07 janvier 2014

Phuket Trip #Part 5# The end...

 Langkawi... Petite île de Malaisie te disais-je...

Je n'ai pas vu grand chose de Langkawi, parce que si on est venu jusqu'ici c'est juste pour faire le plein de gazole et les appros.
Alors non je n'ai pas fait la sirène, non je n'ai pas nagé avec les 'ti poissons, ni roucoulé sur une plage déserte.
Mais j'ai porté des cartons, rempli des sacs, tiré des chariots.
Bref, j'ai travaillé.
Et puis une fois la tâche accomplie bah on a dû reprendre la mer parce que le temps nous était compté.
C'est pas que j'en meurs d'envie mais le Phuket Trip touche à sa fin et y'a Roger qui va pas tarder à vouloir me faire décoller pour le caillou.
J'te l'dis que je commence à plus trop avoir le sourire ou pas?
Mais j'arrive quand même à profiter d'une dernière escale sur Koh Lipe.
On arrive de nuit, j'suis assise à la proue du bateau, les pieds dans le vide, et j'me prends un peu pour Rose dans Titanic.
Tu vois le tableau?
J'me sens un peu comme la "Reiiiine du Mooooonde!".
Mais la Reine déchante de plus en plus...
Parce que vraiment ça sent la fin et ça j'aime pas très bien.

Le lendemain matin on repart pour Phuket, 15h au moteur parce qu'Eole aussi fait la tronche.
J'essaie du mieux que je peux d'envoyer de sales ondes magnétiques au moteur pour qu'il tombe en panne...
Parce que sans Eole et sans moteur bah j'arriverai jamais à temps pour décoller avec Roger.
Et comme ça bah je pourrai rester avec mon Captain!
Hein on fait ça dis? Hein??!

On dit que je reste?!
Ouais d'accord!
Alors on dirait que je reste et que je serai bien tranquille dans mon coin et que je ferai bien à manger et bien le ménage et comme ça bah je pourrai faire l'Hôtesse pendant que la croisière s'amuse?! Hein?!
Allez on dit que tu m'fais un mot steuplait?
Tu m'fais un mot pour dire à Roger de pas m'attendre, que j'suis dispensée d'assiduité du vol retour pour le caillou! Heiiin diiiis...

Mais dans la vraie vie il faut que je rentre.

La dernière nav', la dernière soirée, le dernier dodo... et je me retrouve dans le hall de l'aéroport, bien moins tirelipimpon sur le chihuahua qu'à l'arrivée.
Et autant je m'étais laissée submerger par la vague d'amour il y a 3 semaines, autant là c'est un tsunami de pleurs qui me serre le coeur.

 

up_and_down

                                            UP & DOWN

 

Haaaan mais vas-y j'aime pas dire au revoir! C'est nuuul!
J'suis à deux doigts de me rouler par terre de chagrin mais faut qu'j'me tienne. Parce que je vais devoir passer 48h en compagnie de moi même, à n'avoir personne à qui pleurer ma peine, personne pour me faire un câlin magique.
Personne.
Dans le No Man's Land. En Transit.
Plus ici et pas encore là bas.
Que moi.
Moi et mes souvenirs.
Les souvenirs de cette si belle aventure.
Je m'accroche à ça.
Et je m'accroche à lui une dernière fois avant de passer de l'autre côté.
Mon Captain...

Haaaa bordel! L'horreur!

J'arrive à la douane. Je pleure.
Je monte dans l'avion. Je pleure.
On décolle. Je pleure toujours.
On atterrit à Hong Kong. Je pleure encore.
Hey mais vas y lààà, ça ne s'arrêtera donc jamais de pleurer??!

D'Hong Kong, on repart pour Vancouver et là à force de pleurs et de lamentation, j'suis tombée.
Plus de force, plus rien.
Le Trou Noir.
Rideau.
Et puis le réveil brutal...
Je suis bel et bien enfermée dans cet avion, seule, loin de lui, loin des miens.
Ha bah jsuis en vrai mode Cosette qui porte toute la misère du monde sur le dos.
J'en rajoute à peine, jsuis assez calée en désespoir...
Non parce que tu crois quoi?
Quand t'es capable d'hurler à la terre entière comment t'es si trop tralala des noix de cocos, que tu transpires l'amour et le bonheur et la joie et la plénitude et la vie juste parfaite... Bah c'est que t'es aussi capable de sentir le même genre de sentiments mais à l'opposé.

