01 mars 2014

L'auto-entreprise et moi...

Être auto-entrepreneur c'est bien.
C'est bien parce que c'est toi l'boss.
C'est toi qui dit: "Fais ci, fais ça!" et personne pour te dire "Pas comme ça!"

C'est toi qui dit:
_ "Rendez vous dans mon bureau lun... ha bah non lundi j'ai pas envie, alors rendez vous euuuh dimanche soir! Ouais allez on va monter le prochain projet dimanche soir en 8!".

C'est toi qui gères les pauses clopes-café-papote.
Sauf que sans collègue, les pauses clopes-café-papote c'est tout de suite moins marrant.

L'auto-entrepreneur c'est toi.
Toi qui dois refuser d'aller clubber toute la nuit parce que c'est au moment de te préparer que tu as réalisé que ça faisait 2 jours que tu n'avais pas auto-entrepris.
Oui quand t'es auto-entrepreneur tu peux décider que le week-end sera jeudi et vendredi.
Le décider est une chose, ne pas culpabiliser en est une autre.

L'auto-entrepreneur c'est toi.
Toi et tes idées.
Toi et tes projets.
Toi et tes envies.
Toi face à toi et rien que toi.
T'es le patron, l'employée, la secrétaire, la comptable, la chargée de com', l'intendant.
Et t'es même le préposé aux gardes de nuit, parce que quand t'es auto-entrepreneur bah tu fermes jamais la boîte.

Tu avoueras que ça fait pas mal de tête sous une seule casquette.

C'est toi qui fixes les règles. Les horaires. Les limites.

Parce qu'être auto-entrepreneur te demande souvent de devoir travailler à la maison, tu dois réussir à voir ton lit/ton frigo/ta télé toute la journée en résistant à l'envie de t'écrouler devant le téléfilm de l'après-midi en ingurgitant des gâteaux.

Être auto-entrepreneur oui c'est bien.
Mais c'est un défi.
Un défi où la seule personne que tu dois satisfaire est toi même.

Et comme j'aime bien les défis, il y a 4 mois j'me suis dis que j'allais le tenter ce défi.
J'avais pas peur moi.
Hyper pas peur de lâcher la sécurité.
D'envoyer balader le quotidien.
De ne plus faire les mêmes gestes tous les jours, de ne plus répéter les mêmes mots à ces mêmes dindes blondes siliconées. De ne plus avoir à regarder ma montre. De ne plus compter.

L'énergie à fond les ballons, la patate, j'ai foncé tête baissée!
J'ai décidé de m'auto-entreprendre.

HiHaaaaaaaa!!!!

Et....
Et jsuis partie faire le tour du monde des antilles à la voile...
Et j'suis rentrée en métropole.
Et j'suis revenue sur le caillou plus motivée que jamais et...
Et j'suis repartie faire le tour du monde de Phuket...
Et j'suis revenue sur le caillou, plus esseulée que jamais et...
Et il y a eu les fêtes de fin d'année...

Et...

Ha bah j'ai pas hyper auto-entrepris en fait.
Euh bah il serait peut être temps de s'y (re)mettre cocotte?

Allez zouuu...
Les idées, les projets, le vent en poupe et les étoiles dans les ailes!
Et...

BAM!

Aïe!
Aïe aïe aïe sa grand mère!
J'me suis pris un mur.
Le mur...
Jsuis face au mur.
Ce mur fait d'attente et de patience.

Et c'est là où ça commence à devenir difficile de s'auto-entreprendre.

Et surtout de s'auto-gérer.

Parce que ce mur il est fait de doute.
Les doutes, ces sales p'tites bestioles qui sèment l'angoisse, les questions, les remises en questions. 

Bien évidemment ces sales bêtes n'apportent que très rarement les réponses.

Voilà où j'en suis de mon auto-entreprise...

J'ai l'impression d'être prête moi alors: pourquoi??!

Et c'est là où j'ai un de mes potos dans ma tête qui sait pourquoi.
Parce que c'est l'épreuve, le test.
La période difficile à passer mais inévitable. Le moment d'affirmer coûte que coûte que ce choix était le bon.
Que la peur ne m'arrêtera pas. Que le doute ne me rongera pas.

Alors comme disait Josiane: "J'y vais mais j'ai peuuur..."

J'ai peur oui.
Tous les matins j'ai peur.
Mais j'y vais!

J'attends.
Mais j'y vais...

Et comme si auto-entreprendre n'était déjà pas assez compliqué, auto-entreprendre en tant que Clown sur un caillou perdu au milieu de l'Atlantique n'est pas tâche aisée.

Alors je répète pour ceux du fond:

1) Je propose le "Théâtre à la case".
Tu prends tes amis, tu les assois sur ta terrasse ou dans ton salon autour d'un p'tit dîner et moi je fais le Pestacle.
Au Menu:
- J'aurais voulu
- On connaît la chanson
- Vivre ici en étant de là bas
Du Show en livraison, de la folie en To Go, des étoiles à ta table...

2) Je propose des animations pour enfants.
Sur le thème du cirque et du clown j'organise l'anniversaire, les goûters, les fêtes des p'tits minots.

Aujourd'hui j'suis prête.
J'veux jouer.

J'veux tellement jouer que j'en ai envie de crier.
De courir dans la pampa, d'hurler comme une allumée, de danser sous la pluie, de faire valser les cabris...
Juste envie de crier.
Le cœur en tachycardie, la tête en ébullition, les tripes retournées, les mains qui implorent!
J'veux jouer encore.
J'veux écrire.
J'veux chanter et faire vibrer mon accordéon.
J'veux que les étoiles éclosent.
Il faut que ça sorte.
Sinon j'explose...

On m'a dit que pour recevoir il fallait demander.
Alors je demande.
Je veux rire, faire rire.
Je veux de l'aventure.
De l'émotion.
Je veux de la folie.
Je veux partager.
Je veux donner.

J'suis prête!

 

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22 mai 2012

Voir sa vie défiler en 2 minutes... un concept intérressant!

Tu as quelques problèmes de mémoire et tu veux revoir le film de ta vie en accéléré?

