12 septembre 2011

Power Rangers

four season soiz                                                                                    

 

                                                                                      Ou comment ressembler à une dinde...

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C'est quoi demain??

Je ne sais pas si tous les Tahitiens emploient cette expression ou si ça vient juste de notre hôtel, mais chaque jour nous nous faisons interpeller du célèbre: C'est quoi demaiiiin?

Pour se faire, affiche un sourire béat, regarde ton interlocuteur droit dans les yeux, penche la tête, lève les 2 pouces vers l'exterieur et c'est bon tu peux lui crier (en mode aigu et crescendo): C'est quoi demaiiiin???

Mais sache que tu ne peux utiliser ce refrain que si, et seulement si, tu es en congé le fameux lendemain.

Cette veille de congé va être pour toi le moyen de rapeller à tout tes collègues que pendant qu'eux seront en mode "powers rangers Orange" à servir et récurer, toi tu seras en bikini à siroter.

Le problème avec ce leitmotiv, c'est que nous sommes près de 200 employés... je te laisse imaginer combien de fois par jour on peut entendre ça.

A mon tour, j'ai pris ce tic de langage et le 31 Aout a été pour moi l'ultime "C'est quoi demaaaaiiiin??!"

Tu comprendras, cher lecteur assidu, que je suis effectivement en vacances (un peu plus tôt que prévu certes).

J'ai donc déposé pour la dernière fois ma si belle robe orange au vestiaire,  j'ai lâché mon chignon tiré à mort, j'ai serré 40 mains et fais 200 bises, j'ai regardé une dernière fois le coucher du soleil sur le motu, et j'ai savouré la dernière traversée nocture sous le ciel étoilé en bateau...

Mais qui dit "vacances" dit "va falloir rentrer"...

Trop long à t'expliquer mais je rentre.

Doudou reste encore un peu et me rejoindra au pays.

Pas d'panique les Monique on est toujours amoureux comme au 1er jour de l'Amour.

C'est juste que moi, bah faut qu'je rentre.

Et je décolle demain.

Pouah la claque!

Tant que je l'avais pas dit je réalisais pas.
Et je veux toujours pas réaliser.

Hier soir on a fait la fête avec les potos et j'ai même pas dis au revoir.
Rien à foutt', pour moi on remet ça samedi prochain!
Je glande depuis ce matin alors que je pourrai profiter une dernière fois de la plage, mais pourquoi aller à la plage hein??
J'ai toute la vie pour profiter d'la plage!
Je viens de boucler ma valise mais j'm'en fous, dans ma tête j'pars pas.

Même pas peur.
Même pas triste.
Rien à secouer.

C'est pas moi qui vais quitter le paradis sur terre pour me taper 2 jours de voyages, une escale à Tahiti, une autre à Los Angeles et la dernière à Londres avec 12h de décalage horaire.
Pas moi qui vais retrouver la grisaille, le bitume, le bruit... après 1 an passé dans les iles.
Encore moins celle qui va laisser son Doudou didon d'amour à 20.000 kms.
Là j'vois encore moins de quoi on parle!

Putain c'est quoi demaaaaaiiiin???

C'est la fin les gars.

:-(


 

 

 

 

 

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07 septembre 2011

Maupiti, un p'tit coin de paradis


Doudouuuu dis Doudouuuu c'est quoi dans pas taaaard?
Hein dis c'est qwwwwa??

Les yeux du dit Doudou s'illuminent de mille feux parce que Oui il sait que c'est bientôt notre anniversaire de roulage de galoche!

Et qu'est ce qu'on fait pour fêter un anniversaire de 4 ans de roulage de galoche???

Bah on s'offre un week end à Maupiti.
Un p'tit coin de paradis à 2 heures de bateau de Bora Bora
Héé oui les gars y'a encore des coins de paradis encore plus trop wouaw que Bora Bora!

Maupiti en elle même est tout petit kiki, mais elle est encerclée de motu où il fait si bon vivre.
Je te laisse imaginer.
Vas y ferme les yeux.

Allez joue le jeu, prends 30 secondes et imagines!

----------Imagination à son paroxysme dans ton cerveau-------------pas besoin de te creuser la tête tu t'y vois déjà--------
Mais juste comme ça, je vais t'aider à t'y croire encore plus. Chacal que je suis. Gniark gniark gniark!!!

Si tu as toujours rêvé du traditionnel collier de fleur en guise de bienvenue à la descente du bateau... le doux parfum de la tiaré te faisant oublier ton mal de mer... et le ukulélé en fond sonore...
Tend l'oreille et tu pourras l'entendre...
Ok ferme la fenêtre ou fais toi installer des doubles vitrages.
Et dis à ta collègue de fermer sa gueule aussi tiens! (pour ceux qui me lisent au travail, je sais que vous êtes nombreux!)

Si tu aimes ne rien faire, juste écouter le bruit des vagues au loin (côté récif) et le clapotis de l'eau turquoise (côté lagon), et surtout si tu n'as pas peur qu'autant de bruit hydro-aquatique te donnent envie de pipi à longueur de journée vu que tu ne sera qu'un point au milieu du Pacifique.
Des étendues d'eaux turquoises peuvent amener une gène occasionnelle aux sensibles de la vessie.
Dans ce cas, si tu rentres au bungalow, tu sera alpagué du traditionnel "Meeeeets pas du sable partout j'ai passé le balaiiiii!"
Je te conseille donc de pisser dans le lagon, il y aura peu de différence de température donc ta chère et tendre ne le remarquera même pas.
Pas comme en Bretagne où si tu sens un courant d'eau chaude c'est que le gros tout moche à côté de toi urine!
C'est moche.