Bref, je me réveille le cou en compote, des fourmis dans les guiboles... ouais enfin je me réveille après une nuit dans un avion quoi.
J'allume le 'ti écran pour suivre notre trajectoire.
Suspense...
Combien de temps ai-je dormi?
Oula bah dis on arrive!? Noooo!
Yeah!
Le petit avion il a déjà tout bien traversé le pacifique!
Wouaw!!!
Ouiiiiiii
Je m'étire tâchant de donner des p'tits coups aux 2 chinois qui m'entourent, ces 2 p'tits chinois qui se sont octroyés les accoudoirs durant tout le vol. Allez les gars, debout!
Je suis tellement contente d'arriver à Vancouver, je me rapproche de plus en plus de la maison et des copains. Bien besoin des copains là...
Et au final bah j'aurais fait un si joli dodo. Plus de 10h de vol et j'ai rien vu passer.
Je commence à ranger mes petites affaires, remettre mes souliers, j'me recoiffe, je plie la couverture...
Haaaa allez Roger, jsuis prête!
15 minutes plus tard, il ne se passe toujours rien alors que Roger devrait amorcer la descente...

So?? What's wrong Roger?
Un petit tour d'horizon et je me rends compte que je suis la seule à avoir remonter mon siège. La seule à être assise bien droite collée au siège...
Ma voisine, Mamie Tching-Tchong fait encore un gros roupillon.
Bah ils font tous des gros roupillons en fait.
Bah dis ho les gars!
Allez wake up!
On va atterrir à Vancouver là.
Allez hop hop hop on s'active! La petite escale technique et zou on repart pour NYC après.
......
10 minutes plus tard toujours rien.
Je rallume mon p'tit écran pour le tcheck de notre trajectoire et...
Bah dis hooo pourquoi il a fait demi tour là l'avion sur le dessin? Pourquoi on retourne à Hong Kong??
Hooo Roger?!
Hola nooooon...
Rah l'horreur...
J'ai rien compris à leur ti dessin d'avion, en fait on a à peine quitté Hong Kong.
En fait il reste 8h de vol.
En fait jsuis rien qu'un boulet qui sait pas lire une carte et qui plus est ne sait pas reconnaître l'avant de l'arrière d'un avion. Enfin il est hyper mal dessiné aussi leur avion là!
Jsuis verte.
Et là tout de suite j'aimerais qu'on m'assomme...
J'ai envie d'hurler. De fumer. De pleurer. Oui de pleurer surtout.
Ha bah ça y est j'ai les narines qui me chatouillent. Et le menton qui se met à trembler. Ha bah super, ça y est je chiale.
Tu vas voir que je vais réussir à arriver sur le caillou que je chialerai encore. Va bien falloir que ça s'arrête à un moment.
En tout cas cette petite crise de larme m'est bénéfique, je m'assomme toute seule.
Et zou je me rendors...

Malheureusement je me re-re-réveille qu'il me reste encore 7h de vol.

Je me résigne à regarder un film.
Parce que jsuis tellement énervée que je vais jamais pouvoir me rendormir.
Alors je regarde Love Actually.
Quelle merveilleuse idée.
Le film démarre sur des gros plans de retrouvailles dans les halls d'aéroport...

Ha mais P#^~*! DE CHIOTTE!!! J'suis maudite ou quoi?!
J'suis con aussi, j'aurais dû me faire World War Z, c'est un film de zombie.
J'aurais eu moins de chance de me retrouver une fois de plus à chialer comme une patate.
Bon bah Love Actually quoi...
Ouais ok, je chiale. Pis je fini par me rendormir du coup.
Passionnant ce retour.

Vancouver, Vancouver.
Cette fois on nous fait descendre pendant l'escale technique. Et je me mets à espérer un coin fumeur je ne sais où.
Bon bah non y'en a pas. Obligé de passer 1h dans une 'tite salle avec rien. Génial. J'adore.
Et zou on nous remet dans l'avion.

Et puis New York.
Ça fait 40h que je voyage.
40h que je suis seule et que pas un son n'est sorti de ma bouche.
40h que je pleure.
Mais je me rapproche de plus en plus du caillou.