Une seule solution: te retrouver dans une situation périlleuse et frôler la mort.
Bon, le mieux c'est de ne pas trop titiller la faucheuse non plus. Dans ce cas tu pourrai effectivement voir ta vie défiler mais ne jamais pouvoir rajouter de pellicule à la bobine.
Et ça, ça serait vraiment super con.

Il te suffit de décider, bien que tes intestins se mettent à danser la gigue rien qu'à l'idée de le faire, d'accepter de faire une plongée de nuit.

Tu savais déjà que pour moi, la plongée de jour était limite. Mais après plusieurs plongées j'avais réussi à prendre confiance et à gérer.

Bref, me voilà partie pour tester la nuit. Rien de plus compliqué que le jour, tu respires et tu ne lâches sous aucun prétexte ta lampe qui te permettra de ne pas te perdre dans les fonds marins.
Jusque là tout va bien.
Fastoche.

Je descends accompagnée des copains, et le mono en guise de binôme. 
Il fait tout noir mais les faisceaux de nos lampes éclairent tout ces jolis poissons que l'on ne voit jamais le jour, les coraux ont des couleurs totalement différentes aussi.
On est plongés dans les ténèbres des profondeurs...mystique!
J'ai un peu peur mais même pas trop.
Et d'un coup d'un seul je perds le fil de ma respiration. C'est pourtant pas compliqué bordel, je le fais tous les jours, toutes les heures, les minutes, les... Ouais bah ça va, normalement je sais respirer!
Mais là mes poumons se vident (super malin!) et je commence à remonter à la surface!
Pas de panique Monique, "Tires sur la bobinette et ton gilet se dégonflera" t'aurais dis le Petit Chap' Roupe version La Petite Sirène.
Ce qui te laissera bien au fond avec les copains et le mono!
Sauf que Monique est tout sauf hyper à l'aise avec la bobinette, surtout avec une lampe dans sa main et que BIM en à peine 15 secondes je me fais une surface!
C'est mathématique, physique, biologique! Un poumon vidé de son air te transforme en ballon!

Je t'explique.

Me voilà donc à la surface, en pleine mer, seule au monde, à commencer à couler sous le poids de mon gilet et de la bouteille. Parce que mon gilet est bien évidemment trop gonflé pour que je reste au fond et pas assez pour que je reste à la surface.
Et c'est là où ça commence à paniquer sévère dans mon cerveau.
Et qui dit "panique" dit "je vais faire tout ce qu'il ne faut pas faire pour s'en sortir".
J'enlève donc mon gilet, mais je m'obstine à le tenir à bout de bras, (ça aussi c'est super malin vu qu'une bouteille pèse environ 15kgs) en espérant pouvoir le regonfler afin de m'en faire une bouée le temps que quelqu'un me trouve... Et dans ces moments là tu as une facilité à imaginer le pire...même de nature optimiste tu te dis forcément que tu vas y rester.
Ton instinct de survie te rends limite croyante.
Oui c'est ça! Tu pries! Tu pries tous les ptits jésus de la Terre et des Mers dans l'espoir que quelqu'un te retrouve, mais encore vivante! Parce que l'idée qu'on te retrouve déjà morte bah tu trouves ça un peu pas envisageable.

Je bois la tasse, le courant me fait dériver mais je ne sais pas si je dérive vers le bateau ou à son opposé. 
Entre deux goulées j'hurle à la mort, mais je suis bien trop loin des côtes pour qu'on ne m'entende.
Le seul moyen qu'on me retrouve vite, c'est de faire des signes avec ma lampe sous l'eau pour que le mono, du fond, me localise. Et que je me calme pour garder le peu de force que j'ai.
(Style j'avais mangé il y a des heures et qu'une pauv' salade.)

C'est donc à ce moment précis où ma vie commence à défiler...
Ma 1ère dent de lait, ma rentrée au collège, mes premiers amours, ma famille, mon Dinou Fils, mon Doudou... vous!
J'ai tout vu.
Tout ceux que j'allais perdre, tout ceux que j'allais laisser.
J'ai dû rester 2 minutes à la surface, à me débattre avec mon gilet, à imaginer le pire...
Les 2 minutes les plus longues de toute ma vie.
Et dire que Florence Arthaud est restée plus de 2 heures elle... warrior la meuf!

Au bout de 2 minutes j'ai vu une lampe au fond, qui s'est approché de moi.

Yallllaaaah, le cri de la délivrance, les larmes de joie, la sensation d'être passé tout près.

Le gentil mono me calme, dédramatise de suite, me recolle le gilet sur le dos et ZOU me revoilà au fond, au milieu des tortues, des gros tarpons, des perroquets et des copains.

Sur le coup personne n'a compris ce que j'avais foutu. Moi non plus d'ailleurs.

Bref j'ai fait ma plongée de nuit. Et depuis je kiffe encore plus la life!
Etrange?
Non.
J'suis une rescapée moi les gars!



 

 

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13 février 2012

Dimanche soir... cafard!

Depuis que je suis toute petiote j'ai toujours eu un peu beaucoup de mal avec le Dimanche.

La trouille au ventre du retour à l'école?
Ou l'obligation des Devoirs à la dernière minute sur le coin d'une table de cuisine peut être. 
La corvée d'aller à la messe? Yes I did... pas trop very much mais I did la messe le Dimanche... Damned.
Le fait que les magasins soient fermés? Je ne pense pas qu'à 6 ans j'avais déjà conscience que le Shopping pouvait avoir des vertus thérapeutiques.

Depuis des années je cherche.
Pourquoi dès la nuit tombée j'me sens pas trop super bien le Dimanche.
J'suis triste, nostalgique (même à 6 ans oui oui), j'ai plein de peine dans le coeur et je comprends pas.
J'ai envie de pleurer, mal au ventre et une tendance névrosée à me faire des plans tordus dans la tête.
Ça fout grave la trouille même.
J'me dit que je suis peut être dimanchsoirophobe.
Et c'est un peu la merde parce que techniquement j'en suis à mon 1461ème dimanche soir (sans compter les années bissextiles) et si tout va bien (inch'tout ceux là haut) il m'en reste encore pas mal.

