19 décembre 2013

Phuket Trip #Part 1# De St Barth à Phuket...

Le départ approche...

Plus qu'1 Dodo...  
1 dodo pour:  
Camoufler mes boutons et autres comédons.  
Me laver, crémer, démêler, lustrer la crinière. J'parle de mes cheveux hein...  
Me gommer, épiler, palper-rouler, hydrater, muscler, tonifier.
Mais de toute façon, j'aurais beau tenter de me faire la plus jolie du monde, après 48h de vol je vais devoir faire un sacré ravalement de façade pour être au top pour les retrouvailles...

1dodo pour:
Faire rentrer tout mon dressing et ma salle de bain (regroupé en petits flacons et échantillons parce que bagage à mains uniquement... genre si je pars avec une vraie valoche, à tout moment je serai revenue sur le caillou que ma valise arrivera tout juste à Phuket) dans ce si p'tit, si tout p'tit bagage à mains.  
Apprendre par cœur les numéros/compagnies/horaires des 5 avions que je dois prendre. Étant autiste des numéros ça devrait pas être trop compliqué...  
Fumer 3 paquets de clopes, parce que je ne vais pas pouvoir fumer pendant ces prochaines 48h.
Prendre l'apéro au Select avec les potos et couvrir de ronrons mon Dinou Des Ziles.
Hurler à la terre entière que dans 1 Dodo... dans 1 seul tout petit Dodo je m'envole pour PHUKET!!!!  
Haaaaaaa!!!!  
Mais dans 3 Dodos, dans 3 siiiiiiii longs Dodo à faire le tour du monde dans les airs, je retrouverai mon Marin, la tête à l'envers et les pieds sur mer!!!

Le matin du départ, c'est toute excitée et tourneboulée que je me pointe devant le comptoir de la Winair.
La dame du guichet ne me trouve pas, normal, je pars avec Commuter... ça commence bien... 
Boulet!

Zouuuu Bye Bye le caillou, Bye Bye les potos, première escale St Martin.

 

photo roger sbh

                                                        Go mon Roger!!!!!

Et zouuuuu deuxième escale New York!
Il fait un froid de gueux, un vent à décorner des boeufs.
Heureusement que je dois me taper un sprint pour réussir à avoir ma correspondance, ça a le mérite de me réchauffer un peu.
Une dame organisatrice de la queue de la douane voit mon agitation et me demande si je suis sur le prochain vol pour Helsinki.
Euh non Madam' moi j'vais à Hong Kong! Et je re décolle dans pas trop si longtemps alors si je pouvais éviter de faire la queue et si tu pouvais me faire passer vite vite vite...
Here we go Miss, follow me, quick, quick quick!!!
Je me retrouve en 2 secondes face au douanier Ricain (sûrement un pote au Douanier Rousseau celui là): il me demande où je vais, hallucine quand je lui dis que je vais à Hong Kong.
Me demande d'où je viens...
Et là... à l'annoncée de St barth il a les yeux qui s'illuminent. Il est fan du caillou, y est allé plein de fois et le voilà qui commence à me sortir tous les quartiers, hôtels, plage de l'île.
Me fait un dessin pour me montrer qu'il connaît bien la petite piste d'atterrissage... Mais il est vraiment nul son dessin.
Je rigole, mais pas trop pour ne pas le vexer et je commence sérieusement à m'impatienter, j'ai une connexion monsieur, I have to go...
Et là il me demande mon métier: Clown! I'm a clown sir...
Et zouuuu c'est partit pour des blaguounettes!!!
Il me fait limite poüet poüet sous les bras.
Me dit que lui aussi c'est un clown, qu'à St Barth il avait mis un maillot de bain blanc et qu'on voyait tout au travers, ça avait fait rire tout le monde sur la plage de St Jean et sa femme avait fait des photos pour en faire un calendrier et même que...
Euh.... Mec I really have to go!! Et je préfère pas t'imaginer le zguegue à l'air... Vraiment...
_Mais tu vas faire quoi à Hong Kong?
_Euh je reste pas à Hong Kong je continue sur Phuket.
_Tu vas faire quoi à Phuket?
Vas y mais c'est le FBI le mec ou quoi là??
Je voudrais pas qu'il me bloque l'entrée sur le territoire de sa Sainte Patrie alors je préfère illuminer mes yeux de mille feux, le sourire niais aux lèvres je lui dis qu'à Phuket je vais rejoindre mon Captain...
Le voilà qu'il se fout de ma gueule et de mon amour débordant... Gros con va.
_Wouaaw he's Captain? Houuuu!!!
What do you do to keep your Captain?
(Tu veux vraiment savoir mec??! Euh...)
Je préfère lui répondre que je fais la clown et que ça suffit pour faire fondre le Captain.
Et là il se marre, lève le poing style "We are the champions" et me lance un tonitruant "Goooo to Phuket Funny Clown!! Enjoy!
Clown... Captain...LOve... Life... Crazy liiiiife!

Je lève le poing aussi, à 2 doigts de lui claquer un "give me five buddy" je me retiens et cours, fonce, vole pour aller chopper ma connexion!
J'arrive pile à temps pour re-redécoller pour Vancouver.
A Vancouver, l'escale technique se passe sans même que je m'en rende compte, je ne fais que dormir comme une grosse patate.
Et zouuuuu je re-re-redécolle pour 16h de vol: direction Hong Kong.
Sur 16h j'ai dû dormir 13h.
Easy.

La course folle dans les couloirs du Terminal d'Hong Kong me tient en haleine. J'ai l'impression de participer à Pékin Express, sauf que j'ai pas un radis en poche, y'a pas d'équipe technique et j'ai pas de co-équipier.
Ma mission: trouver une smocking room et une connexion wifi coûte que coûte.
J'excelle en deux temps trois mouvements.
3 clopes et 30 minutes plus tard je fonce pour la mission "ravalement de façade".
Un coup de brossage de dents, de mascara, de poudre, de crème, de lingettes, de crayons, de cache boutons, de déo, de parfum...

J'enfourne mon legging et mon T-Shirt XXL et les bottines en moumoutes au fond de mon sac et j'enfile la ptite robe et les sandalettes qui vont bien.

Je crois que ça va, je suis potable.
Je sens bon c'est déjà ça et j'ai même pas trop de poches sous les yeux.

 

photo avant pdt après

Et Dieu créa le maquillage...

 

 

C'est bon, jsuis prête je peux re-re-re-redécoller pour la destination finale.

PHUKET.

Dans 4 heures je retrouverai mon Captain du bout du monde...
Et je crois que c'est pas la peine que je te raconte dans quel état émotionnel je me retrouve à l'atterrissage.
Mais d'accord, j'te raconte quand même.

J'suis comme une bombe à retardement.
J'ai des poussières d'étoiles qui jaillissent de mes yeux, un essaim de papillons dans le ventre, le cuicui des p'tits z'oiseaux qui sortent de ma bouche...
Je ne suis qu'amour et passion dévorante...
J'ai le coeur qui est en passe d'exploser...

Je double tout le monde à la douane, par chance le douanier Thaï ne me raconte pas sa vie et autres déboires avec sa femme ou ses destinations de vacances.
Mes yeux ne voient qu'une chose: EXIT!
La sortie. Sortir de là au plus vite.
Courir. Lui sauter dans les bras. Fondre et plonger. Sentir. Ressentir. Aimer...

Je prends 2 secondes pour respirer avant de passer de l'autre côté.
2 secondes pour savourer et pour garder en mémoire cet instant.

Je sors.

Il est là...
Tellement là...

(A suivre...)

 

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25 novembre 2013

L'amour a ses raisons que...

La liberté est-elle le pouvoir de tout faire?
Ça aurait pu être un bon sujet de philo à traiter en 4 heures.
Comme j'ai toujours eu un peu de mal avec la philo, j'ai préféré répondre à cette question en 1/4 de seconde.

OUI!

Bam, allez ça c'est fait, OUI!
Oui la liberté est le pouvoir de tout faire.
Tout!

Moi jm'en fous, j'fais c'qui me plaît, me plaîîîît, nous disait la mythique mais non moins indémodable Compagnie Créole.
On connaît la chanson...
Enfin "j'men fous j'fais c'qui m'plaît" dans la limite du raisonnable bien évidemment.
Hum...
Le raisonnable je sais pas très bien faire.
Beaucoup trop entière pour être dans le raisonnable.
Et puis "l'amour a ses raisons que la raison ne connaît point", nous disait notre cher Blaise Pascal.
Wouaw le ping-pong culturel!
J'te passe de la Compagnie Créole à Blaise Pascal en 2 secondes!