 
New York...
J'ai 1h30 pour ma correspondance, pas question de se lamenter et pleurnicher, là faut FONCER!!
Je remporte haut la main le sprint en zone de transit et j'explose le record du saut à la perche de comptoirs de douanes.
J'arrive même à aller me griller une clope sur un bout de trottoir verglacé et à me faire engueuler parce que "no smoking miss!!"
Alors là Cowboy, si tu crois que la miss elle va obéir.
Faudra lui passer sur le corps à la miss pour qu'elle l'éteigne sa clope! Tu entends Shérif??

Il fait un froid de gueux. J'arrive à peine à la tenir cette clope, j'ai les dents qui claquent tellement que je misère à tirer une bouffée mais que dalle!! Je l'éteindrai pas t'as compris!?
Et même que j'en rallume une autre!
Non mais ça va dis!
Fait tellement froid que tout le monde fait de la fumée en respirant, toi aussi Shérif tu fumes!? Bouuuh le shérif il fume...

Dans la vraie vie, sache que cette scène ne s'est déroulée que dans ma tête hein.
Pour de vrai, je n'ai pas éteint ma clope certes mais j'me suis faufilée entre les taxis pour que le shérif me voit pas . J'suis quand même pas une guedin!

Et puis St Martin... où je pleure toujours.
Et enfin St Barth...

La maison. Le caillou. Les potos. Mon Dinou.
Vider le sac. Prendre une douche. Fermer les yeux.

DORMIR.

Ça y est le Phuket Trip est terminé.
Me reste plus qu'à recommencer le décompte des dodos avant le retour de mon Captain' sur le caillou...
Et à bassiner ma coloc du "Mais j'en ai maaaaaarre!!! J'suis triiiiiiiste!! C'est quand dans 45 dodos?? Heiiin dis??!"

Enfin 45 dodos, c'est approximatif.
Parce qu'un marin, tu sais quand il part, mais tu sais jamais quand il revient...

Mais quelle aventure!!!
Quelle P*TAIN de BELLE AVENTURE!
J'en veux d'autres...

Allez Captain, on dit qu'tu reviens vite hein...

 

Aujourd'hui ça fait 3 semaines que je suis rentrée sur le caillou.
3 semaines la tête dans le guidon en ces périodes, tant attendues et redoutées de tous: LES FÊTES...
J'prends le temps de dormir un peu et j'te raconte...

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05 janvier 2014

Phuket Trip #Part 4# De Koh Phi Phi à Langkawi...

Nous voilà donc à Koh Phi Phi, après avoir essuyé un gros vilain grain.
Le Captain', accompagné de Guy, s'occupe des manoeuvres, ce qui me laisse le temps de me refaire une beauté.
Non parce que paye ta tête que je me cogne après la tempête!
J'ai plus un poil de sec, les cheveux collés sur le front, le sel m'a irrité la peau... mais j'ai des papillons pleins les yeux, c'est déjà ça.

Une fois l'attirail de Princess des îles sur le dos, on file avec la grosse Dinghy, pour une 'tite soirée posée à roucouler.

Koh Phi Phi...
Depuis le temps que j'en entends parler...
Je pense à musique douce, à un petit verre en terrasse à regarder le coucher du soleil, je pense au calme, aux vagues qui viennent caresser le sable blanc. Je pense au paradis...

Je pense...
Je pense... qu'on m'a carrément menti!

Non mais c'est quoi ce délire?!
Koh Phi Phi les gars, c'est là où il ne faut absolument JAMAIS aller en vacances.
Ce sont des dizaines de gros établissements au bord de plage, musique BoOm bOoM à fond les ballons.
Ce sont des poubelles, des chats errants (j'ai failli en ramener une bonne dizaine à bord d'ailleurs), des bouibouis à touristes, des salons de tatoos et de massages miteux.
Des centaines de Russes, la bière à la main et la blonde dans l'autre.

C'est sale, dégueux, et en plus ça sent pas la rose.

Et là je ne comprends pas.
Comment a-t-on pu faire de ce bel endroit, ÇA?
Et surtout comment peut-on s'y sentir bien?
Moi, j'ai vite la nausée et tout ce merdier m'agresse.

Ni une, ni deux, on rentre à bord.