Si tu rêves d'être au milieu du Pacifique sans aucune chance pour qu'on te retrouve et si tu ne veux pas d'une armée de touristes accrocher à ta serviette tels des moules sur un rocher...
Juste Toi et Lui ... au milieu de l'infini beauté des étoiles qui brillent au loin jusqu'à la fin des temps...
Que Mon Dieu ce ciel étoilé il est complêtement baisé!
Hein Doudou?? T'as vu hein comment il est complêtement baisé le cièèèèl?
Tu sais savourer le moment certes, mais tu ne peux t'empecher un brin de vulgarité.
En même temps tu t'en fous t'es "tous seuls" sur le motu.
Juste Toi et lui... au milieu de l'infi... (ouais ça va la ferme bordel!!)

Si l'envie de ne plus répondre au téléphone ou de supprimer ton compte facebook te prend...
Parce que vraiment tu es encerclé de trucs qui sonnent, qui captent (ou pas) qui clignotent selon tes conversations.
Tu as constamment un truc à lire ou une image sous les yeux (des panneaux de publicités ou des écrans) et tu voudrais ne plus rien voir.
Juste une étendue de turquoise... des palmiers... des cocotiers... et du bleu.
Toute la palette des bleus de la terre!
Bleu vert. Bleu azur. Bleu océan. Bleu d'eau.
Et Bleu pigeon tu connais?
Non toi tu connais les crottes de pigeon.
Et bien sache que le Bleu pigeon se situe entre le Bleu cobalt et le Bleu ciel.
On sait jamais, ça pourrait servir pour tes futurs travaux. :-)

Revenons à nos pigeons...

Si pour une fois tu aimerai te réveiller grâce aux rayons du soleil qui te caressent la joue, ou par le gazouillis des pigeons oiseaux, plutôt que par une rengaine de bip-bip hyper stridents (que jamais au grand jamais tu trouves ce foutu bouton pour que ça cesse et que forcément tu ne sais pas comment désactiver la prochaine sonnerie dans 9 minutes!)
Aaaaaaah un réveil en douceur, juste en osmose avec le soleil et la mer...
Mais je suis désolée de t'apprendre qu'en Polynésie c'est pas des bips-bips qui te réveillent mais des coqs sous acides qui commencent le dawa dès 3h du mat'.
Et sur un coq il y a encore moins de bouton off.
Une seule solution: le pistolet à plomb.
Testé et approuvé. 9 minutes après ils ne reviennent même pas!
Ne t'inquiète pas, au bout de quelques mois tu ne les entends plus les coqs, et comme tu n'as pas l'intention de quitter ce petit coin de paradis, tu vas t'y faire très vite.

Si tu baves rien qu'en t'imaginant manger un sashimi de mahi-mahi, revenu dans une petite sauce au lait de coco maison... de la banane féi, du uru (tu sais même pas ce que c'est mais c'est forcément bon), des papayes et des mangues gorgées de soleil... plutôt que le traditionnel "pâtes au beurre" ou "pâtes au ketchup" ou juste "pâtes" pour les fin de mois.

Si faire le tour de l'île en vélo ne t'effraie pas (attention au systeme de rétro-pédalage où tu ferai mieux de descendre "à côté" et pas "sur" la bicyclette) de toute façon ça ne te prendra pas 1 heure de faire le tour de l'île et en plus c'est que du plat...
Et le Vélib' ça te connait hein?
Tu es devenu un vrai Poulidor depuis que les vélos poussent comme des p'tits pains (depuis quand le petit pain pousse? Elle est con c't'expression!) dans les villes de France et de Navarre (c'est où Navarre d'ailleurs?)

Alors oui, si tout ça ne t'as pas dégoûté et si par bonheur tu n'as pas déjà claqué la porte de ton bureau en laissant tes dossiers en cours et ta collègue sur le cul, et bien je t'invite donc à faire péter ton PEL et à venir couler des jours heureux à Maupiti

Juste Toi et Lui...au milieu de l'infini beauté des étoiles qui brillent au loin jusqu'à la fin des temps.... à vouler rouler des galoches d'amour dans le sable si fin de poussière d'éternité et à patauger dans le lagon si transparent de lumière que....

TA GUEUUUUULE!!!!!

Et si jamais tu as peur d'être trop tout seul il y aura toujours Marc et Melissa pour te recevoir.
Ils sont tellement si gentils que t'as l'impression d'être à la maison... et à 20000kms de la vraie maison ça fait toujours du bien de se sentir chez soi.

Un grand Maururu Roa à eux!

 

 

 

 

 

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25 août 2011

Sur la plage abandonnée...

La raconteuz aurait-elle un p'tit coup de mou???

Manque d'inspiration ou manque de temps, il est vrai que depuis le dernier post sur notre "cassage de gueule" j'ai pas eu grand chose à dire.

Parce que des fois il vaut mieux se taire plutôt que de raconter n'importe quoi.

Depuis ce malheureux incident, notre vision de Bora Bora n'a pas changé.
Les couleurs du lagon sont restées impressionnantes, le vent dans les cocotiers nous bercent toujours, les locaux ont gardé leur sourire et leur bonne humeur.

On continue à faire du stop et à prendre le bateau pour rejoindre notre secte.
C'est ça d'être professionnels... ils ont réussi à nous enrôler bordel! :-/

Les jours se suivent et se ressemblent, sauf ceux où nous avons la chance d'être off.

Dans ce cas on se plait à ne rien faire. Etrange quand on connait mon hyper-activité.

Alors on pense...

On pense au retour qui fout la trouille, à ces gens qui nous manquent, à ceux qui vivent des moments importants loin de nous.
A ce bitume et à la grisaille qui vont aller de paire avec les retrouvailles...