Nous y voilà!
L'Amour, la Liberté, Être Libre d'Aimer...

Bon, j'vais pas te faire une dissert' hein, et encore moins un dessin, tu vois bien de qui j'vais te parler.

Du Captain'.
Bah oui hein. Pffff...
Non parce que genre, il m'a vendu du rêve avec son tour du monde des Antilles, avec les dauphins, les tortues, les nav' et ma copine Dinghy et puis aussi les couchers de soleil et les grains et... ouais enfin tu peux lire l'aventure dans le détail par ici.
Donc oui, il m'a vendu du rêve et puis zou, il a ripé loin loin loiiiiiin!
Encore un peu plus loin même... partir plus loin que ça c'était limite pas possible.

Mais j'ai de la ressource moi!
J'suis une psychopathe! Le loin loin loin ça me fait pas peur!

Allez Captain' fait moi rêver, dis moi par où c'est-y qu'il faut que j'te retrouve?

Et steuplait, cette fois, si on pouvait éviter les zulus et les rivières de crocodiles au fin fond de l'Afrique du Sud comme l'année dernière, ça m'arrangerait. Et promis je me ramènerai pas avec des poux...
Alors?
Où?

Suspense...
Roulement de tambours...
Galipettes et Triple loots arrière...

Tadaaaaam!

PHUKET!

Ha ouais quand même??!
Euh... mais c'est que ça va pas être des masses pratique ça.
Non parce que la Thaïlande, c'est un peu complètement de l'autre côté de la planète quand tu es à St Barth!
Et moi l'avion j'aime pas très trop bien ça tu le sais.
Alors vas-y c'est quoi le circuit?!

Accroche toi, ça fait peur.

Le circuit c'est:
30h enfermée dans 5 avions de 3 compagnies différentes avec seulement 7h d'escale et 11h de décalage horaire dans ma face.
Soit un total de 48h de voyage.

Dans le détail ça donne ça:

Départ de St Barth en mode belle-et-fraîche: Bye Bye les potos, Ronron mon Dinou Fils, j'vous aime, vous allez me manquer mais le Captain... J'vais voir mon Captain quoi! HiHaaaa!
Arrivée à St Martin, j'ai 2h pour manger un bout, fumer quelques clopes, me dégourdir les guiboles.
Je redécolle pour New York (en 5h de vol) je suis toujours en mode belle-et-fraîche, et le manque de nicotine, je l'imagine, supportable.
Zou!
Dans ma tête c'est la nuit, je peux caler mon loup sur les yeux, enfiler les chaussettes moches et espérer dormir au re-redécollage de New York... mais non.
Puisque de New York je me fais une escale technique à Vancouver sans descendre de l'avion!
Non mais Roger, tu peux pas faire un plein d'essence digne de ce nom bordel?
T'es sûr que le New York - Phuket en direct c'est pas possible?!
J'pourrai au moins descendre fumer une 'tite clop' steup? Allez Roger!

Non bah Roger va faire de son mieux je l'espère, mais le New York - Phuket en direct c'est pas possible. 
Je sens que l'escale technique va me faire péter un plomb.
Je vais éventuellement réussir à me faire sortir de l'avion pour avoir agressé une hôtesse de l'air, ou parce que je serai allée fumer en scred' dans les chiottes...
Si je parviens à garder mon calme, de Vancouver et son escale technique, je re-re-redécolle pour 16h de vol, alors que moi je serai dans ce f*cking avion depuis déjà 4h30!
Je reste donc plus de 20h enfermée dans cet avion!!
L'horreur.
Rien que de l'imaginer, je suis en train de vriller et je fume clope sur clope en l'écrivant.
Roger, je t'en supplie, je t'en conjure, je t'en prie...
Assomme moi!!! 

Le voyage va continuer avec un petit atterrissage à Hong Kong.
Non mais Hong Kong les gars!
Je vais atterrir à Hong Kong en mode "ch'veux-gras-haleine-de-poney-cernes-noires-sous-les-yeux" genre je sais plus quelle heure, quel jour, ni quel pays je suis.
Mais faut voir le bon côté des choses, j'suis jamais allée à Hong Kong.
Et après quelques 3h à Hong Kong, je re-re-re-redécolle pour 4h de vol avant d'arriver, enfin, à Phuket.
En mode poussez-vous-je-veux-fuuuuumer-pousse-toi-lààà-dégage!-mais-bouge-c*nnard-ou-jte-fume!!-FUMER!!-Et-une-douuuche!-RAAAh-j'veux-une-douche-p*tain-de-bordel-de-chi*ttes-ta-m*re!-J'en-ai-marre-j'veux-fumer-me-laver-et-dormiiiiir-les-jambes-allongées!!!-Haaaaaaaaa!!!
Alors qu'il faudrait que je sois en mode belle-et-fraîche-cuicui-les-p'tits-zoiseaux-je-suis-si-douce-et-je-ne-suis-qu'amour-et-papillons-dans-les-yeux pour les retrouvailles de ouf malade avec mon Captain.

En parlant d'oiseau... mon p'tit voyage c'est 19265 kms à vol d'oiseau... une broutille.
Ha bah je sens que je vais bien rigoler moi.
Ha bah ouiiiii comment ça va être trop super génial!

Dois-je te rappeler que j'ai la chkoumoune dès qu'il s'agit de réserver un billet d'avion?!

Il y a eu la fois où je me suis pointée avec 1 mois d'avance sur ma réservation initiale, à l'aéroport de Quito... ce qui m'a valu de rester en zone de transit pendant 48 heures dans le terminal de Bogota, parce qu'à Quito la dame elle avait pas vu que j'étais arrivée avec un mois d'avance...
Mais la dame de Bogota, elle, elle l'avait bien vu! Je suis donc restée bloquée en zone de transit comme une cloch', sans un sou, à supplier toutes les dames des guichets de bien vouloir me laisser partir, en leur pleurant en espagnol que je n'étais rien qu'une truffe qui s'est plantée de mois en réservant son billet.
Un grand moment. 
Il y a aussi eu la fois où je suis arrivée de Bora Bora à Londres avec 1 jour de retard, parce que je n'avais pas vu/lu le petit +1jour à côté de l'heure d'arrivée, ce qui m'a valu de rester coincée à Londres (ayant perdu ma connexion pour Paris) pendant 1 semaine.
Encore une fois comme une cloch', sans un sou, à devoir pleurer sur Facebook un ami d'ami d'ami de bien vouloir m'heberger pendant 1 semaine.
Sans oublier la fois où j'ai voulu valider mon retour de St Martin à Paris en ne sachant pas si j'avais acheté mon billet en métropole, à St Barth, en agence ou encore sur internet, du coup je ne savais pas à qui m'adresser pour valider le retour et je n'étais même plus certaine de l'avoir acheté au final.
Cette histoire se passe par ici.
Et le meilleur pour la fin, que tu peux lire , ce retour de St Barth où j'ai dû faire passer mon Dinou Chat Fils en passager clandestin, suite à un "beug" informatique dans ma réservation...

Non mais Captain, comment tu veux que je m'en sorte avec tous ces changements, ces escales, ces décalages horaires?
A tout moment je vais arriver à Tombouctou au lieu de Phuket moi!!!

Mais aujourd'hui, grâce à un technicien de chez un super comparateur de vol liligo.fr je viens de valider mon billet en toute sécurité.
Non parce qu'avant de valider, il y a une fenêtre qui s'est ouverte et c'était écrit:
"Relisez calmement tous les détails de votre voyage avant de valider."
J'me suis calmée, j'ai bien tout relu et j'ai dis BANCO!

Banco je vais retrouver mon Captain à Phuket!!!
Banco je suis libre!
Je suis libre de pouvoir tout faire!
Tout!

Alors d'accord, j'ai eu 5 en Philo au Bac, mais j'suis sûre qu'aujourd'hui j'ai 20/20 en Vie!

Trêve de blabla, j'ai encore pas mal de trucs à faire...
Ha bah oui j't'ai pas dis.
Je pars jeudi!