La soirée sera beaucoup plus douce sur l'eau, suffit juste de faire abstraction du BoOmbOoM qui fait écho.
Et c'est bercée par les flots que je m'endormirai sur le pont, à la belle étoile...
Et une fois de plus je réalise la chance que j'ai.
Si c'est un rêve, faite que je ne me réveille jamais.

Je finis pourtant par me réveiller tandis qu'on fait cap sur Koh Rok Nok.

Si c'est pas un rêve ça?!
Se réveiller au milieu de rien, rien que l'eau et le ciel. En plus Eole est hyper peinard, je peux donc prendre mon p'tit dej sans me cogner de partout, et rejoindre les marins sur le pont.
Ça bouquine, ça observe, ça sourit et ça n'a pas besoin de parler.

*J'te jure que je vais finir par me transformer en guimauve à force de tant d'amour*

Et là je pense à toi, je pense à vous.
Je pense à tout ceux que j'aime et qui m'ont fait supporter l'attente de ce si beau voyage.
Non parce qu'autant j'ai l'air que cuicui-les-p'tits-z'oiseaux et papillons-dans-le-ventre, faut pas oublier qu'y'a mon pote le vilain cafard qui est resté pas mal au fond de mon coeur pendant les 2 mois et demi d'attente hein... Et que du coup, t'imagines comment j'ai pu gonfler mes potes (ma coloc' surtout) à base de "mais j'en ai maaaarre... j'suis triiiiiste... c'est quand dans 2mois et demi hein??? Dis c'est quaaaand que je le revois mon mariiiiiin???"

Bref, c'est pas le moment de penser au prochain départ et c'est full in Love qu'on arrive à Rok Nok.
Et là je dis Ouiiiiiiiiiiii parce que c'est si joli.

On ne va rien faire d'extraordinaire (là je sens que tu vas me haïr), on fait juste du snorkeling, et on nage jusqu'à une plage déserte...
Que nous, le sable, l'eau turquoise, le ciel bleu... la routine quoi...
#je crois que je me suis un peu trop habituée à la vie au paradis#

Le lendemain on ripe sur Koh Lipe.
Quelle belle découverte.
Koh Lipe c'est tout petit et c'est si joli.
Des p'tits bouts de cases sur la plage, des salons de massages mais accueillants, des bars où la détente est de rigueur.

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Koh Lipe


J'me sens tellement calme et détendue que j'me sens prête pour passer mon permis de la Grosse Dinghy.
J'pars du principe que si je sais conduire ma Moby, je saurais conduire une moto ('fin ptètre), alors si jai su conduire ma copine Dinghy cet été, bah je saurais aussi me débrouiller avec la Grosse.
Ça démarre pareil, ça se démarre comme une tondeuse en fait.
Tu mets un peu de gaz, du point mort tu mets la marche avant, les gaz à fond et yallah!
Bah pour le coup, j'ai failli faire Yallah par dessus bord!
Non mais c'est qu'elle en a dans le ventre celle là, et le problème c'est que si tu mets pas assez de gaz bah tu vois pas où tu vas, tu vois juste l'avant de la Grosse Dinghy.
Du coup faut aller à fond les ballons pour voir où tu vas et planer.
Alors banco je vais à fond et je prie pour qu'il n'y ait pas un nageur dans les parages parce que bordel ce que j'vais à fond!!!
Le Captain il dit "Allez plus viiiite!! Va à gauche!!! Foooonce! A droite!!!! Plus viiiiiite!!!
Je me marre comme une gosse qui fait pour la première fois du manège, je fais des tours et des détours, des virages de ouf malade et ayèèèèè on plane!

Permis de la Grosse Dinghy validé Moussaillon!!!
J'ai adoré.