On parle... on parle de la suite qui se dessine, de la prochaine destination, de la prochaine saison.

On regarde... on regarde le lagon, la montagne qui nous guette, les cocotiers...
On admire le coucher du soleil et on se dit qu'on est juste bien les pieds dans l'eau.

On rêve... 

C'est la vie comme dans un rêve... et on n'a pas envie de se réveiller.

Mais s'il pouvait y avoir un centre co' ça serait le paradis!

Wesh parce que la meuf qui se la raconte les doigts de pieds en éventail à kiffer la life à compter les coquillages ça va cinq minutes... on n'y croit pas du tout.

Mytho!

Et sinon c'est quoi la tendance de cet été?
La rayure? Le pois? Le liberty??? 

J'vais passer pour une ringarde avec mes paréos fushias à imprimés fleur de Tiaré nan?

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01 août 2011

What the fuck???!

Ce qui aurait dû être une bonne soirée s'est transformé en cauchemard!

Après une soirée à danser et à boire quelques bières lors de la cloture du Heiva on a été la cible de jeunes en soif de Popaa, la bière ne leur suffisant pas.

Prenez 2 potos qui font les zouaves et qui, en tombant (l'équilibre manquant) ont eu le malheur de faire trébucher un jeune homme.
Le jeune homme est imbibé, mais surtout il est hargneux et pas joueur pour un sou.
Il se met donc à donner des coups dans cet amas de 2 zouaves.
Ceux ci répondent par des mots, puis par des coups bien sûr, ne comprenant pas la raison de tant de violence gratuite.
Le dernier zouave (j'ai nommé Doudou) tente donc de leur venir en aide... malgré ma ténacité à le garder loin de ça.
Mais cette injustice l'a rendu fou...

Sauf qu'en quelques secondes le jeune homme imbibé se transforme en une meute.
Près de 20 Polynésiens nous entourent. Ils se mettent eux aussi à cogner.

Et là c'est partit en live.

Les zouaves à terre, coups de pieds et de poings, du sang commence à couler...

Les secondes me paraissent une éternité, je vois mon Doudou, face au sol.

J'hurle qu'on le lâche, je tente de me mettre au milieu.
Je ne fais malheureusement pas le poids et le fait que je sois une femme ne calme personne.

Au contraire.
Ils en profitent pour me tirer mon sac.

Les coups fusent, il n'y a plus aucune issue.

Les zouaves se relèvent et se défendent tant bien que mal, pendant que d'autres Polynésiens arrivent, mais cette fois pour calmer le jeu. 

On arrive enfin à rentrer dans la voiture, des assoifés montent dessus et cognent à travers nos vitres ouvertes.

Enfin on part.
Dans les insultes, les menaces, les cris, la rage.

J'ai perdu les clés de la maison, mes cartes bleues, ma carte d'identité.
Doudou a la bouche en sang, le visage, les genoux, les pieds abimés.
Il n'a plus de lunette ni de chaussure.

Je ne comprends rien, je suis sous le choc d'autant de violence.
Tétanisée.
Comment on peut en arriver là?
Pour si peu?

On appelle les flics, qui ont assistés à la scène de leur bureau, mais personne n'est venu.

J'ai la haine.

La haine de cette fin de soirée de merde.
La haine parce qu'on aime foncièrement les gens, les cultures et les couleurs et qu'on n'a pas mérité ça.

J'ai eu peur.

Peur de le voir au sol.
Peur d'autant d'acharnement.
Peur de ce que leurs yeux dégageaient.

Maintenant il est question de faire opposition aux cartes le plus vite possible (merci internet et merci à la zoolette pour sa réactivité!!) Par chance mon passeport n'était pas dans mon sac.

On doit trouver un moyen de rentrer dans le bungalow sans les clés.
Heureusement nos voisins connaissent la technique pour s'autobraquer et le proprio nous donnera un double le lendemain.

On va devoir trouver un moyen d'aller sur Tahiti pour refaire des lunettes.
Acheter des nouvelles chaussures.

Il est l'heure de désinfecter les plaies. Le réveil sera encore plus douloureux.

Passé le materiel et les quelques contusions, il va me falloir un peu plus de temps à moi pour cicatriser.

Parce que là, j'ai vraiment mal au coeur...

 

 

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21 juillet 2011

Les dents de la mer

C'est complètement baisé, incroyable, flippant, dingue.
J'en reviens pas.
Je ne comprends pas comment consciente, en pleine possession de mes moyens, comment j'ai pu faire un truc pareil.
On m'a drogué c'est sûr! J'vois que ça...
Ou alors une fois de plus j'ai été au bout de ce que je pensais tolérable, et j'ai dépassé les limites de la peur.
Wesh, c'est ça, j'suis trop une extrême limite moi en fait!
J'suis une gue-din, j'ai peur de tout mais j'm'en bat les couettes, j'affronte à mort!
Sur ce coup là j'ai vraiment vu ma dernière heure arrivée quand même, ça a défilé sévère dans ma tête, et j'me suis dis que merde j'avais pas envie d'y rester maintenant, qu'il y avait encore un billiard (ouais grave) de chose que je voulais faire.

Je veux avoir des enfants, aller en Inde, visiter New York, adopter pleins de chats, et aussi aller à la foire du trône, et puis... ouais pleins de trucs quoi!!

Mais là je m'égare. J'm'en remets pas j'vous dis.
Et si je vous racontais depuis le début hein?