J'peux crier là non?!

Haaaaaaaaaaaaaa!!!!!

Phuket! J'vais r'trouver mon Marin à Phuket!!!

photo marinero

 

 

(à suivre...)

 

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10 novembre 2013

10/11/1983 ... 10/11/2013

30 ans...
Le moment de regarder cette Minette bien droit dans les yeux et de lui dire que je suis fière de celle qu'elle est devenue.
Je n'aurais pourtant jamais cru qu'on en serait là aujourd'hui, je nous voyais plutôt du genre mariée, maman, propriétaire d'une maison...
J'ai envie d'te dire que sur ce coup là on s'est complètement planté Minette...
30 ans!
Je suis maman d'un Dinou Fils à 4 pattes, je vis en coloc', mon métier c'est Clown et j'ai un Marin dans la peau, à défaut du mari... Quelle vie!
Quelle putain de belle vie!!!
Accroche toi Minette, c'est que le début...
photo soiz pouce bébéphoto pouce moi 30 ans

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03 novembre 2013

À toi, Ô Saisonnier...

Il y a 1 an, j'avais osé te susurrer à toi, Ô Saisonnier voulant venir ici LA chose la plus importante à savoir avant d'acheter le sacro saint billet d'avion. Tu pourras lire mes précieux conseil ici, puisque si tu es là aujourd'hui c'est que tu ne m'avais certainement pas lu à l'époque.
En même temps qui suis-je pour t'interdire à toi, Ô Saisonnier de venir tenter ta chance au soleil?
C'est vrai, je suis une saisonnière moi aussi. Une de celles qui part et qui revient depuis quelques années et qui se sent chez elle sur le caillou.
Alors c'est vrai, je ne suis personne...
Le caillou est à tout le monde me diras tu!
Le plus important étant de savoir s'adapter à la vie du caillou.

Aujourd'hui, Saisonnier, Ô toi qui n'a pas écouté mon précieux conseil et qui vient d'arriver, je te souhaite la bienvenue sur l'île.
Je t'accueille à bras ouverts, je te fait la OLA, je fais des clap clap clap dans mes petites mains, je pousse des hiiiiiiiiiiiii!!!!
Comme ça tu ne pourras pas dire que je ne veux pas de toi ici.

Une fois la OLA, les clap clap clap et les petits hiiiiiiiiiiii passés, je vais pouvoir t'expliquer là où je veux en venir.

Je viens de revenir il y a 1 semaine sur le caillou, après avoir passé 2 mois à faire le tour du monde des Antilles à la voile (si ta connexion internet te le permet tu peux lire l'aventure ici) je suis donc rentrée il y a 1 semaine disais-je que déjà je te vois partout.
Comment t'ais-je reconnu me diras-tu?
Easy!

Tu es tout blanc, voir tout rouge si tu as eu le malheur de vouloir t'offrir un bronzage express en t'exposant de 12h à 14h à la plage...
Et au choix, tu es blanc à pois rouge, les moustiques t'ayant eux aussi souhaité la bienvenue...
Mais je n'oserai faire preuve de discrimination raciale, à chacun sa couleur de peau Saisonnier.

Il serait donc plus judicieux de ma part de te dire que je t'ai reconnu grâce à ta tenue, ne voulant être accusé de discrimination raciale.
Je t'ai donc reconnu grâce à ton marcel 2 tailles trop petit et à ton bermuda barriolé, le tout accompagné d'une jolie petite chaine en argent (c'est vrai quoi! la chaîne en or c'est has been, tu préfères donc celle en argent... vachement mieux... oui oui) et d'une splendide casquette.
Tu n'as, fort heureusement, pas succombé à la claquette-chaussette (à moins que tu sois d'origine allemande...) et tu préfères enfermer tes charmants petits petons dans une si belle petite paire de baskets blanches.
Je tiens juste à te préciser qu'ici les mecs portent des souliers pour, et seulement pour, aller clubber all night long.
Je ne tiens pas compte, bien évidemment, du soulier porté pour raison professionnel.
Et je doute fortement Saisonnier, que le fait d'aller à la plage t'oblige à porter ta si belle petite paire de baskets blanches.
Je t'invite donc à investir dans une paire de tongs, tes pieds te remercieront crois moi.
L'habit ne fait pas le moine, je te l'accorde.
Mais le moine que tu représentes me paraît un brin trop... comment dire... métrosexuel.
Un peu loin de l'image de l'aventurier que tu penses être pour tes amis et ta famille resté au pays, tu ne trouves pas?

Mais encore une fois je m'attaque à un sujet épineux...
On ne peut décemment pas juger quelqu'un sur sa tenue vestimentaire.
Mille excuse Saisonnier, c'est vraiment mesquin de ma part.

Je préfère donc t'avouer ce qui m'a vraiment permis de te reconnaître, et là on ne pourra pas m'accuser ni de discrimination ni de délit de faciès.
Je t'ai donc reconnu en te voyant arpenter l'île, une pile de CV sous le bras et l'autre bras agitant le pouce.
Rassure toi Saisonnier, ici, il y a du travail pour tout le monde. Le problème majeur n'étant pas le travail mais.... mais....
Vas y dis le Saisonnier! Dis le ce que c'est le problème majeur de St Barth! C'est???
TROUVER UNE CASE!
Et tu ne pourras pas dire que je ne t'avais pas prévenu!
Mais tu n'as voulu en faire qu'à ta tête, ce qui est très courageux de ta part j'avoue.
Sauf qu'aujourd'hui tu dors soit sur le canap' d'amis d'amis, soit sur la plage et ça Ouaaaais grave que ça fait aventurier le mec qui dort sur la plage!!! T'es un dur toi Saisonnier!

Encore une fois, rassure toi, tu vas bien finir par trouver. On finit tous par trouver et je te le souhaite de tout coeur.

Une fois la case trouvée, tu vas pouvoir respirer un peu.
Et pour respirer tu vas vouloir quoi??! Hein?
Bah tu vas vouloir aller fêter ça!
Ta si belle petite paire de baskets blanches aux pieds tu vas aller là où il faut être, The Place To Be. Pas la peine de te dire où c'est tu le sais déjà j'suis sûre.

Te voilà donc en boite de night à fêter le job et la case! Fêter ta nouvelle vie!!!! Ouiiiiiii!!!
Et là tu trouves la soirée trop "P*tain de Wouuuuaw", si "Complètement b*isééééé", vraiment "Haaaaaaa".
Le son à balle, la sueur, les cris, les vas-y-que-je-te-tripote-au-passage...
Mais c'est pas de ta faute Saisonnier, je sais, on est tous les uns sur les autres dans cette boite, alors forcément tu n'as pas eu le choix de mettre une main sur les fesses de la ptite blonde pour rejoindre le bar.
Personne ne t'en voudra, de toute façon la ptite blonde elle n'a rien senti, elle aussi elle fête sa nouvelle vie.
La boite de night donc... cet endroit où tu réalises qu'ici les ptites blondes, et même les grandes brunes, bah elles sont toutes à moitié à poiiiiiiil!
Wooouaw t'as vu ça Saisonnier!!!
Non mais c'est des baraques à frites les meuf iciiiiiii! OUF!

Et c'est là où j'espère que la ptite blonde de tout à l'heure n'était pas ton amoureuse, parce que tu vas vite te rendre compte que le mode baraque à frite va vite l'envahir elle aussi. Il est fort probable que ta ptite blonde se transforme en une espèce de p*tasse des bananas alors qu'avant d'arriver ici, elle était si douce et si calme et siiii pudique. Oublie la vite ta ptite blonde Saisonnier... de toute façon d'ici quelques mois tu ne la reconnaîtras plus du tout.
Pourquoi?
Parce que ta ptite blonde se sera fait prendre au jeu du plus fort.
Et c'est qui le plus fort ici? Tu ne le sais peut être pas encore, mais tu le pressens.
Je tiens donc à te le dire en toute honnêteté, ici le plus plus fort c'est l'Excès, le Trop, l'Abus.
Le tout réuni dans la 3ème lettre de l'alphabet: C.
Ne crois pas que tu seras plus fort que cette toute petite lettre de rien du tout. Beaucoup ont voulu jouer, peu on gagné.
Et autant tu n'as pas écouté mon précieux conseil avant de venir, autant j'espère de tout coeur que tu sauras prendre en compte cet avertissement.