Et là, ce soir. Je viens de comprendre.
Comprendre que je n'y étais pour rien et que je pouvais renverser la tendance.
Il suffit juste que j'appuie sur un petit bouton.
Le tout petit bouton de la télécommande.

Au cas où tu ne le saurais pas, la télé le dimanche c'est pas possible.
La semaine c'est télé Divertissement, le dimanche c'est télé Vas-te-noyer-dans-ta-baignoire (RIP Whithey :'()

Et j'en suis.
J'en suis de celles qui ont été élevé avec la télé en continu.
Elle faisait partie de la famille. On allait la réveiller le matin et on la bordait le soir.

En semaine je pouvais voir le Club Dorothée au réveil, et la Roue de la Fortune le soir, avec un p'tit bout du film des fois aussi... rien de très violent en soi.

Et le dimanche on avait droit à :

La Chance aux Chansons, cette émission où tu vois des jeunes chanter et danser sur des tubes de petits vieux prêts à mourir.

L'Ecole des fans, là où toi tu n'iras jamais dire à Jacques que ta maman elle est là bas et que ton papa il est derrière la caméra. Parce que maman elle travaille le dimanche et papa il va au foot.

30 Million D'amis, où on te montre tout pleins de p'tits animaux à qui ils arrivent toujours tout pleins de malheur sur un fond de musique hyper triste.

Et pour finir la journée, 7/7 où la dame en noir reçoit des gens pas drôles qui parlent de trucs que tu comprends pas. Mais papa il a l'air de comprendre parce que souvent ça le fait crier.

20 ans plus tard, c'est pire.

On te gave de 7à8, de 66minutes, de Capital, de Zone interdite...
De gens qui souffrent et qui se font souffrir.
De vas y que jte dégueule la misère du monde à la face, toi petit être bien protégé dans ton petit cocon.
De planète qui surchauffe pourtant certains meurent de froid.
De ceux qui crèvent la dalle pendant que d'autres sont en train de se faire péter la panse.
Du bateau qui chavire à la Diva qui coule.
Du non respect de l'autre à l'exclusion.
A la chute.
Au racisme.
A la haine des uns.
A l'envie des autres.

Pas question de faire l'autruche le dimanche. Tu te dois de voir, de savoir comment le monde va mal.

Pourtant cette fenêtre ouverte sur le monde n'est, pour certains, que l'ultime moyen de découvrir ce qu'il se passe ailleurs.
L'unique son qu'ils vont entendre.
Le seul échange.
La seule main tendue.

Et ça me donne encore plus mal au bide.

Où est l'entrain? La légèreté? Les beuveries de culs nus dans les prés?

Je ne pense pas que nous puissions trouver un quelconque réconfort face à ces images de déchéance sociale.

Alors s'il vous plaît les Siouper Director de la télé du Monde entier, vous pourriez pas nous mettre une spéciale Joséphine Ange Gardien dimanche prochain???

Juste comme ça. Pour voir.

Pour voir si j'ai autant le cafard du Dimanche Soir...

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19 décembre 2011

Aux abonnés absents

Quand tu vis sur une île tu sais que chaque démarches administratives va te demander patience et compréhension.
L'année dernière j'avais eu quelques déboires avec La Poste et Dauphin Télécom.
Ne pouvant rien faire quant aux incompétents de La Poste j'ai préféré délaisser Dauphin Télécom pour Orange.
Pas mieux, pas pire...

Il y a 1 mois:
Driiiiing driiiing (la sonnerie de merde de mon portable)
Allo?
Bonjour ici l'hotel S***** je voudrais vous réserver un taxi s'il vous plait.
Euh... vous avez dû vous tromper de numéro Monsieur.
Ha... pardon. Merci au revoir.

3 jours plus tard:
Driiiing...
Allo?
Bonjour, Hotel M***** il me faudrait un taxi s'il vous plait.
Oui très bien, mais je ne suis pas Taxi moi, vous m'avez déjà appelé l'autre jour...
Ha pardon Mademoiselle.. Veuillez m'excuser au revoir.

10 jours plus tard (à 23h40)
Driiiiing...
Allo?
Bonsoir, Hotel G****** vous auriez un taxi de disponible?
Je ne suis pas taxi, vous avez un faux numéro, c'est possible de faire passer le message aux employés de la réception!?
Oui bien sûr, je passe le message. Désolé. Au revoir.

Cette nuit à 3h15:
DriiiiiiiiiiiiiiiiIIIIIIIIIIG
Allo? (en mode c'est quoi ce bordel??!)
Excusez moi, est ce que vous faites toujours taxi à cette heure ci?
PUTAIN!!!!! Mais je ne suis pas Taxi bordel, vous allez arrêtez oui????!
Ha désolé Mamzelle mais vous êtes dans l'annuaire de St Barth...

Ha les boulets!!!!
Orange m'a refilé le numéro d'un Taxi 7/7 - 24/24 et mon fucking numéro est dans tous les Hôtels de l'île.
J'vais m'les faire!
 

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15 décembre 2011

"Les meilleures choses ont besoin de patience" J.Anglade

N'ai peur cher lecteur je ne vais pas te parler de Jean Anglade (que de toute manière tu ne sais pas qui c'est ce mec... je lui ai juste pompé une citation du Temps et la paille) et je ne vais pas non plus me transformer en analyste littéraire.
Et rassure toi, je ne sais pas non plus qui c'est ce monsieur.

Ce que je vais te dire aujourd'hui, j'ai longtemps hésité avant de t'en parlé.
Parce que je ne savais pas si ce blog était l'endroit où je pouvais le faire d'abord, et puis parce que le sujet est quand même hyper personnel.
Et surtout parce que je ne suis pas une des ces bloggeuses anonymes.
Il y a des photos de nous partout, on sait depuis le début de qui "ça" s'agit ici.
Tu nous connais, tu fais parti de nos amis, de nos familles pour les lecteurs from notre entourage et je trouve que je t'en dis déjà pas mal.
Et puis pour toi qui ne nous connais pas, toi qui est arrivé ici grâce au thème du Voyage, je ne sais pas si ce genre d'article va te passionner.
Pourtant je vais te parler d'une vraie aventure.