On passe la nuit au mouillage et le lendemain on met les voiles sur Langkawi, une charmante 'tite île de Malaisie.
Arrivés au port, je reçois les instructions pour la manoeuvre.
Je dois envoyer une garde au man qui sera à quai pour que lui il fasse le noeud qui va bien et que le bateau il soit bien garé comme il faut.
Envoyer une garde c'est facile, c'est un peu comme jouer au lasso.
Alors je me dis que le man à quai, bah ça sera la vache et moi je serai la Cowgirl.
#cowgirl dans tous les sens du terme... parce que je me rends vite compte que je ne suis pas du tout assez vêtue pour mettre les pieds, en l'occurence les fesses, en territoire musulman... encore une fois la St Barth Attitude d'avoir toujours les fesses à l'air bah ça ne passe qu'à St Barth...#

Bon, on approche du quai, j'ai la garde dans la main, je visualise le man, j'attends que le Captain me lance le feu vert.
Sauf que le man bah il est accompagné d'un copain et que je sais pas du tout qui c'est qui doit être la vache dans l'histoire. Et comme le Captain il est occupé à la barre, j'ose pas lui demander lequel des deux est la vache dans le jeu du lasso.
J'en désigne un des deux, au hasard, celui qui m'a l'air le plus réceptif à jouer et je lance!
Haaaa bordel... j'ai loupé!
Mon lasso il était pas assez long.
Je me concentre et je relance.
Vas y mais tend les bras aussi toi là!!!
Ha le boulet! J'ai envoyé le lasso dans sa tronche et il a pas réussi à l'attraper...
C'est pas que, mais je pense que si je loupe mon troisième lancé, jsuis bonne pour être balancée tout crue aux requins...
A la une, à la deux, à la trois...
La troisième aura été la bonne!!
Hihaaa!

Le bateau est bien garé, le Captain est ravi et moi...
Bah moi j'suis toujours au paradis...

 

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(A suivre...)

 

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28 décembre 2013

Phuket Trip #Part 3# De Phuket à Koh Phi Phi...

Être à quai c'est le moyen de rencontrer pleins de gens.
C'est revoir un boug' qu'on avait déjà croisé à l'autre bout du monde, c'est se rendre compte en discutant qu'on connaît le pote du super pote du man qui bosse sur tel bateau, c'est raconter d'où on vient et parler de là où on va.
Perso, moi je connais personne et personne ne me connaît mais très vite je deviens la nana qui se promène pieds nus sur les pontons, le sourire scotché aux lèvres et des papillons qui lui jaillissent des yeux.
Celle qui a fait le tour du monde des airs pour retrouver son Captain'...
Et très vite, le Captain' me fait faire le tour du monde de la marina de Phuket.

Je rencontre une Soïzick de 70 printemps avec qui je trinque à la santé des Bretons, je passe une soirée à papoter avec un écrivain Sud Africain, je refais le monde avec un Anglais et une Suédoise, je me gave de riz Malgache.
Je me prends pour une Princess Indienne, invitée dans un resort à déguster des sushis pour finir dans un p'tit salon so romantic à écouter une Thaï chanter du Lennon...
Sans oublier les copains, ce petit groupe d'expat' lié par les mêmes racines, par la même folie: tout quitter pour s'installer ici.
C'est eux qui racontent.
Ils racontent leur vie ici, dans ce pays qui tourne au ralenti, où la monarchie absolue a laissé place à une monarchie constitutionnelle il n'y a que 80 ans et où l'armée a toujours une place prépondérante.
Ce pays où les "chemises rouges" s'insurgent contre les "chemises jaunes", où on y parle de dictature.
Ce pays qui accueille chaque année plus de 15 millions de touristes.
Tourisme de masse, tourisme à bas prix, tourisme sexuel aussi.
Tout se vend, tout s'achète.
Sauf le titre de propriété.
Un étranger ne pourra devenir propriétaire que d'une construction mais jamais de la terre.
Quelques solutions s'offrent alors à toi, comme te marier avec un(e) Thaï et acheter le terrain à son nom, ou alors faire signer un(e) Thaï en tant que propriétaire et poser une hypothèque en tant que "prêteur", tant que tu ne lèves pas l'hypothèque la vente de ce terrain ne pourra être effectuée.
Ou encore, dernière solution, monter une SARL et nommer le terrain comme titre de la société, tu peux garder 49% des parts sociales et les 51% restants doivent être aux noms de ressortissants Thaïs.

Cette terre, dont tu ne peux devenir propriétaire en tant qu'étranger, se voit pousser de gros hôtels, des routes, des ponts, des condos (immeubles en copropriété).
Cette terre n'entend pas parler d'écologie et de respect de l'environnement. Elle doit juste être rentable, à tout prix en ne pensant pas aux conséquences.
L'homme la saccage sans scrupule, au profit du tourisme.
Malheureusement il n'y a pas que la terre qui est victime du fléau, il y a aussi la mer et ses coraux. 