Je le répète, je ne suis personne.
Je suis juste une saisonnière moi aussi. Mais une saisonnière qui a su s'adapter et se faire adopter.

Si tu m'as senti un brin révoltée, pinçante, voire piquante c'est parce que depuis seulement une semaine que je suis rentrée, je t'ai vu partout Ô toi Saisonnier, et le fait de déjà te voir alors que tu viens juste d'arriver me fait me poser la question suivante:
Es tu capable de t'adapter à la vie d'ici?

Parce que cette île a une histoire, histoire que tu pourras lire ici.
Elle a ses locaux, ses métros et ses portos.
Elle a tout ce qu'il faut pour y vivre heureux.
Elle a ses avantages et ses inconvénients certes.
Mais elle a surtout la tranquillité.

Et quand je dis tranquillité, je veux surtout mettre en avant la manière dont on vit ici.

On dit Bonjour, on dit Merci, on a le sourire.
On évite de se prendre pour Schumacher sur la route.
On ne laisse pas ses mégots et ses canettes de bières sur la plage.
On ne pense pas que toutes les nanas sont Open-Bar sous prétexte qu'elles sont à moitié à poil.
Et on ne se permet surtout pas de les siffler! Si tu commences à les siffler, t'as pas fini Saisonnier, parce qu'ici Oui les femmes sont libres de montrer leur cul sans se faire agresser. Pigé?!
Et ce n'est pas parce qu'on laisse nos cases ouvertes que tu peux te permettre de rentrer sans y être invité. Ce qui marche aussi pour les clés sur la voiture ou le scooter.
Quand on trouve quelque chose on fait en sorte de retrouver son propriétaire par le biais de la petite annonce ou la Police Territoriale.
Et surtout on évite de faire trop de bruit.
Parce qu'ici c'est tout petit et que tout le monde finit toujours par savoir tout, sur tout le monde.

Maintenant que tu as toutes les cartes en main, laisse moi te souhaiter une bonne saison, qui pourra être le début de longues années sur l'île...
Parce que tu vas très vite te rendre compte qu'ici peut devenir chez toi, n'oublie jamais que tu vis ici en étant de là bas...
 

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31 octobre 2013

Sailing Trip... #Ste Lucie ------> Grenade#

Forcément raconter en un seul mot je ne sais pas faire...
Alors Go! J'me lance!

On passe 2 jours au mouillage de l'anse des Pitons, à Ste Lucie.
Deux jours rien qu'à snorkeller, lire, bronzer, dormir...
Et c'est juste comme si c'était le paradis. Je commence juste à réaliser la chance que j'ai. Jusqu'ici je réalisais hein, mais je réalisais surtout la trouille que j'avais en nav'.
Maintenant je te l'ai dis, j'suis un vrai marin!
L'eau est turquoise, le paysage est magnifique, il fait chaud... et s'il fait trop chaud j'ai juste à sauter du bateau pour aller faire trempette...
J'ai cette chance incroyable de faire le tour du monde des Antilles à la voile bordel!
J'ai la chance de découvrir la mer, de me prendre au jeu du marin ayant traversé les océans qui voit pour la première fois un bout de terre...
Cette chance inouïe d'avoir rencontré le Captain' prêt à apporter une corde de plus à mon arc, prêt à transformer son bateau pour y accueillir une doudou à bord, un Captain' qui n'a pas voulu me jeter aux requins au premier de mes coups de folie... et ça c'était quand même pas gagné.

                                                                               

                                                                       

IMG_1838

                                                L'anse des Pitons

 

Le tour du monde des Antilles continue à un rythme un peu plus accéléré.
Jusqu'ici on a prit le temps mais il ne nous reste que 15 jours pour rejoindre Trinidad, là où on doit laisser le bateau en chantier pour l'hiver.
Les îles paradisiaques s'enchaînent: Bequia, Moustique, Mayreau, les Tobago Cays, Union.
Et puis Cariacou, Petite Martinique pour finir avec Grenade.

15 jours à ne pas voir le temps passer, 15 jours de pur bonheur, d'amour et de belles rencontres.

On passe quelques jours à Bequia à marcher dans le zion.
Alors d'accord on marche sous un cagnard de malade, les chemins sont escarpés et bien souvent on part sans trop savoir où on va. Mais c'est comme ça qu'on se retrouve sur des plages désertes.
Rien que nous, la mer, le soleil et la course folle jusqu'à la baignade salvatrice, les fesses à l'air.
J'ai l'impression d'avoir 4ans et je donnerai tout pour avoir une pelle et un râteau pour faire des châteaux de sable.

 

 

Bequia

                           La découverte d'une plage déserte à Bequia

 

Après Bequia, on met les voiles sur Moustique.
Moustique c'est l'ile aux milliardaires, où tu dois être copain avec le chef des milliardaires pour pouvoir acheter ou construire ton 'ti paradis.
Pour nous, pas besoin d'être copain avec les blindés pour siroter un planteur face au coucher du soleil, les rayons faisant briller toutes ses belles villas du bord de mer...
C'est gratuit la mer! Enfin, en l'ocurrence à Moustique c'est pas si gratuit la mer. La nuit au mouillage coûte l'équivalent d'une dizaine de planteurs, soit près de 70€.
Le Captain' décide de mettre les voiles au petit jour avant que l'on vienne nous réclamer nos deniers.

 

Sunset Moustique

                                        Coucher de soleil sur Moustique

 

Cap sur Mayreau Moussaillon!

On se fait accueillir dès 8h du matin sur la plage par tous les Rastas du coin, les "Bless up", les "Jah love", les "respect"...
Rien que des sourires et du gros son dans les cases.
Et contrairement aux Antilles Françaises où je n'étais qu'un joli bout de viande, ici, dans les Antilles Anglaises, je peux sortir sans créer l'émeute. Pour eux, je suis la "sister" et non plus la "blanche".
Après avoir fait le plein de mangues et de maracujas on ripe sur les Tobago Cays.

 

Mayreau

                                                      Plage de Mayreau

 

Les Tobago Cays c'est de l'eau transparente, des îlots déserts, des spots de snorkelling.
Pour la première fois je retrouve les couleurs de la Polynésie.
Et comme en Polynésie, quand tu arrives dans le lagon il y a les patates, très peu d'eau sous la quille et les bouées des pêcheurs.
Le Captain' à la barre, moi à l'avant pour le guider.
Ma mission est la suivante: juger à l'oeil nu et en fonction de la couleur de l'eau si il y a des patates histoire de pas éclater la coque. On a pourtant un sondeur, outil très pratique qui est chargé de calculer combien on a d'eau sous la quille mais là on est entouré de patates... Donc on sait déjà qu'on a à peine 1m d'eau sous la quille... Ha bordel j'ai peur!

Mon problème majeur étant le suivant: je suis astigmate ET myope...

_"Vas y ça passe Captain'! Attends non merde j'suis pas sûre!!! Arrête le bateau Captain' j'crois pas que ça passe en fait...
_ Hey moussaillon, décide toi! Ça passe ou ça passe pas?! T'as toujours 1mètre à vue d'oeil?
_ Euh... ça fait quoi 1mètre sous l'eau? 
_ 1 mètre ça fait 1 mètre moussaillon!
_ On doit être bon alors, vas y ça passe!
_ T'es sûre?
_ Euh... Mais vas y arrête Captain' tu me fais douter là bordel! Oui ça passe!!!! Attend noooon STOOOOOP!!!

On a frôlé la catastrophe mais finalement c'est passé.
C'est tout bon Captain', on peut respirer!
Balance l'ancre et zou! A l'eauuuuuuuuu!

 

Les Tobagos Cays

              Tu te lèves le matin et tu vois ça par la fenêtre...

 

Comme je te le disais, les îles paradisiaques se suivent et ne se ressemblent pas.

Nous débarquons à Union.
Et c'est à Union qu'on se retrouvera au milieu des montagnes, lors d'une de nos randonnées sous le cagnard, nez à naseaux avec d'énormes taureaux, ça change des petits poissons des Tobagos!
A Union toujours qu'on se fera courser par 2 gros rotweillers!
C'est forcément quand je n'ai plus la trouille en mer qu'il m'arrive des gros coups de trouille à terre.

captain vs taureau

          Captain' VS Taureau... and the winner is... Le Captain'!
          Perso, je suis restée loin loin... j'avais une robe rouge!