Depuis 1 an et demi je te raconte du drôle, du moins drôle, du "mon petit jardin secret" en fait (et là je ne parle pas de ma chichouninounette) enfin si justement je vais t'en parler.

Dans ma vie rêvée, je pensais qu'une fois que j'aurai trouvé mon Prince Charmant de ma vie et qu'on serait si tant amoureux pour l'infini du monde entier et qu'on aurait décidé de créer un Mini Nous, et bien je pensais, idéalement, qu'on aurait juste à faire ce qu'on a à faire pour y arriver : l'amour.

 Et bien ça ne suffit pas.

Depuis 1 an on a dû faire l'amour près de 300 fois.
J'exagère à peine.
J'ai fais le poirier.
J'ai mangé salé.
Puis j'ai arrêté le sel, le gras, le conservateur et le chimique.
J'ai perdu 15 kilos et je me suis initiée au yoga.
J'ai compté les jours = j'ai sauté sur Doudou à la moindre occasion.
Puis j'ai tenté la spontanéité = je l'ai laissé tranquille parce que, soit disant, l'Homme a besoin de 3 jours pour se "re remplir".
J'ai attendu.
J'y ai cru.
J'ai pleuré. Beaucoup.
J'ai douté surtout.
Et je me suis dis que je n'avais plus envie.
Que je ne devais pas être suffisamment prête.
Qu'on était bien comme ça.
Juste Nous.
Sauf que ça a recommencé, ça m'a reprit de l'interieur.
Plus qu'une envie, une évidence.

Alors on y est allé justement, à l'interieur, pour me le faire ausculter en long en large et en travers.
Devoir passer des heures les fesses à l'air, à écouter quelqu'un me détailler les anomalies de mon anatomie.
Rien de grave, juste un bout de "truc" qui ne devrait pas être là.
Verdict: je dois prendre la pilule pour que ce truc s'en aille.
Mais de quoi on parle là??!
Je veux un enfant et on me force à me gaver d'hormones.
J'obéis, je n'ai pas le choix.
C'est pour mon bien qu'ils me disent.
Heureusement ça a été efficace, ce "truc" a disparu dès le premier mois de gavage.

Ensuite je me suis fait analyser 3 litres de sang.
Ô Joie je suis immunisée contre la toxo!!
Mais qu'est ce que j'en ai à fouttre?
Hormis me dire que j'ai dû manger au moins une fois dans ma vie du caca de chat.
Même si je ne l'étais pas ça ne changerai rien.
J'ai juste l'impression d'être immunisée contre la grossesse.

Du coup j'ai pris ma température tous les matins, à la même heure, même le Dimanche.
Sauf que ce fameux dimanche je me suis levée trop tard, encore sèche de la veille, et ça a tout foiré la courbe.
On m'a conseillé de pisser sur des bandelettes magiques qui te prédisent The moment pour y aller.
Moins contraignant que le thermomètre dans le trou de balle mais plus cher.
Beaucoup plus cher.
En plus ça m'a jamais dit quand y aller, mais j'y suis allée quand même.

Au terme de l'année infructueuse j'ai eu droit aux médocs, pour faire partie du clan des "28jours".
Parce que quand tu fais partie des "60jours" ça prend forcément 2 fois plus de temps.
J'y suis pour rien, mon organisme est lent.

Pendant tout ce temps j'ai passé des heures à observer la taille de mes seins.
A me dire que j'étais fatiguée, à fleur de peau, irritable, transformée... bizarre.
Des matinées entières à avoir des nausées.
Sauf que je suis une fragile de l'estomac.
Quand j'ai faim j'ai envie de vomir.
Quand je suis fatiguée j'ai envie de vomir.
Quand je suis énervée j'ai envie de vomir.
Du coup chez moi ça ne sera pas un symptôme très révélateur.

Je me suis fais peur en lisant des pages entières de forums où on trouve de tout.
Et surtout du n'importe quoi.
J'ai appris à déchiffrer des termes barbares.
DPO. SA. Gygy. Rrrrr. C1. C2. C3. FC. PMA. Dudu. Cloclo...
J'ai été mortifiée face à des internautes incultes, analphabètes, prêtes à tout pour enfanter.
Je me suis promis de ne jamais devenir comme elles.

J'ai parlé à mon ventre.
Je l'ai supplié pour finalement l'engueuler et le détester.
J'ai imaginé.
Et j'ai pleuré encore.
Pleuré de joie à l'annonce de grossesse des copines.
Être ravie pour elle.
Et tellement envieuse.

J'ai voulu savoir pourquoi.
Pourquoi pour nous ça ne marche pas?
Pourquoi je ne suis pas foutue de faire ce que les femmes font depuis la nuit des temps?

Alors on m'a dit qu'il fallait que j'arrête d'y penser.
Que j'arrête de focaliser.
Que c'est moi qui bloquais le truc.
Que ça viendrait quand je ne m'y attendrai pas.
Sauf que c'est juste impossible.
Et puis 1an c'est rien.
Y'a pas de quoi s'inquiéter.
La moyenne c'est 2ans.

Super j'en suis à la moitié.

J'espère juste que Jean Anglade avait raison.

Que les meilleures choses ont vraiment besoin de patience...

 

 

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28 novembre 2011

Mémoire sélective

Depuis toujours les gens en marge de la société m'attirent.

Il y avait ce Monsieur qui passait ses jours et ses nuits à marcher dans les rues de Poitiers.
Les bras ballants, la tête replié sur la poitrine, toujours au même rythme.
Je pouvais le croiser 3 fois par jour à des heures improbables et ne plus le voir pendant des mois.
Puis je le retrouvais au détour d'un pont, les cheveux coupés et la barbe rasée.
Toujours ce pull gris, ce manteau bleu et ce jean' délavé.
Un soir un peu plus arrosé que les autres je lui ai demandé son nom.
Il n'a pas relevé la tête mais il s'est arrêté et il m'a répondu.
Jean Marie.
Il est repartit et je n'ai jamais su ce vers quoi il allait.

Il y a eu la "Dame aux oiseaux".
Petite bonne femme cachée sous des jupons colorés, des petites lunettes rondes, un sac de grain à la main.
Elle nourrissait les pigeons qui la remerciaient en taggant les voitures de la ville.
Tous les jours.
Et gare à celui qui tentait de les faire fuir.
Elle avait un sacré caractère la Dame.