Tout à commencé lorsqu'une gentille collègue de boulot a décidé de nous offrir un baptême de plongée.
Hormis le fait que ça soit super gentil de sa part, on va dire qu'il n'y a pas de quoi s'en taper le cul par terre.
Enfin si quand même, puisque bon, de la plongée moi j'en ai jamais fais et que vu combien ça coûte... ouais bref, c'était déjà énorme à la base!
Alors je sais qu'on va faire comme avec le masque et le tubas, sauf qu'on n'aura pas de tubas mais une bouteille et qu'on ira plus loin que la surface...
On verra tout pleins de petits poissons, de coraux (ce qu'il en reste) et puis ça sera super calme sous l'eau, on sera comme en apesanteur, on sera trop WOUAW c'est super trop génial!!!!

Ce fut un peu différent de ce à quoi je m'attendais, puisqu'à la base j'avais peur, mais pas de ce que je pensais que j'en aurai encore mille fois plus peur. T'as compris j'ai vraiment eu peur!

On arrive donc au centre de plongée, zou on enfile la combi (qui moule et qui compresse!) on monte sur le bateau et on nous amène au dehors du lagon (déjà ça sentait l'embrouille leur truc!).
Le gentil mono (qui a vite compris que oui j'étais une mongole de la plongée et que ça allait pas être simple avec moi) nous explique 2-3 trucs de base (oublie, quand j'ai peur je comprends rien, faudra tout me redire une fois dans l'eau) et au passage je comprends ce que je redoutais le plus.... quelques 5 ou 6 mètres plus bas il y a des requins à pointes noires et des requins citrons.
M'en fous moi de leur nom, un requin c'est un requin, et il est hors de question que moi vivante je saute à l'eau. JAMAIS. Never for ever du monde entier tu me feras aller là dedans t'as pigé???

Il a l'air de s'en fouttre et part plonger avec un groupe d'experts (crâneurs!) pendant qu'il nous demande d'attendre sur le bateau et si on veut on peut aller nager avec masque et tubas.

Que dalle!! Même pas un orteil!

L'Homme (il me bluffe de jours en jours) saute dirrèc. Et me fait des petits signes hypers encourageants, voire insistants pour le coup.
Mais ok d'accord, je veux bien venir voir.
Il y a déjà 8 plongeurs au fond, j'ai moins de chance de les attirer... enfin je mets de côté que si en fait j'ai bien plus de chance de les attirer que quiconque!
Il y a 2 femmes au fond, dont une ménopausée. A moins que là 2eme soit dans le même cas que moi, je suis la seule à potentiellement pouvoir les attirer!!! T'as compris pourquoi hein??

Et sur le coup j'ai pas osé étaler au mono que j'étais indisposée (c'est moche ce mot!), j'ai donc tenté de me dire que bon, ça ne risquait pas grand chose.

Je respire un grand coup et me voilà à tenter de rejoindre Karim, qui lui est super à l'aise.
Un orteil... une cheville... allez je me lance pour le 2ème pied... bon j'arrive finalement à me fouttre à l'eau et à regarder à travers le masque tout ces super trop jolis poissons, c'est hyper profond mais tellement clair qu'on se croirait dans une piscine!
C'est vraiment beau, je me détends et lance quelques brasses, mais là oula aaaaaaaaah un ENORME REQUIIIIIN!!!!

Il doit être à 15m au dessous de nous, mais il est si gros, carrément 2m50 la bébète!! Je suffoque, l'eau se cale dans le tubas, je bois la tasse, j'ai l'impression de ne plus savoir nager, même la nage chien j'y arrive pas!!!

Je finis tant bien que mal à rejoindre le bateau, je m'accroche à l'escalier et je sors dare dare mes petons de là! J'en tremble, je suis complètement tétanisée, paniquée... en mode pauv' fille qui ne gère rien! Et bam je pleure.

Tant pis hein, y'a pas de honte, je découvre à bientôt 28 piges que je suis squalophobe.
En même temps j'ai jamais vraiment été confronté à un requin dans ma vie de tous les jours donc je ne pouvais pas le savoir.
Dommage.
Et surtout je reste une gamine complètement traumatisée par le célèbre "Les dents de la Mer".
Que j'en n'ai pas sorti un pied, ni un bras de mon lit pendant des années. Tu sais ce truc débile qui te fait penser que si ton pied est en équilibre dans le vide, bah y'a un requin qui va venir le bouffer.
Comme si un requin pouvait sortir du dessous de mon lit, n'importe quoi.
Sauf que là, c'est un peu comme si moi je passais sous mon lit et que forcément la force protectrice du matelas ne pourrait plus me protéger.

Faut être complètement baisée pour faire un truc pareil! Et moi bah... je dois pas l'être tant que ça.

Je vous passe le discours de l'Homme hyper sûr de lui et pas du tout cohérent pour le coup... Je crains rien... blablabla...
Comment il le sait lui que je crains rien sans déconner???
L'est si en phase avec toutes sortes d'animaux qu'il saura dire au gros là dessous de pas venir me bouffer le cuissot.
Qu'il parle aux tortues, ok, pour rire j'ai bien voulu jouer le jeu. Mais aux requins? Nan, j'y crois pas.

Je suis tellement brassée que j'en oublie que dans pas tard le mono va arriver pour me fouttre à l'eau...
Ha bah ayè le voilà!
J'ai vraiment envie de lui dire que non merci son baptême j'en veux pas. J'ai déjà eu la goutte sur le front à 9 mois, c'est bon. Et au cas où le Petit Jésus voudrait me ramener à lui de suite bah je préfère encore le faire patienter un peu.
Je suis de celles qui veulent naïvement mourir d'une belle mort (de vieillesse c'est pas mal!) et pas déchiquetée par un requin.