 

C'est avec nos 2 jambes et nos 2 bras que nous filons sur Cariacou.
Ça sent de plus en plus la fin de l'aventure...
Je commence à avoir trop de tristesse dans le coeur.
J'veux plus rentrer!
J'veux rester là, ici ou ailleurs peu m'importe, mais je veux pas quitter le bateau.
Je veux pas aller dormir dans un lit, je veux pas prendre une douche dans une salle de bain, je veux pas ouvrir et fermer des portes!
J'veux continuer à me laisser porter par le vent, j'veux continuer à voir les étoiles par le hublot avant de dormir.
Vivre dehors, sentir, découvrir, rêver!
Non parce que c'est tellement plus magique une vie sur l'eau.

J'crois bien que j'suis piquée, j'suis foutue.
Mais comment ne pas l'être?

 

sunset Cariacou

                                                Sunset à Cariacou

 

 

sky

                                                  Love is in the air

 

 

Il est temps de quitter Cariacou et de rejoindre Grenade.
Finalement c'est à Grenade que nous laisserons le bateau en chantier.

La dernière nav', les dernières manoeuvres.
Les dernières rencontres à l'heure de l'apéro, les dernières soirées à refaire le monde.
Le dernier dodo à bord, pour passer le dernier dodo toujours à bord mais à terre...
Le dernier voyage avec ma copine Dinghy.
L'ultime câlin à Ophir.
Merci à vous 2 de nous avoir fait vivre cette belle aventure sans embûche, BIG UP les boat!
Grâce à vous on n'a ni coulé, ni démâté, ni chaviré.
Grâce à vous je viens de faire le tour du monde des Antilles!!!
Vous allez tellement me manquer...

 

Ophir

           Ophir, parti faire un gros dodo à terre pour l'hiver

 

 

Ma copine Dinghy

                                               Ma copine Dinghy

 

Et je ne pourrai clôturer cette belle aventure sans le remercier lui...
Mon Captain'...

 

 

love

                                       On repart quand tu veux...

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30 octobre 2013

Racontera? Racontera pas?

Pour toi qui me suis sur FACEBOOK tu sais trèèèès bien que le Sailing Trip est terminé depuis déjà 2 mois...
Mais alors pourquoi n'ai-je pas raconté la suite et fin depuis le temps?!

Non mais c'est vrai dis La Raconteuz, tu fais caca dans la glue sur ce coup là!!
Pourquoi tu racontes pas???!

Oui, oui, oui... Mea culpa...
Pour une fois, j'ai pris le temps de vivre l'expérience pour moi et moi seule, en me disant que j'allais raconter plus tard.

J'ai tenté de poster en mode rétroactif, mais là je n'y arrive plus très trop bien...
Parce que je suis rentrée depuis déjà siiii longtemps, que depuis le temps il s'est passé mille trucs et que je ne sais même plus par où continuer.

Du coup tu ne comprends plus pourquoi je suis sur le point d'arriver à Ste Lucie dans mon ancien article, et qu'entre temps je suis aussi allée en métropole... alors que je ne suis actuellement ni à Ste Lucie et encore moins en Métropole!
Euh j'avoue que moi aussi je m'y perds un peu, je ne sais plus trop où je suis en fait...
Ce qui est sûr c'est que j'y suis et que j'y suis bien!

J'ai 2 solutions:
Soit je te raconte de St Lucie à Grenade en 1 mot: "wouawputaindesagrandmèreletripdeoufcetourdumondedesantillesàlavoile"
Soit je te raconterai plus tard au risque de ne plus savoir quoi raconter...

Dilemme...

La nuit portant conseil, je déciderai demain si je te raconte... ou pas...

Mais je tenais quand même à te remercier d'être resté fidèle, cher toi, où que tu sois...
Parce que bordel, t'imagine bien que j'ai encore des tas d'histoires de ouf malade à te raconter!

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08 septembre 2013

Le Clandestin, la Résistante et la Mule...

Après ces 2 mois à me la péter en mode tour du monde de la Caraïbe (que je vais te raconter promis) il était temps de rentrer au pays.
Et rentrer au pays c’est toujours une expédition.
Mais comme je suis quelqu’un de bien "organisée" ça ne devait pas trop poser de problème.
Dinou et moi-même sommes en transit à St Martin, accompagnés du Captain’, qui lui aussi rentre au pays mais pas dans le même avion que le mien…
Comment ça on n’est pas organisés???
Le Captain’ a bien tout retenu mes dates de retour pour prendre son billet en fonction du mien, mais n’ayant pas précisé que Dinou et moi étions pauvres, le Captain’ a réservé son retour sur la compagnie des riches… C’est con!
Bon, au moins on part le même jour, c’est déjà ça.
Les bisous, les tu vas me manquer, les fais bien attention à toi, allez on se retrouve demain à Paris mon chat.

Le Captain’ embarque tandis que moi je pars m’enregistrer.

_ Hi M’dam, this my passeport, this is Dinou’s passeport… hop hop hop vas y donne-moi la carte d’embarquement que j’aille vite faire une razzia au rayon magazine de pouf’ (la seule occupation qui me calme un tantinet en avion…)

Hop hop hop, M’dam prend ma valoche (qui ne dépasse pas les 23kgs ouiiiiiiii !) me sort ma carte d’embarquement et me demande d’aller régler à un autre guichet les 75$ pour Dinou, tout en flattant ledit Dinou au sujet de son si beauuu poil et de ses siiiiii beaux yeux, et de revenir la voir avec le p’tit papier qui dit que j’ai bien payé.
OK M’dam, j’y vais. J’y cours. J’y vole! Hihaaaaa!

Mon enthousiasme s’arrête net à l’autre guichet, où je fracasse ma joie de vivre face à une autre M’dam qui ne voit pas une seule seconde la beauté de mon Fils.
En fait elle ne le voit pas du tout mon Fils.
Elle ne le voit surtout pas enregistré sur ma réservation…

C’est là où le cauchemar commence.

What the Fuck ??? What the putain de fucking Fuck ???!
Comment ça Dinou il est pas enregistré ?
Comment est-ce possible ayant répété 1000fois à la personne chargée de ma réservation de ne surtout oh non surtouuut pas oublier d’ajouter Dinou à mon billet !

Nous voilà donc, Dinou et moi, bloqué à St Martin, face à une M'dam pas aimable pour un sous qui nous dirige vers le Big Boss de l'enregistrement.
Dans la famille Galèrien je voudrais la Mère et le Fils.... BONNE PIOCHE!
Le Big Boss de l'enregistrement n'est pas plus aimable et ne veut rien entendre.
Normal, lui n’y est absolument pour rien dans l’histoire et a des consignes à respecter.
Et ces consignes lui interdisent de prendre plus de 8 animaux en cabine, le quota étant atteint il n’a que 3 options à me proposer:

1 : racheter un billet d’avion pour Dinou et moi, pour le lendemain.
Genre tu crois que si j’avais les moyens de faire ça Monsieur, je me casserai le c** à voyager en classe « pauvre » ?
2 : aller acheter une caisse rigide et laisser Dinou en soute.
L’option numéro 2 étant complètement inenvisageable à mes yeux, je lui demande, le menton tremblant, l’option numéro 3.
Option numéro 3 qui est la suivante.
3 : il n’y a pas d’autre option. Je ne peux rien faire pour vous Mademoiselle.

Du menton qui tremble, je passe assez rapidement à la grosse crise de larmes, avec la voix qui part dans les aigus dès que je tente de le supplier de me laisser partir avec Dinou, en passant par les sanglots écorchés, les gémissements du fin fond de mes tripes et de mon regard de cocker au bord du suicide.

J’avoue que je suis dans un état second, à tel point que je ne me rends absolument pas compte que tous les gens qui font la queue pour enregistrer me voient me décomposer à petit feu.
Il y a même un élan de solidarité envers nous.
_ Mais Monsieur, voyez dans quel état se met cette pauvre jeune femme… Et regardez ce si beau matou… Vous ne pouvez pas faire ça !
_ Enfin Monsieur… un peu de compassion. Laissez les passer que diable.
_ Ouais putain c’est vrai quoi M’ssieur, elle saoule personne avec son chat !!!
_ Ha non mais moi j’appelle la SPA direct’, vous n’avez pas le droit de la forcer à abandonner son animal !!! Je crie au scandale !!!