Et cette femme qui a traversé la route et qui s'est écroulée net.
J'ai tout lâché et j'ai couru vers elle.
Elle a repris connaissance et je suis restée, à lui tenir la main, jusqu'à l'arrivée des pompiers.
Je ne l'ai jamais revu.

Je me rappelle de "SpiderMan" à Bora Bora.
Une cape blanche, un bandeau blanc dans les cheveux.
Toujours à vélo, toujours la même tenue.
Ça a duré des mois et je n'ai jamais vu ceux contre qui il se battait.

Il y a cette vieille femme à Confolens, petit bonnet sur la tête, grosse doudoune, et ce pansement énorme sur le nez.
Elle attend sur son petit muret depuis des années.
Qu'attend-elle?

Je me souviens du Vieux Monsieur qui s'était perdu dans mon village.
Les voisins l'avaient laissé dormir dans la grange et moi je lui avais apporté un bol de soupe et des clémentines.
Pour moi c'était le Père Noël.
J'avais 7 ans.

Ici on a "Jésus".
Habillé d'une couverture, les cheveux longs, la barbe, un trait de khôl sous les yeux.
Il se tient droit et ne supporte pas qu'on le touche.
Il ne parle plus qu'en Anglais alors que sa langue maternelle est le Français.
Il ressemble à un clochard mais vit dans une villa et roule dans une grosse voiture derniers cris.
Revenu ici après un voyage initiatique en Inde, il est resté là haut.
Bien haut perché.

Et cette femme ce soir que j'ai pris en stop.
Elle me dit qu'elle vient de se faire violer et que tout le monde s'en fout.
Qu'elle a manqué se faire renverser sur le bord de la route et qu'on l'a tapé avec une batte de baseball.
Qu'elle a 34 vertèbres de cassées et l'omoplate aussi mais ça va hein.
En plus elle a un traumatisme crânien et on lui doit 20000 balles depuis qu'elle est ici.
Mais elle va appeler sa famille et elle a un avocat.
Un Bâtonnier même!
Elle s'énèrve contre le type qui est devant, il avance pas assez vite ce connard, il est bourré lui.
Pour finir elle me demande si je connais Jean Pierre... Il est gentil Jean Pierre.

Je me demande toujours d'où viennent ces âmes perdues.
Qu'à été leur vie puisque celle ci à l'air de s'être arrêtée.
Ce qu'ils étaient et ce qu'ils sont devenus.

Il y a ceux qui m'attirent et ceux qui me font peur.

Peur que pour moi aussi ça s'arrête
Qu'un matin, une nuit, je ne sache plus vers où avancer.

Peur qu'on me laisse sur un muret, dans une grange ou encore sur le bord d'une route.
Peur qu'un jour il y ait le Noir.

Parce qu'en fait ça peut s'arrêter n'importe où, n'importe quand.
On peut s'arrêter mais être toujours là.
Là qu'à moitié...

C'est pour ça que nos projets nous permettent de rester.
De continuer.

Je sais que toi aussi t'as peur.

T'as peur parce que tu viens de devenir mère ou parce qu'à plus de 50ans tu deviens femme.
T'as peur parce qu'elle ne t'aime plus ou parce que tu ne sais pas quand tu vas retrouver un travail.
T'as peur parce que tu voudrais tout quitter ou parce que tu ne veux pas revenir au contraire.
T'as peur qu'il meurt, t'as peur de toujours avoir mal...

T'as peur mais tu sais qu'on joue tous au même jeu.
Mais qu'on n'a pas eu les mêmes règles...

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12 septembre 2011

C'est quoi demain??

Je ne sais pas si tous les Tahitiens emploient cette expression ou si ça vient juste de notre hôtel, mais chaque jour nous nous faisons interpeller du célèbre: C'est quoi demaiiiin?

Pour se faire, affiche un sourire béat, regarde ton interlocuteur droit dans les yeux, penche la tête, lève les 2 pouces vers l'exterieur et c'est bon tu peux lui crier (en mode aigu et crescendo): C'est quoi demaiiiin???

Mais sache que tu ne peux utiliser ce refrain que si, et seulement si, tu es en congé le fameux lendemain.

Cette veille de congé va être pour toi le moyen de rapeller à tout tes collègues que pendant qu'eux seront en mode "powers rangers Orange" à servir et récurer, toi tu seras en bikini à siroter.

Le problème avec ce leitmotiv, c'est que nous sommes près de 200 employés... je te laisse imaginer combien de fois par jour on peut entendre ça.

A mon tour, j'ai pris ce tic de langage et le 31 Aout a été pour moi l'ultime "C'est quoi demaaaaiiiin??!"

Tu comprendras, cher lecteur assidu, que je suis effectivement en vacances (un peu plus tôt que prévu certes).

J'ai donc déposé pour la dernière fois ma si belle robe orange au vestiaire,  j'ai lâché mon chignon tiré à mort, j'ai serré 40 mains et fais 200 bises, j'ai regardé une dernière fois le coucher du soleil sur le motu, et j'ai savouré la dernière traversée nocture sous le ciel étoilé en bateau...

Mais qui dit "vacances" dit "va falloir rentrer"...

Trop long à t'expliquer mais je rentre.

Doudou reste encore un peu et me rejoindra au pays.

Pas d'panique les Monique on est toujours amoureux comme au 1er jour de l'Amour.

C'est juste que moi, bah faut qu'je rentre.

Et je décolle demain.

Pouah la claque!

Tant que je l'avais pas dit je réalisais pas.
Et je veux toujours pas réaliser.

Hier soir on a fait la fête avec les potos et j'ai même pas dis au revoir.
Rien à foutt', pour moi on remet ça samedi prochain!
Je glande depuis ce matin alors que je pourrai profiter une dernière fois de la plage, mais pourquoi aller à la plage hein??
J'ai toute la vie pour profiter d'la plage!
Je viens de boucler ma valise mais j'm'en fous, dans ma tête j'pars pas.

Même pas peur.
Même pas triste.
Rien à secouer.