La Thaïlande... un bordel à ciel ouvert... où en surface, il fait bon vivre...

Et j'y passe de bons moments.
Vraiment.
Parce que même si certaines réalités font froid dans le dos, je ne peux m'empêcher d'avoir le coeur rempli de bonheur à chaque fois que le soleil se couche sur l'horizon.
Parce que je ne suis rien qu'une amoureuse, et que j'aime découvrir de nouveaux goûts, j'aime m'ennivrer de nouvelles odeurs et j'aime par dessus tout savoir que ce coucher de soleil annonce un nouveau jour.
Encore un jour avec mon Captain', à l'autre bout du monde de mon caillou. 

 

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Le tour du monde de la marina touche à sa fin, il est temps pour nous d'entamer notre tour du monde des îles du sud!
Le Captain a fini de réparer Dinghy, il a poncé les trucs, frotté les autres, et puis il a traité les machins et organiser les choses et même qu'aussi il a bien rempli les bidules et vidé les autres...
En gros, il a bien travaillé et aujourd'hui on peut mettre les voiles!
Hihaaaa!

Cap sur Koh Phi Phi!

Koh Phi Phi, au cas où tu le saurais pas, c'est là où Leonardo il a trempé ses fesses dans le film "La Plage". Et moi bah j'aime bien l'idée d'aller y tremper les miennes aussi.
Je continue en quelque sorte mon tour du monde de trempage des fesses de midinette... cet été j'avais trempé là où Johnny avait trempé les siennes en Dominique pour "Pirate des Caraïbes"...
J'avoue que c'est un peu étrange comme tour du monde.
Le Tour du Monde du trempage de fesses... mais ça me fait marrer.

Alors Cap sur Koh Phi Phi Captain'!

5heures de nav' en grosse panne de vent, où j'ai le temps de m'imaginer pataugeant dans une eau turquoise, les pieds foulant le sable blanc, avec le soleil couchant sur l'horizon... huuum...

Quand, tout à coup!
#phrase choc de suspense, qui, tu peux le deviner va annoncer un drame#
Quand tout à coup, on a face à nous, un MUR!
Un MUR noir!
Des murs noirs, j'en avais déjà vu en mer, mais d'habitude je vois toujours le début ET la fin du mur.
Ouais, non, en fait, avant, j'avais vu des rideaux noirs, parce qu'un mur noir comme ça, avec ni début ni fin, j'en avais jamais vu j'crois bien en fait...
J'suis sur le pont, accompagnée de Guy, notre Commis-Moussaillon, invité à bord pour la croisière en cas de besoin de ses 2 bras. Le Captain' lui, est en train de bouquiner à la table à carte.

_Hey dis Captain, il commence à faire bien sombre en face? J'ai pas d'la trouille hein, non non non... Juste euh oui il commence à faire bien sombre en face... Hein dis Guy? Houlaaa oui il fait biiiiien sombre en face!?

Le Captain', sous l'effet de ma voix partant dans les aigus à cette simple constatation météorologique, met le nez dehors.
 _Ça va aller Moussaillon... T'inquiète, je gère, dit-il avant de retourner à ses occupations.

Comme je veux lui montrer que j'suis toujours le p'tit marin qu'il avait quitté il y a deçà 2mois et demi, je tente de garder mon calme et de ne surtout pas paniquer.

C'est rien qu'un grain, c'est rien qu'un p'tit grain, c'est rien qu'un tout p'tit riquiqui bout de grain...
J'ai pas peur, j'ai pas peur, j'ai pas peur...

En fait si j'ai peur, j'ai même hyper super peur alors je réitère:
_Hey Captain' c'est vraiment big ce qui arrive là hein! Si j'te jure c'est big big big!! C'est pas juste rien qu'un p'tit riquiqui grain là! Vas y mais viiiiiiens!

N'ayant pas le choix face à mes supplications, il vient nous rejoindre sur le pont.

_ T'inquiète Moussaillon... je gère ... ... ...

Et là, j'aime pas ce que je vois dans ses "...", les 3 petits points, moi ça me fout toujours de la trouille.