Le Monsieur me dit d’attendre sur le p’tit banc là-bas au fond, il ne me promet rien mais il va faire son maximum. Il viendra me chercher à la fin de l’enregistrement.
Je le soupçonne de vouloir m’éloigner de la file histoire de calmer la tension qui s’est installée dans les rangs, depuis déjà plus de 30 minutes.
Je pars rejoindre le p’tit banc, portant toute la misère du monde sous un bras et Dinou sous l’autre…

Sauf que moi j’aime pas attendre. Je sais pas attendre moi. Attendre dans mon coin et pleurer toutes les larmes de mon corps c’est pas mon truc.
Entre 2 kleenex je me rends compte que j’ai ma carte d’embarquement (la 1ère M’dame me l’avait faite avant de savoir la suite de l’histoire.) J’ai donc ma carte d'embarquement, mon passeport et ma valise est enregistrée…
Un tilt cérébral prend le dessus sur les larmes et BAM !
Je regarde mon Dinou bien droit dans les yeux, je nous souhaite bonne chance et je décide de passer en zone d’embarquement sans l’accord du Big Boss de l’enregistrement.
Que ce soit à la zone des douanes où à celles des rayons X, là-bas personne n’est censé savoir que je voyage avec un chat clandestin.
Le problème va se poser à l’embarquement, où bien évidemment ce sera toutes les hôtesses et le Big Boss de l’enregistrement qui vont nous faire monter dans l’avion.

Je mets au point un plan A, qui n’a pas de plan B, puisqu’il est hors de question que j’abandonne mon fils et encore moins qu’on ne parte pas !

Je sèche mes larmes et pars à la recherche d’une mule.
Loin de la mule prête à faire passer des kilos de drogue dans son estomac contre pas mal d’argent, juste une mule prête à monter dans l’avion en réussissant à planquer un sac à fleurs de 70cms de long pour 40cms de large, sur son dos…
Je trouve vite la mule, en la personne de « Chacha » (une mule prédestinée à faire passer mon Chat Fils)

Une Résistante, voyageant elle-même avec son mini chien clandestin, se porte volontaire pour faire le transfert, sous les yeux du Big Boss de l’enregistrement qui n’a pas idée de ce qu’une mère est capable de faire pour son fils.

La mission est loin d’être gagnée puisque 5 minutes après le transfert le tant attendu :
_ Mlle P. Soïzik est priée de se rapprocher du comptoir A3… Mlle P.

J’enfile mon masque de désespoir et je me prépare à lui sortir un bon gros bobard.
Voilà ce que ça donne :
_ Bon alors… Il est où le chat ?
_ Le chat ? Bah (snif) je l’ai laissé à une dame mon chat, (snif) une amie va venir de St Barth le récupérer et elle (sniiiif) elle me le ramènera la semaine prochaine en métropooooole (bouuuuh sniiiif)…
_ Mais Mademoiselle, je vous avais dit de m’attendre ! J’ai eu le commandant de bord, il était d’accord pour que vous le gardiez avec vous… Raaaah…

Haaaa p*tain de m*rde !! J’en ai trop fait pour lui dire que non j’ai menti, que Dinou est planqué sur le dos d’une mule, que je comptais le faire passer en passager clandestin ; qu’une résistante m’avait aidé… que…
Oh et puis m*rde ! Je continue mon cinoche et je repars, sniffant tout ce que je peux.

Je file dare dare informer la mule que Dinou peut être là mais que du coup bah toujours pas…
Et là… Bah la mule se braque. J’aurais dû dire la vérité. Elle ne veut plus passer le sac.
2 secondes de réflexion et zou je retourne voir le Big Boss de l’enregistrement et je lui fais la totale :

_ Haaaaaa Monsieur !!! Je viens d’avoir la dame et bah elle est d’accord pour me ramener Dinou et me le faire monter en zone d’embarquement par quelqu’un ! D’accord Monsieur ? C’est d’accord ? Hein diiiiis ?
_ Hum hum (genre prend moi pour un jambon…) oui oui bien sûr, allez le « récupérer » votre chat. Ça fera 75$.

Je dégaine la carte bleue, je cours récupérer mon chat, je pars fumer la dernière clope et yallaaaaah c'est partit mon kiki!!!

Et c'est une fois arrivée dans l'avion que je me suis rendue compte que je n'avais pas acheté de magazine de pouf'...
Ok bah jsuis bonne pour flipper pendant 8H30... Haaaaaa! Chier!!!!

J'ai flippé, j'ai mangé, j'ai flippé et j'suis tombée de fatigue, avec toutes ces émotions je n'avais plus assez de force pour flipper...

Le vol s'est relativement bien passé, comparé à celui-ci. Roger a géré, Dinou aussi.
On est finalement arrivé au pays, ravis et frigorifiés...
C'est partit pour 1 mois et demi de "P*taiiiiin mais j'ai froiiiiiiiid sa grand mèèèèèreuh!" emmitouflée dans des pulls, écharpes, chaussettes sous une grosse couette...

Mais on est au pays... et ça... ça me réchauffe le coeur!

 

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08 août 2013

Sailing Trip... #l'accueil à l'antillaise#

Nous voilà donc en Martinique...
Je suis encore sous le coup de l'émotion du gros vilain grain, mais j'm'en fous ayè j'suis marin.
Et quand t'es marin et que tu arrives à terre après des jours de traversée tu rêves que d'une chose c'est d'aller siroter une bière bien fraîche et d'engloutir une côte de boeuf.
Oui, d'accord, nous on a passé que quelques heures en mer mais on est quand même morts de soif et de faim.
Vas y ça creuse d'enrouler hein...
C'est comme ça qu'on se retrouve à engloutir un jambon beurre accompagné d'un p'tit verre de rouge dans un bistrot Alsacien... un peu loin du boudin antillais et du ti punch mais on a trouvé que ça d'ouvert.
Je ne vais pas te faire le menu détail de nos folles dégustations Martiniquaises, le jambon beurre et le verre de rouge n'étant pas particulièrement exotiques.
Mais passons au côté culturel...
Parce que Ô oui d'un point de vue culturel la Martinique est sensationnelle!
Ce que je retiens en particulier est l'hospitalité des Martiniquais...
Houla oui ils ont l'air ravi de nous accueillir.
Enfin ils ont surtout l'air ravi de m'accueillir moi... et ils n'hésitent pas à me le faire savoir dès que je suis seule à terre, j'crois qu'accueillir le Captain' ils s'en foutent un peu les Martiniquais.
Honnêtement c'est la folie!
Je ne peux pas mettre le nez dehors sans me faire siffler, accoster, suivre, draguer... même si je ne pense pas que ce soit mon nez qu'ils veulent accueillir.
J'avoue ça a un côté plaisant.
Le genre d'instant de gloire que j'attendais quand j'étais au collège.
Non parce qu'au collège j'étais la moche au gros c*l.
J'étais la drôle, la grande gueule, la pote des mecs mais pas leur amoureuse parce que trop gros c*l. Et les garçons au collège ils aimaient pas les gros c*l.
Et bizarrement le côté "gros c*l" aux Antilles n'est pas du tout accueilli comme en métropole.
Haaaa bordel mon adolescence aurait été si différente si j'avais grandi aux Antilles!

Non mais honnêtement... les Antilles c'est juste l'endroit où tu peux croire que t'es la plus siiiii belle du monde entier.
Et j'y ai cru.
Mais au bout de quelques jours de sifflage-accostage-suivage-draguage j'ai commencé à être saoulé.
Non mais c'est vrai m*rde j'suis pas un bout de viande les gars! J'ai aussi un cerveau, dit-elle dans son pumpum short. 
Genre hyper crédible.
Mais je vais quand même pas me mettre une burka pour être peinard. Si?!

