plus qu'animal. Lionne. Je deviens lionne. 
Je discerne vaguement qu'il faut que je marche, que je m'allonge, que je respire. Je tremble comme une feuille, mes dents claquent, j'ai froid. Ou chaud? Je ne sais pas.
Je ne vois plus personne. On me met sous un dérivé de morphine. On m'avait dit qu'un déclenchement faisait plus mal que si le travail commençait naturellement. Je n'ai aucun point de comparaison. Mais j'ai mal.
J'ai mal à en crever. Je me déchire.
La morphine me défonce en quelques secondes. Je ne sens plus rien. Je ne te sens plus.
J'arrive difficilement à avertir la sage femme qui me répond que c'est normal. Je lui fais confiance et je me laisse aller. J'ai dû divaguer 1 heure, perchée, loin. Si loin. Je me suis vue.
Au bout d'une heure la morphine n'a plus fait effet et la douleur est revenue. Encore plus vive qu'avant.
Je me tords, j'ai envie d'hurler, je n'ai même pas une minute de répit entre chaque contraction. 
Ça va vite, tu vas beaucoup trop vite.
On me demande si je veux la péridurale, maintenant, parce qu'après il sera trop tard.
Oui, je chuchote que OUI je la veux.
Me lever, il faut encore que je me lève, que je marche. Je me répands dans le couloir. Incapable de marcher, pliée en deux. Ces contractions ont ma peau. Je suis habitée. Je suis vulnérable.
Guerrière.
L'anesthésiste arrive, calmement, tranquillement. Il me réexplique ce qu'il va faire, ce qu'il faut que je fasse. Rester assise, courber le dos et ne pas bouger. Ne surtout pas bouger.

J'en suis incapable. Je me dis que je n'y arriverai jamais. Comment ne pas bouger quand tu crèves de douleur?
J'ai besoin d'aide, je n'y arriverai pas.
Une femme arrive, je ne l'avais pas encore vu, je ne sais pas qui elle est, son rôle, mais je lui demande de m'aider, de ne pas me lâcher.
C'est sur elle que je me courbe, que je me noie, ce sont ses mains que je broie. J'ai la tête dans sa poitrine et je pleure. Je pleure de douleur, je pleure de ne pas pouvoir bouger. Je pleure comme je l'aurais fait dans les bras de ma mère.
C'est une femme. Elle sait. Elle ne me lâche pas.

La péridurale aurait dû me soulager. Mais rien. Ça ne me fait rien. C'est trop tard.
Je pense, avec le recul, que la douleur était déjà trop inscrite.
Ma sage-femme arrive et me prévient qu'on est à 10. Je me souviens avoir ri. De peur.
Déjà? Déjà 10? Mais il est quel heure? Quel jour on est? Je suis perdue.
Elle me laisse quelques minutes et on va pouvoir y aller.
Je comprends qu'elle va revenir une fois qu'elle aura fait accoucher une autre future maman qui hurle dans la pièce d'à côté. Je suis terrorisée et ton papa l'est encore plus que moi.

Ça y est ma chérie, tu as réussi. Je n'ai encore rien fait et je sens déjà ta tête du bout des doigts.
Tu vas vite, tu veux sortir, tu veux naître.

Comme promis je prends le relais. C'est à mon tour.
La sage-femme revient, accompagnée de cette autre femme, celle sur qui j'avais pleuré tout à l'heure.
On baisse les lumières.
Le spectacle peut commencer.
Laisser monter la contraction.
Bloquer. Pousser. Souffler. Bloquer.
La douleur est encore pire, je vais mourir.
Je ne quitte pas des yeux cette femme.
Bloquer.
Elle me guide. Je ne vois plus qu'elle.
Pousser.
Ton papa est pourtant tout prêt de moi mais je ne le vois pas.
Souffler.
Je ne vois que cette femme à côté.
Bloquer.
Et j'entends la sage-femme qui m'encourage elle aussi, qui me dit que je suis forte.
Pousser.
Que je suis super.
Souffler.
Que tu es là.
Bloquer.
Juste là.
POUSSER.
Je me transforme.
Elle me dit "la tête est passée!!".
Elle me dit "On y retourne!!".
Et je vais puiser au plus profond de moi. C'est violent, enivrant.
Bloquer. Pousser. Souffler.
Je laisse sortir un râle. Le dernier souffle. Laissez-moi mourir.
Elle me dit "Prend-le, prend ton bébé. Sors-le"
Je glisse mes mains sous tes tout petits bras et d'un geste instinctif et animal je te sors de moi, je te fais naître. Je ne suis pas morte et tu es vivante.
Je te pose sur ma poitrine mais tu ne bouges pas. Pas un mouvement, pas un cri. Rien. Moi aussi je ne sens plus rien.
Ce fut trop violent pour toi mais je sais.
Je sais que tu vas le sortir ce cri. Je sais que tu es là.
Moi je ne m'inquiète pas, j'ai confiance mais je vois que la sage-femme s'active. Qu'il faut te stimuler. Elles te frictionnent toutes les deux, te secouent un peu. J'entends ton papa qui a peur.
Pourquoi? Pourquoi il ne crie pas?
C'est normal. Je dis "c'est normal". Elles te secouent encore.
Pourquoi?? Pourquoi il ne crie pas???
C'est rien, c'est normal, je sais.
Et enfin, après de longues secondes tu cries.
Ce cri de vie, je sais.
Ce cri de victoire, je savais.
On a réussi.