Mais une fois de plus l'envie d'impressionner mon Doudou est la plus forte. J'suis grave. Parce que je le sais qu'il m'aime. Alors pourquoi m'infliger un truc pareil?
Pour l'adrénaline! Pour avoir des trucs à raconter! Pour avoir un souvenir de ouf! Pour me dire que je ne passe pas que ma vie à servir des gens!

Me voilà à nouveau à l'eau. Je tente de me rassurer en me disant que peut être, je dis bien peut être qu'ils vont pas me trouver kiffante les requins et qu'ils vont me laisser tranquille.
Le mono me réexplique les 2-3 trucs de base, que je comprends toujours pas... et je passe vraiment pour une nase quand je lui demande pourquoi quand je respire dans le tuyau y'a des bulles qui sortent.
Il trouve l'explication adéquate à mon niveau de compréhension métaphysique:
"Quand tu souffles avec ta paille dans ton diabolo ça fait des bulles aussi nan???"
Pfff pauv' cloche, j'en bois plus depuis longtemps des diabolos, mais j'ai compris l'idée.

Il fait tout un tas de truc, il me gonfle le gilet, et le dégonfle pour descendre un peu plus profond, ou l'inverse. J'ai vraiment rien suivi au truc.
Il me fait des signes hyper connus pour me demander si ça va (le O avec le pouce et l'index) grave que ça va, je ne vois pas de grosses bêtes pour le moment. Que des jolis poissons. Et on n'est qu'à 30cm de la surface.

Et puis là il me fait un autre signe, que j'ai pas trop compris mais je sens que je vais plus profond, et là c'est le drame!
Je m'accroche à lui, je recrache mon tuyau d'oxygène (ça c'est pas malin!) je patauge à mort de la palme.
Il comprend que je bad et me remonte à la surface direct.

_ De quoi t'as peur?
_ Heu... c'est con mais je suis claustro et du coup là c'est comme si j'étais enfermé dans un immense truc.... Putain tu crois que je suis aussi immensophobe??
_ Ok stress pas. Tout va bien. Regarde ton homme il gère trop. On y retourne avec lui?

Le malin, il a capté que s'il me disait que Doudou gérait trop bah moi j'aurai envie de gérer pour lui. Pfff, jsuis bonne pour y retourner!

Et là ça se passe bien. J'ai surtout compris comment respirer, ce qui est la seule chose que je fais en fait.
Le mono me fait aller où il veut, s'il me lâche je me laisse couler et je m'en rends même pas compte (c'est Karim qui m'a dit après en se fouttant de moi!) j'ai les bras coller au corps, je palme même plus.
Je flotte, complètement en phase avec l'eau. C'est juste trop une sensation de dingue.

Vous vous doutez bien que cet instant de sérénité n'a pas duré.

Une bonne dizaine de requin est sortie de je ne sais où, parce qu'un bateau est arrivé et que des inconscients ont commencé à leur envoyer de la bouffe par dessus bord!!
Sauf que nous, on était en dessous bordel! 
Ils se sont mis à attaquer les poissons, à partir hyper vite, à faire des tours de malade!
C'était comme l'heure du goûter on aurait dit. Mais comme s'ils n'avaient pas eu le petit déj et encore moins le déj. Une bonne grosse dalle!!
Ils étaient à juste 2-3 mètres de nous!
Là j'ai eu peur, et en même temps pas trop.
Je sais plus trop en fait. Je me suis collée au mono, j'ai dû lui broyer la main, mais je suis restée là. A regarder ces machines de guerre. Je suis incapable de vous dire où était L'Homme. Je ne voyais plus rien autour. Que des requins. Partout.

C'était super trop tralala des noix de cocos en fait quand j'y repense.

ça faisait bien longtemps que j'avais pas eu une montée d'adrénaline comme celle là, mais surtout je kiffe quand Doudou il me regarde et me sort avec des yeux trop pleins d'amour et de papillons (oui des papillons) qu'il est super trop fier de moi.

Fier il peut l'être parce que là je me rends compte que je me suis fait sauter un bout de plombage tellement j'ai serré les dents de trouille!!

C'est bien, je sais déjà ce que je vais faire mes prochains off : trouver un dentiste!

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14 juillet 2011

Le Heiva

Alors d'accord j'aime pas travailler, je passe mes semaines à compter les jours qui me séparent des off (déjà oui!)
Je hais servir les gens et je ne me supporte plus dans ma tenue power rangers Orange... et le gel, vraiment, ça bousille mes bouclettes!
J'en n'ai rien à secouer de l'allergie de Madame et encore plus de la grosse trace de doigt que j'ai laissé sur un verre...
Je m'imagine tous les jours, moi aussi, à me faire servir un Mojito en regardant le sunset... et à buffer parce que décidement cette serveuse pffff c'qu'elle est leeente!
Je crie à qui veut l'entendre que de passer près de 3 heures par jour à attendre des voitures et des bateaux c'est pas humain...
Qu'à force de m'entendre râler Doudou n'a pas hésité à me sortir un "bah casse toi si ça te soule tant!"
Comment il fait lui d'ailleurs pour endurer ça sans se plaindre??? Il est vraiment trop balèse.
Enfin j'ai omis de vous dire qu'il a passé une semaine en accident de travail. L'a glissé en cuisine le bonhomme. 
Bah oui on travaille en tong et le sol de la cuisine est toujours trempé. Et le chef bah il nous dit pas de ne pas courir comme te le répétait le maître nageur autour de la piscine. Hé Zou! Une entorse et 6 jours d'arrêt.
Bon là il est réparé et il a pu reprendre le calvaire travail.
Depuis je tente de me ramasser moi aussi, mais putain c'est con comment le corps à des réflexes pour éviter de s'étaler au sol. Je me fais quelques frayeurs, j'en ai la glotte qui s'active dans le gosier.
Bah quoi? ça vous fait pas ça vous quand vous manquez tomber?!