Dans le genre ravi de m'accueillir il y a eu l'agent de sécurité à la superette qui, une fois le Captain parti peser les bananes, en a profité pour me sauter dessus. Sur le coup j'ai cru que j'avais volé un truc sans m'en rendre compte (j'suis pourtant pas clépto... parano oui mais pas clépto) mais non, l'agent de sécu voulait juste me dire à quel point j'étais siiiiiii wouaw et mon sourire... hooouuu! et mes yeux... pffff... et...
Non mais arrête toi mec, le Captain' il va revenir avec les bananes et je ne pense pas qu'il apprécie outre mesure le fait que tu sois siiii proche de moi! Dégage de là et retourne travailler!
Il y a aussi eu le mec dans la rue qui me sort un libidineux: "huuum sympa ta petite tenue..."
Alors que ce jour là j'avais mis un pantalon exprès pour pas me faire emmerdé.
Il continue avec :"huuuum encore plus sympa de dos ta petite tenue..."
Un jean's! Je porte un jean's, il fait 45° à l'ombre et je meurs dans mon jean's!!! Y'a rien de "huuuum" dans un jean's bordel!!! Vicelard!
Le truc un peu plus délicat avec celui là, c'est quand le Captain' a voulu me traîner dans le shipchandler tenu par ledit vicelard. Une fois arrivé à la caisse il lui demande si il a un compte ici.
_Euh bah non on n'a pas de compte ici pourquoi?
_Donc tu n'as pas les 10%?
_Non effectivement je n'ai pas les 10% mais si tu veux me les faire hésite pas!
_Justement j'allais te les faire... parce que j'ai fais une réflexion désobligeante à ta doudou tout à l'heure mais euh... je savais pas qu'elle était pas seule... donc... euh... bah 10% quoi!

10%??! Je vaux que -10%??! Vas y mais c'est nuuuul!

Mais la palme de l'accueil et l'hospitalité revient à 3 Martiniquais.
Je traverse le village, après avoir fait 4kms sous le cagnard.
Je meurs de chaud, je suis chargée comme une mule, les courses sur le dos. Je transpire comme une vache, je suis rouge comme une tomate et j'ai les cheveux ébouriffés d'une folle...
Ouais c'est ça, je suis une vache folle rouge! Hyper Glamour.
Et qu'entends-je? Des sifflements.
Les sifflements du genre "fu hou fu" qui me rendent dingue dingue dingue!
Je tourne violemment la tête en direction de ces sifflements, j'suis en mode vénère les mecs, et depuis une semaine que je me fais traiter comme un bout de viande, là c'en est trop je craaaaque!

QUOI!!? QUOIIII FUHOUFU??! C'est quoi votre problème les gars???!

Bon, bah je n'ai pas eu le temps de rétorquer tellement j'ai halluciné en voyant les fuhoufeurs: 3 papis antillais, assis sur un banc, qui me sifflent, la canne entre les jambes!
Quand je dis "canne" je parle de la vraie canne hein, la canne pour marcher quoi. Tout ça pour te donner une idée de leur âge. Peut être qu'ils ont du mal à marcher les papis mais toujours l'oeil hagard.
J'avoue, j'ai éclaté de rire et je leur ai offert à tous les 3 mon plus beau sourire.

Mais sinon la Martinique c'est chouette hein. D'ailleurs si tu te sens un peu moche en ce moment je te conseille d'aller y passer quelques jours... Tu en repartiras avec un égo gonflé à bloc.

Hormis l'accueil très démonstratif des Martiniquais, il y a la beauté des Anses d'Arlet et ses tortues, le calme de St Anne et le cachot de Louis-Auguste Cyparis à St Pierre.
Pour la petite histoire, Cyparis fut le seul rescapé lors de l'éruption de la montagne Pelée en 1902.
Comment s'en est-il sorti alors que tous les habitants de St Pierre (près de 30000 morts) se sont retrouvés piégés par les écoulements de lave?
Et bien Cyparis a eu la "chance" d'être au cachot. L'épaisseur des murs et l'isolement lui ont sauvé la vie.

Pour nous il y a aussi eu les quelques jours de chantiers au Marin pour réparer les réservoirs d'eau douce et le thermostat du frigo.
Ouiiiiiiiiiiii on a de l'eau à bord!!!! Ouiiiiiiiiiii on peut aussi avoir de l'eau fraîche à bord!!!
On profite de ces quelques jours à quai pour retrouver de vieux amis du Captain'.
Les soirées à se raconter de vieilles histoires, à refaire le monde autour d'un verre, à parler des destinations futures. J'ai pas grand chose à raconter moi alors j'écoute.
Non parce que ok j'suis devenue un vrai p'tit marin mais j'ai encore pas beaucoup de miles au compteur...

Allez Captain' il serait peut être temps de riper là non? J'veux faire de la mer moi!
Prochaine escale, Ste Lucie!!!

 

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03 août 2013

Sailing Trip... #La Martinique#

Ça va faire 1mois qu'on est parti et j'crois que je suis en train de devenir un vrai marin!
Je sais ce qu'est une écoute, une drisse, un génois, un spi, une trinquette.
Je sais si on est au près, au près serré, au portant ou encore en vent arrière.
Je ne me prends plus les pieds dans le chariot, et je ne me cogne plus aux coins de table au moindre petit roulis.
Et même que j'arrive à faire la cuisine en nav'!
Enfin quand je dis "cuisine" je parle juste d'une bonne plâtrée de pâtes qui tient au bide hein...
Un jour dans un élan de confiance en moi, je me suis lancée dans une petite salade de crudités, avec les petites herbes qui vont bien, la délicieuse vinaigrette et tout le tintouin... je pose les saladiers sur la table, à peine le temps de me retourner qu'on s'est mis à gîter et que toute la bouf à foutue le camp.

_Heuuu Captain'? J'ai fait une p'tite connerie là... Non rien de grave, j'ai juste tagué les banquettes et le plancher d'un bol entier de vinaigrette... J'ai pas mis les quoi??! Les sets antidérapants?! Ha... qu'est ce que c'est?? 

Il y a aussi eu le jour où je me suis ramassée une casserole d'eau bouillante sur les guiboles, c'est ce jour là que j'ai compris qu'il fallait débloquer le cardant de la gazinière quand on est en nav'.

_Haaaaaaa bordeeeeel ça bruuuuuuule!!! Et m*rde! P*tain de b*rdel de m*rde de bateau qui bouuuuge sa r*****ce!!
_Ça va Moussaillon?! Tu vas bien?
_Super! Je vais SUPER bien! J'adore.

Bon ok, j'ai encore un peu à apprendre.

Après quelques heures de pratique d'ailleurs, j'ai appris à faire un noeud de chaise. Le Captain' a trouvé le moyen de me l'apprendre tout en m'amusant.
                                                                                   

                                                    IMG_1601

   "Tu fais un puits, le serpent sort du puits, fait le tour de l'arbre, et rentre dans le puits"

Je dois quand même t'avouer, qu'un soir, rentrant à bord, dans un élan de "vas-y j'me la pète", je prends le bout' de ma copine Dinghy (oui je fais de l'anthropomorphisme, mais c'est ma façon à moi de me sentir à l'aise avec ma copine Dinghy) et je lance un tonitruant:

_T'inquiète Captain' c'est moi qui s'occupe du noeud de chaise pour attacher ma copine Dinghy!!
T'inquiète j'sais faire le serpent dans l'arbre qui fait le tour du puits!! Ouais ouais je gèèèère!

C'est en repartant à terre le lendemain matin qu'on (enfin qu'il) se rend compte que mon noeud de chaise bah c'était un noeud de rien du tout et que j'ai eu de la chance sur ce coup là qu'il n'y ait pas eu de vent dans la nuit... sinon on aurait pu dire adieu à ma copine Dinghy...
_Haaa mais dis moi Captain'... il doit sortir? Où il doit rentrer du puits le serpent? J'me souviens jamais...

                                                                            

                                                   IMG_1975

                                                  Ma copine Dinghy

 

1 mois donc...

Et au bout d'1 mois je sais aussi ce qu'il faut faire avant de prendre la mer.
Alors déjà il faut que tout soit bien rangé dans le bateau. La vaisselle surtout.
Il faut dégonfler la copine Dinghy et la caler sur le pont.
Ensuite on doit vérifier que les bouts sont bien tous à leur place, bien alignés et facile d'accès.
Une fois tout à sa place on allume le moteur, on lève l'ancre, on se met face au vent et zou on peut hisser la Grand-Voile et dérouler le génois!
Et bien evidemment on coupe le moteur et on se laisse porter sur les flots...

Moi je m'occupe du rangement, puis j'allume le moteur et je tiens la barre pendant que le Captain' lève l'ancre. Le reste des manoeuvres c'est jamais moi qui les fait, parce que j'ai toujours du mal à sentir d'où vient le vent.