Tu es là et je ne sais toujours pas qui tu es. Fille? Garçon?
On se pose enfin la question.
La sage-femme me dit de regarder.
Je te soulève, je regarde et je comprends que tu es un p'tit pirate.
Ton papa regarde et il comprend que tu es un p'tit pirate.
Et la sage-femme nous regarde et comprend qu'on n'a pas regardé où il fallait.
Comme abrutis par ta naissance on regardait le cordon... Ce qu'on a pu être con.
Alors on regarde mieux et on comprend enfin que tu es une sirène. Et on se marre. Et on s'aime.
Notre Poisson-Clown est une sirène.
L.
Comme une évidence.
Comme Love U.
L. comme la douceur et la force.

En te donnant la vie je suis devenue lionne.
Ce 24 Décembre à 1h37 je suis devenue lionne.

1 an.
1 an que je ne sais plus du tout ce qu'était la vie sans toi.
1 an d'amour, de sourire, de bisous, de câlins fous.
1 an qu'on t'aime à en crever, qu'on se noie dans tes yeux. Grands yeux si malicieux.
Tu as changé nos vies ma chérie.
Tu es notre surprise, notre plus belle surprise. Notre plus belle aventure.
On se bat pour te donner le meilleur et on fera tout pour que la vie te soit douce.
Tu n'es pas née à l'époque la plus belle de notre monde, c'est certain. Ta première année sera à jamais marquée par ces atrocités dans notre pays mais aussi dans notre monde.
Mais t'avoir dans nos vies nous donne confiance. Toi et toutes ces nouvelles vies qui arrivent dans ce monde sont notre avenir.
Tu seras une enfant, une jeune fille, une jeune femme, une femme, LIBRE!
Libre de tes choix, libre d'aimer, de penser.
Tu ne seras pas Française, ni Antillaise, ni Européenne. Tu seras un tout. Tu seras une citoyenne du monde.
On te donnera les codes, les valeurs et on te laissera faire le reste.
Le respect, des autres et de toi même. La confiance, en l'autre et en toi même.
Et l'amour. Surtout l'amour.
Parce qu'au final il n'y a que ça ma chérie. L'amour.

Joyeux 1 an ma chouette. Joyeux jour ma zaza, ma zouzou, ma z'amour.
Happy toi ma chérie jolie. Mon bébé coeur. Mon bébé bonheur.

Je t'aime.
A la folie de la galaxie des étoiles.

Maman.

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23 décembre 2015

Santé Bonheur...

 

 

À cette heure ci l'année dernière je faisais moins la maligne et je ne risquais pas de siroter peinard...
21h48, la Chouette, qui n'était connu que sous le nom de Poisson-Clown éclatait d'un coup de nageoire la poche des eaux...
C'était le début de notre traversée.
Ma plus folle traversée.
Un peu plus tard dans la nuit, le 24 Décembre, j'allais devenir maman...
A toi, à nous ma Chouette...
💕

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22 décembre 2015

Encore un matin...

5h34: tétine.
5h52: tétine.
6h04: tétine!!!!!
Mais greffez luiiiii cette tétine b*rdel!!
Je déclenche l'ourson magique qui fait la musique du dodo, en vain, et je suis bonne pour avoir la mélodie pourrie dans la tête toute la journée.
6h06: je fais 3 caresses à Dinou, jouant à 2 cms de ma tronche, et je le supplie de "mais p*taiiin de b*rdel de c*iotte arrêêêête tu vas réveiller ta sœur!!!!
Pas manqué, La Chouette hurle et re la tétine et re la musique pourrie du dodo...
Elle gazouille intestinalement parlant et se rendort. Ouf...
Dinou lui, a décidé de me retourner la case. Excédée je le mets dehors.
Je dors... Il est 6h15.
Rêve-je? (Étrange à prononcer... rèvje? À vérifier) 
Rêve-je, disais-je... Ou bien une bagarre de chat minou d'une extrême violence se déroule dehors??
Ni une ni deux, je saute du lit en mode Ninja et je cours dans le zion pour aller sauver mon fils, qui oui, est tapi (carpet, vous noterez le jeu de mot bilingual pourri) qui est tapi donc, effrayé par un gros vilain sauvage. Le sauvage fuit (mauviette) et j'attrape Dinou par la peau du cou (et non je ne le fais pas rentrer d'un coup de pied au cul, même si je commence à être super vénère les fesses à l'air dans le jardin de bon matin...)
6h23: Dinou et la Chouette dorment...
Moi aussi allez DODOOOOO!
6h30: tunununut tunununut tunununut!!!!

Il y a des matins comme ça où mes 20 ans me manquent...
Où 6h30 était l'heure à laquelle je me couchais, un peu allumée et en joie...
Là il est 6h30 et à 10h au taf on va me dire: "houlaaa vous avez des petits yeux Soïzik, vous vous réveillez tout juste ou quoi?"

Sur ce...
Bonne journée à vous, je file, j'ai 2/3 trucs à faire avant d'aller au taf.

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12 décembre 2015

Zinzin du ciboulot...

Assise sur le canapé, buvant tranquillement un ti thé, ça tremble... Ho non pas ça!!
Ça tremble... Brrrrrrr....
Ça tremble de plus en plus!!!!
Accrochée à ma tasse j'ai hyper super d'la trouille, et n'ose bouger le petit doigt.
20 secondes plus tard ça tremble toujours! C'est hyper long 20 secondes.
Bouuuuh...
Mais ça ne s'arrêtera donc jamais?
40 secondes plus tard ça tremble encore...
Euh...maman z'aiiiii peur...
Je me décompose et fais un rapide tour d'horizon: (histoire de voir si quelque chose peut me tomber sur la tête, hormis le toit non, non je ne vois pas...) et je vois Dinou au bout du canap, en train de s'épouiller.
Et je comprends que c'est lui qui fait vibrer le dossier du canap...
Et je me dis, une fois de plus, que je suis vraiment zinzin marteau sifflée du ciboulot!

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