Alors pour me changer les idées, et pour (surtout) que j'arrête de me plaindre, nous sommes sortis ce soir.
Hola pas en boîte hein. Faut pas pousser mémé dans les cocotiers!
Quand on dit "sortir" ici, c'est au sens propre, c'est juste on sort de chez soi.
Au cas où vous auriez oublié Bora Bora c'est un peu là où si tu veux rien faire de tes journées bah c'est possible.
Mais une fois de plus "rien faire de ses journées" c'est au sens propre. Doit pas y avoir de second degré ici en fait.

Donc nous sommes allés au Heiva.
Le Heiva est une fête qui a lieu sur toutes les îles de l'archipel et qui dure tout le mois de Juillet. On a la chance d'être là à ce moment dis donc. Sinon on était grillé de sortie pour toute la saison.
Rha on est bien loin des virées de St Barth... Je pense que mon prochain verre d'alcool va me rendre pumpédup pour au moins une soirée entière. Et quand je dis alcool je parle d'un simple verre de vin, le rhum... pfiouf c'est le comas assuré!

Revenons à nos moutons, parce que je ne suis pas qu'une poch' et que la découverte culturelle est toujours plus enrichissante qu'une soirée de biture. Quoique...
Donc c'est à la tombée de la nuit que nous avons rejoint la ville à l'aide de nôtre petit pouce (pas de risque de panne avec le pouce!) et Wouaw!! Que de monde!! C'est tout drôle de voir autant de voitures, de gens, d'animations, c'est qu'on en devient limite agoraphobe de vivre sur un caillou. 
On achète nos petites places (que comment c'est possible d'avoir de si petites chaises quand les 3 quarts de la population sont obèses?) et c'est partit pour le show (c'est partit le stade est chaud... cf une chanson pourrie!)

Chaque île a plusieurs groupes de chant et de danse traditionnelle qui s'affrontent. Les meilleurs iront représenter leur île à la finale qui se déroulera sur Raiatéa.

Comme il est difficile de faire un résumé sur un spectacle de danse (bien que mes études m'aient permis de me triturer le cerveau des années durant pour analyser des spectacles) je vous laisse voir par vous même, grâce à une petite vidéo dénichée sur le web.

cliquer ici

Allez moi je vais me coucher, ça m'a épuisé cette sortie!
Et demain on a nôtre deuxième et dernier jour off avant la reprise. J'ai envie d'être en forme pour  bien rien faire.
Nan j'déconne, demain on a encore une sortie de prévue!
Ouiiiiiiiiiii!!!

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01 juillet 2011

Alcatraz

Comme souvent (et devrais-je dire comme toujours) j'ai eu affaire à une personne psychologiquement dérangée sur mon lieu de travail.
Mes collègues m'avaient prévenu : Gare à celui là, il craint!
                                                                Tu vas voir, lui il a un frère jumeau dans sa tête!
                                                                Au pire si il te cherche, réponds pas. Surtout pas!
                                                                Il est pas méchant, il est juste bipolaire!......

Après quelques jours passés en présence de cet individu j'ai pu me rendre compte par moi même de l'instabilité mentale de mon collègue. Et comme souvent (dois-je vraiment dire toujours?) je n'ai pas pu garder le silence et en quelques secondes l'histoire de la-table-pas-à-sa-place est devenue affaire d'état.
Il a crié, j'ai répondu. L'histoire aurait dû s'arrêter là.
Sauf qu'il s'est mis à crier plus fort, bien plus fort, et qu'il a fait des gestes incontrolés, il a tenu des propos incohérents.
Il est grave parti en cacahuète le mec!
Et c'est pas comme si il avait vla le couteau dans les mains (il coupait les citrons à ce moment là!).
Et comme... oui toujours... bah j'ai eu la trouille mais je me suis pas laissé démonter, j'ai répondu aussi, parce que moi aussi je sais crier.
J'ai quand même relâché la pression avant lui, parce que moi je n'étais munie que d'un torchon comme arme de défense au cas où son copain imaginaire sorte de ses gonds.
Mon non moins légendaire "ouais bah puisque c'est comme j'me casse!!" est sorti et zou! me voilà à quitter mon poste en direction de je ne sais où, mais loin, très loin de ce type!

Et c'est là, où en règle générale, tu peux prendre ton sac, tes clés de bagnole, t'allumer une clope et rentrer dans le cocon choudoudou qui respire le calme et l'amour...

ça aurait dû se passer comme ça, sauf que je travaille sur un motu, que je ne peux prendre le bateau en dehors des heures initialement prévues, que je n'ai pas mes palmes en cas de force majeure (fuck!) et qu'en plus j'avais plus de clope!

Je me suis donc retrouvé (très vite) coincé sur un petit banc, (c'est mieux que par terre, ça aurait fait trop ado en mal de vivre!) à attendre.
Bon, mon manager m'a bien evidemment retrouvé (sans blague?) et j'ai eu droit au petit discours "il est en tort, on te protège, mais faut pas lui en vouloir, et pis si tu pouvais ne pas répondre, on fera attention mais il est comme ça.... allez t'y retournes?"

Pas le choix, j'y suis retourné, avec la boule au bide et les larmes (putain mais pourquoi je pleure toujours????!) aux yeux.

Le collègue s'est excusé, et j'ai eu droit au défilé des managers (que l'histoire à fait le tour en à peine 5 minutes dans tout l'hôtel) qu'ils veulent si tant mon bien être et qu'ils vont faire attention à lui, et qu'ils veulent que je sois heureuse de travailler, que la vie est soooo belle à Bora Bora, et vas y qu'on me regarde comme une victime,  comme un petit oiseau tombé du nid, que...... AAAAAh j'ai l'impression qu'on me fait un lavage de cerveau!