On est prêt!
Hissez haut Santiano!!
Vas y Captain' j'tiens bon la barre et toi tu t'occupes du vent!

Martinique nous voilà!!!!

Ça y est je n'ai plus la trouille. J'me sens hyper bien.
Il fait beau, il fait chaud, la mer est belle. C'est l'heure de la pêche pour les Fous qui nous offrent de superbes loopings.
Et nous avons même la chance d'avoir un banc d'une bonne trentaine de dauphins qui nous suivent...
Ok là je fonds...
Je ne suis qu'étoiles dans les yeux, papillons dans le ventre et cris de joie!
Merci la vie et tutti cuicui.

Sauf que... (Tu sais bien qu'avec moi, quand il y a un moment de pur bonheur, peu de temps après je me fais rattraper par un petit revers de médaille)
Je disais donc... Merci la vie et tutti cuicui...
Sauf qu'il s'est vite mis à faire plus très si beau et qu'on s'est ramassé une vilaine vague. Rien de grave en soi.
Sauf que le Captain' a oublié que j'étais encore en apprentissage et qu'il a pas vérifié si j'avais tout bien fait avant de partir.
Oui oui je remets la faute sur lui!
Non parce que dans ma To Do List, j'ai oublié qu'il fallait toujours fermer les hublots à l'avant... damned...
La vilaine vague est donc venue s'écraser dans la cabine.

_C'est encore une petite connerie ça mon Captain' hein? Heu... Pardon?

Et qui dit "vilaine vague" dit que le vent est en train de se lever d'un coup.
Ha bah ça y est j'ai re de la trouille.
Et quand j'ai de la trouille j'oublie tout.
J'oublie qu'on ne peut pas se retourner, j'oublie que c'est normal de gîter à ce point, j'oublie qu'on ne risque rien et que tout va bien.

Le Captain', face à ma trouille, me dit pour la millième fois que c'est rien. Que c'est juste un grain. Oui on va se le prendre ce vilain grain qui arrive au loin, mais pour l'instant on peut continuer notre route, on a le temps.

Je m'accroche à l'arrière, priant tous les Bons Dieux de la terre et des mers pour qu'on sorte vivant de ce vilain grain.
Le grain... le grain qui se rapproche de plus en plus... le grain qui va nous secouer les voiles... le grain qui...

_On ENROUUUUULE!!!!!!

Ça c'est le Captain qui se met à crier une action à effectuer, tu l'auras deviné.
Si il crie ça veut dire qu'il ne faut pas que je pose de question et que j'effectue l'action! RIGHT NOW!!!
La trouille au fin fond de mes entrailles, je me dresse bien droit sur mes 2 guiboles, je saute sur l'écoute du génois et j'ENROULEEEEE!!!!
Lui, il affale la Grand-Voile.

Ha bordel j'ai enroulé!
J'ai enroulé et je savais même pas ce que c'était d'enrouler!
Mais depuis 1mois que je le vois faire les manoeuvres bah j'ai su de suite ce que ça voulait dire d'enrouler!

_T'as vu Captain comment j'ai trop bien enroulé????! Non mais wouaw!!!

Le grain? Même pas peur!
Je gère!
Moi j'enroule!

Cette fois c'est bon...
J'crois que j'peux l'dire...
J'suis devenue marin les gars!

Martinique... accueille en ton sein un nouveau 'ti marin!

Martinique... nous voilà!

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01 août 2013

Sailing Trip... #La Dominique#

C'est le coeur gros que nous quittons Les Saintes, après avoir passé des moments pleins d'émotion...
Bye Bye les Dauphins, Salut les potos...
Merci pour tout!!!
Voiles sur la Dominique!

Le Captain' est ravi de reprendre la mer, moi un peu moins.
Je t'explique.
Autant on est partis des Saintes sous un beau soleil et une mer calme, autant très vite on se retrouve face à de gros nuages, à une grosse houle, et aux gros vilains grains.
Et moi la météo du fin fond du Golf du Morbihan bah j'aime pas très bien ça.
Ça brasse sévère, il fait froid, on joue au chat et à la souris avec la pluie, et forcément je commence à paniquer.
Rah bordel mais j'en ai marre d'avoir toujours de la trouille.
Mais j'y peux rien, je contrôle pas.
Je m'accroche à l'arrière du bateau et j'attends en claquant des dents...
J'arrive tant bien que mal à me calmer jusqu'au moment où le Captain' lâche la barre (t'inquiète on a un pilote automatique) et va à l'avant.
Genre c'est normal... genre il marche peinard alors que j'arriverai même pas à tenir debout, genre il fait des petits bonds de cabris au rythme des vagues et il fait je ne sais quoi avec le génois...

_Hé non mais dis donc captain' t'es pas un peu malade???! Reviens! Reviens ici bordel! Reviiiiiiens j'ai peur!!!!

Il finit ses manip' et revient à l'arrière ne comprenant pas le moins du monde mon hystérie débordante.

_Ha tu comprends pas??! Tu comprends pas que j'ai peuuuuur que tu tombes à l'eau??? Non parce que si tu tombes à l'eau hein, bah moi je sauuuuute!
Je resterai pas seule sur le bateau, j'te jure Captain', si tu tombes je saute et on meurt noyés tous les 2!!
C'est ça que tu veux??? NON!
Alors arrête de te trimballer à l'avant sans t'attacher!

Bon bah là il se marre...
Parce qu'il me dit qu'il n'y a pas de vent (à peine 20 noeuds, soit 37km/h), qu'il a toujours une longueur d'avance sur la vague qui va arriver, et qu'il a TOUJOURS une main pour lui, une main pour le bateau.
Ouais... bon... d'accord... mais quand même hein!
Attache-toi si tu sors du cockpit!!! J't'en prie, j't'en conjure, j't'en suppliiiiiie...

La question ne se reposera pas sur cette nav', vu qu'il n'aura pas besoin de retourner à l'avant.
Par contre on se rend compte qu'il faudrait quand même que je sache arrêter le bateau au cas où il tombe à la flotte... juste au cas où.

On arrive en fin de journée sur la Dominique.

La Dominique... la plus sauvage des Antilles.
La végétation a pris le dessus sur l'homme, c'est incroyable.
Du vert... du vert... du vert...
C'est la jungle ici les gars.
On s'offre le luxe de la voiture pour parcourir ses routes sinueuses à la découverte des petits hameaux hauts perchés.
On fait le plein de mangue au bord des routes.
On se prend pour des pirates échoués sur les plages désertes... plages où Johnny a posé les pieds...
Johnny Depp bordel!
Pour le tournage de Pirate des Caraïbes 2!
Et pour aller au bout de ma fan attitude je me baigne cul nu dans L'indian River...
Johnny s'y baignait aussi j'en suis sûre... Non mais wouuuaw quoi!

Malheureusement notre séjour prend fin rapidement.
Non pas qu'on ne se sente pas bien en Dominique, mais il faut avouer qu'au niveau de la tranquillité à bord il y a à redire.
On est envahi de rastas qui ont toujours un truc à nous vendre. Ils viennent taper à la coque dès le p'tit déj, un autre arrive à l'heure de la sieste. C'est récurrent.
C'est un peu comme quand ton téléphone ne fait que sonner et que tu dois répéter à longueur de journée "non vraiment Monsieur, ça ne m'interesse pas... Non je ne veux pas de votre assurance...".
Au premier coup de téléphone tu es poli et compréhensif, ce pauvre Monsieur ne fait que son travail, mais arrivé 20h, au bout du 5ème coup de téléphone bah tu perds ton calme "NON!! NON j'en veux pas de votre p*taiiiin d'assurance mes co*illes!!! Arrêtez de m'apeller bordel!!!"
Bon bah les rastas autour du bateau c'est un peu pareil.

De toute façon on doit rejoindre la Martinique au plus vite.
Le Captain' a prévu de réparer les réservoirs d'eau et de changer le thermostat du frigo.
Ha oui parce que je t'ai pas dis, mais en plus de ne pas avoir d'eau à bord, on n'a pas non plus de frigo.
Et ça fait déjà 1mois qu'on est partit... un peu galère pour garder les bières au frais surtout!

C'est pas que... mais oui je crois qu'avoir l'eau et un frigo à bord ça risque de nous changer la vie...

 

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