C'est pas moi qui vais quitter le paradis sur terre pour me taper 2 jours de voyages, une escale à Tahiti, une autre à Los Angeles et la dernière à Londres avec 12h de décalage horaire.
Pas moi qui vais retrouver la grisaille, le bitume, le bruit... après 1 an passé dans les iles.
Encore moins celle qui va laisser son Doudou didon d'amour à 20.000 kms.
Là j'vois encore moins de quoi on parle!

Putain c'est quoi demaaaaaiiiin???

C'est la fin les gars.

:-(


 

 

 

 

 

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01 août 2011

What the fuck???!

Ce qui aurait dû être une bonne soirée s'est transformé en cauchemard!

Après une soirée à danser et à boire quelques bières lors de la cloture du Heiva on a été la cible de jeunes en soif de Popaa, la bière ne leur suffisant pas.

Prenez 2 potos qui font les zouaves et qui, en tombant (l'équilibre manquant) ont eu le malheur de faire trébucher un jeune homme.
Le jeune homme est imbibé, mais surtout il est hargneux et pas joueur pour un sou.
Il se met donc à donner des coups dans cet amas de 2 zouaves.
Ceux ci répondent par des mots, puis par des coups bien sûr, ne comprenant pas la raison de tant de violence gratuite.
Le dernier zouave (j'ai nommé Doudou) tente donc de leur venir en aide... malgré ma ténacité à le garder loin de ça.
Mais cette injustice l'a rendu fou...

Sauf qu'en quelques secondes le jeune homme imbibé se transforme en une meute.
Près de 20 Polynésiens nous entourent. Ils se mettent eux aussi à cogner.

Et là c'est partit en live.

Les zouaves à terre, coups de pieds et de poings, du sang commence à couler...

Les secondes me paraissent une éternité, je vois mon Doudou, face au sol.

J'hurle qu'on le lâche, je tente de me mettre au milieu.
Je ne fais malheureusement pas le poids et le fait que je sois une femme ne calme personne.

Au contraire.
Ils en profitent pour me tirer mon sac.

Les coups fusent, il n'y a plus aucune issue.

Les zouaves se relèvent et se défendent tant bien que mal, pendant que d'autres Polynésiens arrivent, mais cette fois pour calmer le jeu. 

On arrive enfin à rentrer dans la voiture, des assoifés montent dessus et cognent à travers nos vitres ouvertes.

Enfin on part.
Dans les insultes, les menaces, les cris, la rage.

J'ai perdu les clés de la maison, mes cartes bleues, ma carte d'identité.
Doudou a la bouche en sang, le visage, les genoux, les pieds abimés.
Il n'a plus de lunette ni de chaussure.

Je ne comprends rien, je suis sous le choc d'autant de violence.
Tétanisée.
Comment on peut en arriver là?
Pour si peu?

On appelle les flics, qui ont assistés à la scène de leur bureau, mais personne n'est venu.

J'ai la haine.

La haine de cette fin de soirée de merde.
La haine parce qu'on aime foncièrement les gens, les cultures et les couleurs et qu'on n'a pas mérité ça.

J'ai eu peur.

Peur de le voir au sol.
Peur d'autant d'acharnement.
Peur de ce que leurs yeux dégageaient.

Maintenant il est question de faire opposition aux cartes le plus vite possible (merci internet et merci à la zoolette pour sa réactivité!!) Par chance mon passeport n'était pas dans mon sac.

On doit trouver un moyen de rentrer dans le bungalow sans les clés.
Heureusement nos voisins connaissent la technique pour s'autobraquer et le proprio nous donnera un double le lendemain.

On va devoir trouver un moyen d'aller sur Tahiti pour refaire des lunettes.
Acheter des nouvelles chaussures.

Il est l'heure de désinfecter les plaies. Le réveil sera encore plus douloureux.

Passé le materiel et les quelques contusions, il va me falloir un peu plus de temps à moi pour cicatriser.

Parce que là, j'ai vraiment mal au coeur...

 

 

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21 juillet 2011

Les dents de la mer

C'est complètement baisé, incroyable, flippant, dingue.
J'en reviens pas.
Je ne comprends pas comment consciente, en pleine possession de mes moyens, comment j'ai pu faire un truc pareil.
On m'a drogué c'est sûr! J'vois que ça...
Ou alors une fois de plus j'ai été au bout de ce que je pensais tolérable, et j'ai dépassé les limites de la peur.
Wesh, c'est ça, j'suis trop une extrême limite moi en fait!
J'suis une gue-din, j'ai peur de tout mais j'm'en bat les couettes, j'affronte à mort!
Sur ce coup là j'ai vraiment vu ma dernière heure arrivée quand même, ça a défilé sévère dans ma tête, et j'me suis dis que merde j'avais pas envie d'y rester maintenant, qu'il y avait encore un billiard (ouais grave) de chose que je voulais faire.

Je veux avoir des enfants, aller en Inde, visiter New York, adopter pleins de chats, et aussi aller à la foire du trône, et puis... ouais pleins de trucs quoi!!

Mais là je m'égare. J'm'en remets pas j'vous dis.
Et si je vous racontais depuis le début hein?

Tout à commencé lorsqu'une gentille collègue de boulot a décidé de nous offrir un baptême de plongée.
Hormis le fait que ça soit super gentil de sa part, on va dire qu'il n'y a pas de quoi s'en taper le cul par terre.
Enfin si quand même, puisque bon, de la plongée moi j'en ai jamais fais et que vu combien ça coûte... ouais bref, c'était déjà énorme à la base!
Alors je sais qu'on va faire comme avec le masque et le tubas, sauf qu'on n'aura pas de tubas mais une bouteille et qu'on ira plus loin que la surface...
On verra tout pleins de petits poissons, de coraux (ce qu'il en reste) et puis ça sera super calme sous l'eau, on sera comme en apesanteur, on sera trop WOUAW c'est super trop génial!!!!

Ce fut un peu différent de ce à quoi je m'attendais, puisqu'à la base j'avais peur, mais pas de ce que je pensais que j'en aurai encore mille fois plus peur. T'as compris j'ai vraiment eu peur!