Sortez moi de là bordel!!!!!

En attendant, je vais passer ma pause déj' à construire un radeau avec des feuilles de palmiers, et deux ou trois nappes. Et j'irai le planquer derrière la cabane des vestiaires. Au cas où, juste au cas où...

 

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26 juin 2011

La traversée en Taporo

Ayant laissé une partie de nos bagages à Papeete, j'ai du trouver un moyen économique de les ramener sur Bora Bora.
Une seule solution le cargo!
Qui dit cargo dit "c'est pas la class-tu vas galérer-mais c'est pas cher-et avec un peu de bol tu vas gerber".
Je quitte donc Bora en avion (le pass inter îles du début de notre séjour nous permettait de rentrer gratos) pour me faire une journée à la ville, Papeete étant... pffffiouf si citadine. Karim lui, reste à Bora. Et après réflexions je me demande pourquoi on n'a pas fait le contraire.
J'arrive à avoir quelques infos indispensables au sujet du lieu et de l'heure de l'embarquement. Mais je me rendrais vite compte que ça ne m'aura été d'aucun secours.
Le préposé aux réservations sur le Taporo me dit qu'il faut que je sois à 6h du mat' au port, et qu'il n'y a que 12 places pour les passagers. Le premier arrivé, premier servi!
Le gentil taxi man passe me chercher à 5h00 à la pension, j'arrive donc 15 minutes plus tard au dit rendez vous.
Il fait tout nuit, le port est flippant, y'a des chiens qui aboient de partout et de temps en temps une ombre qui se déplace. J'ai un peu la trouille quand même, mais "pas de soucis" me dit le taxi man "attends là ça va bouger plus tard!".
Sauf que plus tard ça ne bouge pas du tout et qu'à force je me demande si je suis vraiment au bon endroit.
Un police portuaire man arrive par là et me demande ce que j'attends : "bah le taporo Monsieur..." Bien sûr c'est pas là et je risque d'attendre un bon moment qu'il me répond. Comment passer pour la "touriste de service" phase 1.
Ce généreux Monsieur charge mes 30 kilos de bagages dans son coffre et me propose de m'amener au bon endroit. Why not, je me vois pas rouler la valise dans le port au milieu des meutes de chiens.
Et zou, j'arrive au bureau de reservation, j'ai plus qu'à attendre que ça ouvre, c'est à dire dans 2 heures.
En attendant, on vient me taper la discut' et ça donne ça:
_ T'attends quoi?
_ Mais pourquoi tu prends pas l'avion?
_ Et tu sais que ça va être long la traversée?
_ T'as pas le mal de mer??
_ Comment ça se fait que t'ai autant de bagages???
_ T'es sûre que tu veux pas y aller en avion??????

Et là je suis de moins en moins sûre pour le coup, j'ai déjà faim, j'ai déjà envie de dormir et j'en ai déjà marre d'attendre!!!

L'ouverture du bureau me ramène à la réalité, on n'a pas assez d'argent pour l'avion, et pourquoi payer 10 fois plus que ce que ça va me coûter en bateau hein???

Hop hop hop, j'ai mon petit ticket pour faire la queue... Ayè c'est mon tour!
Et un ticket pour le Taporo 1!!!
_ C'est pas ici pour les passagers, là c'est que le fret, faut que t'ailles de l'autre côté, que t'attendes que le Taporo arrive, que tu trouves Gustave, et si t'as de la chance t'auras une place!

Non je ne m'enerve pas, non je crie pas à qui veut l'entendre que j'ai 30 kilos de bagages et que "l'autre côté" pour moi c'est le bout du monde, et non je ne demande pas une description physique détaillée de ce cher Gustave!
Pas le temps de râler, un gentil jeune homme me propose de me déposer de "l'autre côté". Sooo chouette!!

Me voilà donc lâchée à la zone du fret. Là où on trouve un monde de playmobils en Fenwick et autres Manitou qui chargent, déchargent. De la bouf', des télés, des vélos, du ciment, du bois, du gaz, des ordinateurs... Tout ce chargement doit partir sur le Taporo pour ravitailler les différentes îles.
Ha mais c'est donc que je vais me taper toutes les îles en plus??? Je vais pas dirrèc sur Bora?? Cooool!

Imaginez vous la scène, y'a des mecs de partout, en marcel, transpirant, qui joue du Fenwick, dans un bordel monstre... et moi avec mes valises, mon petit magazine de pouf', ma bouteille d'eau, assise sur une petite chaise (d'où elle sortait c'te chaise?) au milieu...
Pour le coup, ils ont tout donné ce matin là, ils y allaient de bon coeur, ils chantaient, faisaient des blagounettes, me souriaient au passage.

Bref, au bout de quelques heures d'autres futurs passagers arrivent au moment où le Taporo arrive (Of course! En tant que polynésiens ils savent que ça sert à rien d'arriver à 5h du mat' vu que le bateau n'arrive qu'à 9h30...) et là je sens que ça va être la guerre pour décrocher une place. L'ambiance devient électrique, fini les yeux de biches et place à mon regard revolver!
Ok, jsuis ready, l'est où ce Gustave??!
Je zieute à mort, j'suis au taquet, à deux doigts d'hurler "Guuuuustavvve!!!?"
Mon sens de l'observation m'amène à une pseudo cabane sortie de nul part, où beaucoup de gens s'agglutinent.
Et Paf je me colle à la petite fenêtre! Et gare à celui qui me pousse!!