Mais je sais aussi que ses "..." veulent dire:
"Ouais Moussaillon, ça va secouer mémé dans la GV, mais va pas falloir que tu bronches parce que j'vais pas avoir le temps de m'occuper de toi, alors tu te mets dans un coin, tu attends, et surtout tu te tais!".

Si si, il peut y avoir tout ça dans "..." d'un Captain!
Alors je m'exécute.
Je bronche pas, je me mets dans un coin et je me tais.

Sauf que moi, quand je me tais, y'a automatiquement une surchauffe au niveau de mon activité cérébrale.

Surtout qu'on se rapproche très vite du gros mur tout noir et qu'y a des si gros nuages tout pleins de pluie torrentielle qui nous tombent sur la tronche, y'a l'orage qui craque et y'a même des éclairs qui s'écrasent sur la mer.
La mer fume, on ne voit plus à 10 mètres...
OK!
C'est L'APOCALYPSE!!!!!

Ha bordel!
Bordel de bordel de tonnerre de Zeus et Jupiter!
Sont hyper en colère les Dieux là!
Dis Bouddha t'es là?? Me lâche pas mec, fais pas l'con!
Jésus?
Y'a quelqu'un??
A l'eau? Vous m'entendez les gars??!

Ce n'est ni Jésus, ni Bouddha, ni Allah qui m'ont répondu mais Eole!
Ha l'enfoiré!!
Ça fait des heures qu'on l'attendait celui là et d'un coup Môssieur se pointe et décide de nous secouer à plus de 40 noeuds! Et 40 noeuds bah oui c'est BIG Captain'! Mais j'évite de lui faire la remarque, il n'a vraiment pas le temps... et faut que je me taise.

Il prend juste le temps de me crier (non pas de colère mais avec le raffut on ne s'entend plus du tout!) :
"RENTRE Moussaillon!"

J'aurais préféré:
"Ma douce, afin de ne pas attraper froid et de ne pas te faire tremper jusqu'à la moelle, je te conseille vivement d'aller te réfugier à l'intérieur. De te faire une bonne tasse de thé et de lire bien tranquillement ton bouquin... Comme ça je serai certain que tu ne traînes pas dans mes pattes pendant que j'oeuvre à la tâche, ou pire que tu tombes à l'eau... Je te ferai signe quand tu pourras ressortir ma douce..."
Mais non, c'est bel et bien le "RENTRE" qui sort de sa bouche.

Et tu crois que la Douce elle veut rentrer??!
Que dalle!
Hors de question que je m'enferme à bord!
Non parce que si on chavire, je pourrai jamais sortir de là, alors que si on chavire et que je suis dehors bah je pourrai nager et...
Et te noyer direct même si tu sais nager!

Un Marin, il te dira toujours qu'en cas de gros, si gros grain, genre cyclone, bah vaut mieux rester enfermé et attendre...
Alors comme moi euh, bah j'suis un p'tit, tout p'tit Marin, bah je me calfeutre à l'intérieur et je surveille par les hublots.

Non mais c'est quoi ce bordel???
Vas-y Eole détend toi un peu là!
Genre on te voit pas de la journée et là d'un coup tu te décides à nous offrir l'arrivée à Koh Phi Phi en fanfare!

C'en est trop!
J'tiens plus à l'intérieur, j'vais devenir dingue!
Alors je prends mon courage à 2 mains (et pour de vrai jsuis morte de peur, je suis tétanisée, frigorifiée, les dents et les genoux qui font des castagnettes) et je retourne sur le pont à me faire fouetter par la pluie au cas où le Captain aurait besoin de moi.
Bien évidemment il a pas besoin de moi, comme il a dit, il gère.
Et wouuuaw comment il gère trop...
Il enroule, il winch, il prend 1 ris, et puis un 2ème, il court sur le pont, il tire des bouts...
La chemise collée au torse, les muscles saillants, la pluie lui dégouline sur le visage...
Hum...

Oui...
Oui je suis en train de le mater alors qu'on se fait grave secouer.
Mais c'est tout ce que j'ai trouvé pour rester calme face à la tempête.
C'est l'instinct de survie quoi!

Vas-y Eole envoie tout ce que tu peux!!
Fais tout péter! Regarde Eole, regarde comment il gère!
Ha mais grave comment il gère mon Captain!
Et tu peux dire à Leonardo et Johnny qu'ils peuvent aller se rhabiller!