On arrive donc au centre de plongée, zou on enfile la combi (qui moule et qui compresse!) on monte sur le bateau et on nous amène au dehors du lagon (déjà ça sentait l'embrouille leur truc!).
Le gentil mono (qui a vite compris que oui j'étais une mongole de la plongée et que ça allait pas être simple avec moi) nous explique 2-3 trucs de base (oublie, quand j'ai peur je comprends rien, faudra tout me redire une fois dans l'eau) et au passage je comprends ce que je redoutais le plus.... quelques 5 ou 6 mètres plus bas il y a des requins à pointes noires et des requins citrons.
M'en fous moi de leur nom, un requin c'est un requin, et il est hors de question que moi vivante je saute à l'eau. JAMAIS. Never for ever du monde entier tu me feras aller là dedans t'as pigé???

Il a l'air de s'en fouttre et part plonger avec un groupe d'experts (crâneurs!) pendant qu'il nous demande d'attendre sur le bateau et si on veut on peut aller nager avec masque et tubas.

Que dalle!! Même pas un orteil!

L'Homme (il me bluffe de jours en jours) saute dirrèc. Et me fait des petits signes hypers encourageants, voire insistants pour le coup.
Mais ok d'accord, je veux bien venir voir.
Il y a déjà 8 plongeurs au fond, j'ai moins de chance de les attirer... enfin je mets de côté que si en fait j'ai bien plus de chance de les attirer que quiconque!
Il y a 2 femmes au fond, dont une ménopausée. A moins que là 2eme soit dans le même cas que moi, je suis la seule à potentiellement pouvoir les attirer!!! T'as compris pourquoi hein??

Et sur le coup j'ai pas osé étaler au mono que j'étais indisposée (c'est moche ce mot!), j'ai donc tenté de me dire que bon, ça ne risquait pas grand chose.

Je respire un grand coup et me voilà à tenter de rejoindre Karim, qui lui est super à l'aise.
Un orteil... une cheville... allez je me lance pour le 2ème pied... bon j'arrive finalement à me fouttre à l'eau et à regarder à travers le masque tout ces super trop jolis poissons, c'est hyper profond mais tellement clair qu'on se croirait dans une piscine!
C'est vraiment beau, je me détends et lance quelques brasses, mais là oula aaaaaaaaah un ENORME REQUIIIIIN!!!!

Il doit être à 15m au dessous de nous, mais il est si gros, carrément 2m50 la bébète!! Je suffoque, l'eau se cale dans le tubas, je bois la tasse, j'ai l'impression de ne plus savoir nager, même la nage chien j'y arrive pas!!!

Je finis tant bien que mal à rejoindre le bateau, je m'accroche à l'escalier et je sors dare dare mes petons de là! J'en tremble, je suis complètement tétanisée, paniquée... en mode pauv' fille qui ne gère rien! Et bam je pleure.

Tant pis hein, y'a pas de honte, je découvre à bientôt 28 piges que je suis squalophobe.
En même temps j'ai jamais vraiment été confronté à un requin dans ma vie de tous les jours donc je ne pouvais pas le savoir.
Dommage.
Et surtout je reste une gamine complètement traumatisée par le célèbre "Les dents de la Mer".
Que j'en n'ai pas sorti un pied, ni un bras de mon lit pendant des années. Tu sais ce truc débile qui te fait penser que si ton pied est en équilibre dans le vide, bah y'a un requin qui va venir le bouffer.
Comme si un requin pouvait sortir du dessous de mon lit, n'importe quoi.
Sauf que là, c'est un peu comme si moi je passais sous mon lit et que forcément la force protectrice du matelas ne pourrait plus me protéger.

Faut être complètement baisée pour faire un truc pareil! Et moi bah... je dois pas l'être tant que ça.

Je vous passe le discours de l'Homme hyper sûr de lui et pas du tout cohérent pour le coup... Je crains rien... blablabla...
Comment il le sait lui que je crains rien sans déconner???
L'est si en phase avec toutes sortes d'animaux qu'il saura dire au gros là dessous de pas venir me bouffer le cuissot.
Qu'il parle aux tortues, ok, pour rire j'ai bien voulu jouer le jeu. Mais aux requins? Nan, j'y crois pas.

Je suis tellement brassée que j'en oublie que dans pas tard le mono va arriver pour me fouttre à l'eau...
Ha bah ayè le voilà!
J'ai vraiment envie de lui dire que non merci son baptême j'en veux pas. J'ai déjà eu la goutte sur le front à 9 mois, c'est bon. Et au cas où le Petit Jésus voudrait me ramener à lui de suite bah je préfère encore le faire patienter un peu.
Je suis de celles qui veulent naïvement mourir d'une belle mort (de vieillesse c'est pas mal!) et pas déchiquetée par un requin.

Mais une fois de plus l'envie d'impressionner mon Doudou est la plus forte. J'suis grave. Parce que je le sais qu'il m'aime. Alors pourquoi m'infliger un truc pareil?
Pour l'adrénaline! Pour avoir des trucs à raconter! Pour avoir un souvenir de ouf! Pour me dire que je ne passe pas que ma vie à servir des gens!

Me voilà à nouveau à l'eau. Je tente de me rassurer en me disant que peut être, je dis bien peut être qu'ils vont pas me trouver kiffante les requins et qu'ils vont me laisser tranquille.
Le mono me réexplique les 2-3 trucs de base, que je comprends toujours pas... et je passe vraiment pour une nase quand je lui demande pourquoi quand je respire dans le tuyau y'a des bulles qui sortent.
Il trouve l'explication adéquate à mon niveau de compréhension métaphysique:
"Quand tu souffles avec ta paille dans ton diabolo ça fait des bulles aussi nan???"
Pfff pauv' cloche, j'en bois plus depuis longtemps des diabolos, mais j'ai compris l'idée.

Il fait tout un tas de truc, il me gonfle le gilet, et le dégonfle pour descendre un peu plus profond, ou l'inverse. J'ai vraiment rien suivi au truc.
Il me fait des signes hyper connus pour me demander si ça va (le O avec le pouce et l'index) grave que ça va, je ne vois pas de grosses bêtes pour le moment. Que des jolis poissons. Et on n'est qu'à 30cm de la surface.