Je devine ledit Gustave, pas un rigolo le bonhomme et pas réglo non plus pour le coup. Parce que sa foutue "petite fenêtre" il l'a jamais ouverte et il s'est mis à vendre les tickets à l'arrache, à l'arrière de la cabane!
Ma ténacité légendaire me lâche d'un coup d'un seul. Dépitée je commence à me dire que tant pis on bouffera des nouilles pendant 3 mois s'il le faut mais je rentre en avion! Allez tous vous faire foutre bande de grugeurs de place!!! J'en veux même plus d'vot' ticket!

Jusqu'au moment où un tout petit monsieur me demande mes sous, mon nom, mon âge... (Tu veux mon tour de poitrine aussi?? Oui énervée je suis vraiment peau de vache!) il se faufile (bah oui il fait 1m50!!) et Ô victoire il revient avec le ticket d'Or!! Je lui décroche mon plus beau sourire, qui retombe cash quand j'apprends qu'on ne part qu'à 16h.

Et c'est reparti pour de longues heures d'attente sur ma petite chaise, que j'ai même pas à manger et que y'a même pas une roulotte qui vend des snacks.

Je vous épargne l'attente, place à l'embarquement!
On doit monter en petit groupe (que normalement Gustave devait vendre 12 tickets et qu'il en a vendu près de 30!) et faire en sorte de ne pas se faire repérer par la police portuaire. La compagnie n'ayant le droit d'embarquer que 12 personnes. Sauf que moi, c'est impossible qu'on ne me repère pas avec mes 30kilos de bagages. Un matelot a carrément dû me mettre sur le monte charge tellement il m'était impossible d'emprunter le petit ponton.
Et là je découvre ce qui va être notre "cabine" pour ces 15 prochaines heures: un container!
Une mamie m'invite à installer mes affaires à côté d'elle, à me faire mon petit lit.
Ils ont tous des tapis de sol, des couvertures, moi j'ai un rideau rose fluo en guise de matelas et un paréo pour la couverture. Les voilà qui sortent les gamelles, les casse croûte, le café... moi j'ai un paquet de chips et un Savane!
On loge à 8 allongés dans le container, les autres devront faire la traversée sur le pont.
Je bénirai la petite mamie de m'avoir gardé une place à l'abris du vent et de la pluie aux heures les plus froides de la nuit.

Pouuuuuêt Pooooouët!!! (= chouette on part enfin)

On se fera une escale à 2h du mat' à Huahiné, une autre à 4h sur Raiatéa, et la dernière à 6h pour Tahaa.
Je peux voir au passage des familles qui se retrouvent, d'autres qui ont juste le temps de l'escale pour se voir.
Ma petite mamie me quitte à Tahaa après m'avoir laissé une demi baguette de pain et de l'eau pour la suite de mon voyage.

L'arrivée à Bora Bora est superbe, je me la joue "J'suis trop une aventurière des mers, après des mois de traversée je vois enfin la terre!!!" du moins j'imagine ce qu'on dû ressentir les vaillants navigateurs de l'époque.

Mon cher et tendre m'attend au port avec un délicieux sandwich, l'est trop fier de sa Florence Arthaud. Et moi jsuis trop choudoudou de le revoir.

Résultat: 
Le Taporo c'est pas cher et au cas où, Gustave porte un tee shirt bleu, un short vert et une casquette blanche.
Il peut y avoir une mamie pour te sauver de la tempête et de la famine. 
Alors qu'un petit Monsieur se faufilera toujours là où toi tu ne peux même pas mettre un pied. 
Une petite chaise peut sortir de nul part tandis qu'un panneau d'information beaucoup moins. 
Et être une femme dans un port ça réveille le capt'ain mais ça te fera pas arriver plus vite!

Note pour plus tard: au retour c'est Karim qui s'y colle!

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18 juin 2011

VDM

J'arrive à la lingerie. Même pas on me demande mon nom, ni ma taille que la Madame me tend mon uniforme.
Wouaw! Sont sacrément au point dis donc. Juste un entretien et ils ont réussis à déterminer mes mensurations?!
Je file me changer dare dare.
Au niveau du haut ça passe, mais au niveau inferieur ça coince.
J'ai plus qu'à retourner faire la queue et demander la taille au dessus devant tout le monde...

Un brave monsieur me prend en stop en voiture de golf du vestiaire au resto, je peux profiter du paysage avant le coup de feu.
Une fois arrivée, je me rends compte que j'ai oublié d'enlever mon piercing.
J'attaque la phase dégoupillage du tarin, quand un autre monsieur et pas n'importe lequel se retourne pour me serrer la pince et me souhaiter la welcome.
La main occupée à me trifouiller le pif, je fous un vent au Big Boss...

Il est 14h, je prends mon service à 15h. J'en profite pour fumer la moitié de mon paquet avant la reprise, puisque la pause clope n'est pas autorisée. Quand tout à coup (ça c'est pour le suspence) mon téléphone sonne. En une fraction de seconde je me dis que je ne suis pas en poste, donc que je peux répondre.
Mauvaise réponse petite!
Je me fais allumer par le chef de la sécurité, qui me menace de me confisquer l'objet du déli.
En plus c'était un faux numéro...

Après quelques heures de service, ma vessie commence à me rapeller à l'ordre.
J'en informe mon manager qui me donne l'autorisation.
Je quitte mon poste en stress, puisque je ne sais pas où sont les toilettes.
Je visualise l'endroit mais je ne sais pas comment y aller.
Comment ne pas passer pour Miss Popo en revenant 15 minutes plus tard?
Parce qu'une fois arrivée, il a fallu que je retrouve le resto...

Et demain?
Demain je suis en repos!!

 



 

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