Et puis là il me fait un autre signe, que j'ai pas trop compris mais je sens que je vais plus profond, et là c'est le drame!
Je m'accroche à lui, je recrache mon tuyau d'oxygène (ça c'est pas malin!) je patauge à mort de la palme.
Il comprend que je bad et me remonte à la surface direct.

_ De quoi t'as peur?
_ Heu... c'est con mais je suis claustro et du coup là c'est comme si j'étais enfermé dans un immense truc.... Putain tu crois que je suis aussi immensophobe??
_ Ok stress pas. Tout va bien. Regarde ton homme il gère trop. On y retourne avec lui?

Le malin, il a capté que s'il me disait que Doudou gérait trop bah moi j'aurai envie de gérer pour lui. Pfff, jsuis bonne pour y retourner!

Et là ça se passe bien. J'ai surtout compris comment respirer, ce qui est la seule chose que je fais en fait.
Le mono me fait aller où il veut, s'il me lâche je me laisse couler et je m'en rends même pas compte (c'est Karim qui m'a dit après en se fouttant de moi!) j'ai les bras coller au corps, je palme même plus.
Je flotte, complètement en phase avec l'eau. C'est juste trop une sensation de dingue.

Vous vous doutez bien que cet instant de sérénité n'a pas duré.

Une bonne dizaine de requin est sortie de je ne sais où, parce qu'un bateau est arrivé et que des inconscients ont commencé à leur envoyer de la bouffe par dessus bord!!
Sauf que nous, on était en dessous bordel! 
Ils se sont mis à attaquer les poissons, à partir hyper vite, à faire des tours de malade!
C'était comme l'heure du goûter on aurait dit. Mais comme s'ils n'avaient pas eu le petit déj et encore moins le déj. Une bonne grosse dalle!!
Ils étaient à juste 2-3 mètres de nous!
Là j'ai eu peur, et en même temps pas trop.
Je sais plus trop en fait. Je me suis collée au mono, j'ai dû lui broyer la main, mais je suis restée là. A regarder ces machines de guerre. Je suis incapable de vous dire où était L'Homme. Je ne voyais plus rien autour. Que des requins. Partout.

C'était super trop tralala des noix de cocos en fait quand j'y repense.

ça faisait bien longtemps que j'avais pas eu une montée d'adrénaline comme celle là, mais surtout je kiffe quand Doudou il me regarde et me sort avec des yeux trop pleins d'amour et de papillons (oui des papillons) qu'il est super trop fier de moi.

Fier il peut l'être parce que là je me rends compte que je me suis fait sauter un bout de plombage tellement j'ai serré les dents de trouille!!

C'est bien, je sais déjà ce que je vais faire mes prochains off : trouver un dentiste!

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01 juillet 2011

Alcatraz

Comme souvent (et devrais-je dire comme toujours) j'ai eu affaire à une personne psychologiquement dérangée sur mon lieu de travail.
Mes collègues m'avaient prévenu : Gare à celui là, il craint!
                                                                Tu vas voir, lui il a un frère jumeau dans sa tête!
                                                                Au pire si il te cherche, réponds pas. Surtout pas!
                                                                Il est pas méchant, il est juste bipolaire!......

Après quelques jours passés en présence de cet individu j'ai pu me rendre compte par moi même de l'instabilité mentale de mon collègue. Et comme souvent (dois-je vraiment dire toujours?) je n'ai pas pu garder le silence et en quelques secondes l'histoire de la-table-pas-à-sa-place est devenue affaire d'état.
Il a crié, j'ai répondu. L'histoire aurait dû s'arrêter là.
Sauf qu'il s'est mis à crier plus fort, bien plus fort, et qu'il a fait des gestes incontrolés, il a tenu des propos incohérents.
Il est grave parti en cacahuète le mec!
Et c'est pas comme si il avait vla le couteau dans les mains (il coupait les citrons à ce moment là!).
Et comme... oui toujours... bah j'ai eu la trouille mais je me suis pas laissé démonter, j'ai répondu aussi, parce que moi aussi je sais crier.
J'ai quand même relâché la pression avant lui, parce que moi je n'étais munie que d'un torchon comme arme de défense au cas où son copain imaginaire sorte de ses gonds.
Mon non moins légendaire "ouais bah puisque c'est comme j'me casse!!" est sorti et zou! me voilà à quitter mon poste en direction de je ne sais où, mais loin, très loin de ce type!

Et c'est là, où en règle générale, tu peux prendre ton sac, tes clés de bagnole, t'allumer une clope et rentrer dans le cocon choudoudou qui respire le calme et l'amour...

ça aurait dû se passer comme ça, sauf que je travaille sur un motu, que je ne peux prendre le bateau en dehors des heures initialement prévues, que je n'ai pas mes palmes en cas de force majeure (fuck!) et qu'en plus j'avais plus de clope!

Je me suis donc retrouvé (très vite) coincé sur un petit banc, (c'est mieux que par terre, ça aurait fait trop ado en mal de vivre!) à attendre.
Bon, mon manager m'a bien evidemment retrouvé (sans blague?) et j'ai eu droit au petit discours "il est en tort, on te protège, mais faut pas lui en vouloir, et pis si tu pouvais ne pas répondre, on fera attention mais il est comme ça.... allez t'y retournes?"

Pas le choix, j'y suis retourné, avec la boule au bide et les larmes (putain mais pourquoi je pleure toujours????!) aux yeux.

Le collègue s'est excusé, et j'ai eu droit au défilé des managers (que l'histoire à fait le tour en à peine 5 minutes dans tout l'hôtel) qu'ils veulent si tant mon bien être et qu'ils vont faire attention à lui, et qu'ils veulent que je sois heureuse de travailler, que la vie est soooo belle à Bora Bora, et vas y qu'on me regarde comme une victime,  comme un petit oiseau tombé du nid, que...... AAAAAh j'ai l'impression qu'on me fait un lavage de cerveau!

Sortez moi de là bordel!!!!!

En attendant, je vais passer ma pause déj' à construire un radeau avec des feuilles de palmiers, et deux ou trois nappes. Et j'irai le planquer derrière la cabane des vestiaires. Au cas où, juste au cas où...

 

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