#J'avais prévenu... dès que je me tais, mon activité cérébrale monte dans les tours, et ça surchauffe là haut. J'en ai même frôlé le court circuit!# 

Au bout d'une bonne vingtaine de minutes, (et dans mon monde à moi, ces 20 minutes me paraissent des heures) Eole se calme, d'un coup d'un seul. Il repart aussi vite qu'il est arrivé.

J'ai envie de crier, de courir, de sauter, d'hurler tellement j'ai eu peur.
Mais bordel ce que c'était bon!!

On est trempé, essoufflé, en pleine redescente d'adrénaline.
Et surtout on est vivant!
Enfin, personne n'en a douté sauf moi hein... genre on ne peut pas mourir sous un grain à 40 noeuds, tout le monde sait ça...
Mais quelle vie!
Quelle p*tain de belle vie!

Je vais mettre une bonne heure à retrouver une activité cérébrale normale, ainsi que l'usage de la parole.
A défaut, je me repasse la scène du "Captain' dans la tempête" en boucle et je glousse.

Une poule!
Je ne suis rien qu'une poule à Phi Phi...

(A suivre...)

 

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19 décembre 2013

Phuket Trip #Part 1# De St Barth à Phuket...

Le départ approche...

Plus qu'1 Dodo...  
1 dodo pour:  
Camoufler mes boutons et autres comédons.  
Me laver, crémer, démêler, lustrer la crinière. J'parle de mes cheveux hein...  
Me gommer, épiler, palper-rouler, hydrater, muscler, tonifier.
Mais de toute façon, j'aurais beau tenter de me faire la plus jolie du monde, après 48h de vol je vais devoir faire un sacré ravalement de façade pour être au top pour les retrouvailles...

1dodo pour:
Faire rentrer tout mon dressing et ma salle de bain (regroupé en petits flacons et échantillons parce que bagage à mains uniquement... genre si je pars avec une vraie valoche, à tout moment je serai revenue sur le caillou que ma valise arrivera tout juste à Phuket) dans ce si p'tit, si tout p'tit bagage à mains.  
Apprendre par cœur les numéros/compagnies/horaires des 5 avions que je dois prendre. Étant autiste des numéros ça devrait pas être trop compliqué...  
Fumer 3 paquets de clopes, parce que je ne vais pas pouvoir fumer pendant ces prochaines 48h.
Prendre l'apéro au Select avec les potos et couvrir de ronrons mon Dinou Des Ziles.
Hurler à la terre entière que dans 1 Dodo... dans 1 seul tout petit Dodo je m'envole pour PHUKET!!!!  
Haaaaaaa!!!!  
Mais dans 3 Dodos, dans 3 siiiiiiii longs Dodo à faire le tour du monde dans les airs, je retrouverai mon Marin, la tête à l'envers et les pieds sur mer!!!

Le matin du départ, c'est toute excitée et tourneboulée que je me pointe devant le comptoir de la Winair.
La dame du guichet ne me trouve pas, normal, je pars avec Commuter... ça commence bien... 
Boulet!

Zouuuu Bye Bye le caillou, Bye Bye les potos, première escale St Martin.

 

photo roger sbh

                                                        Go mon Roger!!!!!

Et zouuuuu deuxième escale New York!
Il fait un froid de gueux, un vent à décorner des boeufs.
Heureusement que je dois me taper un sprint pour réussir à avoir ma correspondance, ça a le mérite de me réchauffer un peu.
Une dame organisatrice de la queue de la douane voit mon agitation et me demande si je suis sur le prochain vol pour Helsinki.
Euh non Madam' moi j'vais à Hong Kong! Et je re décolle dans pas trop si longtemps alors si je pouvais éviter de faire la queue et si tu pouvais me faire passer vite vite vite...
Here we go Miss, follow me, quick, quick quick!!!
Je me retrouve en 2 secondes face au douanier Ricain (sûrement un pote au Douanier Rousseau celui là): il me demande où je vais, hallucine quand je lui dis que je vais à Hong Kong.
Me demande d'où je viens...
Et là... à l'annoncée de St barth il a les yeux qui s'illuminent. Il est fan du caillou, y est allé plein de fois et le voilà qui commence à me sortir tous les quartiers, hôtels, plage de l'île.
Me fait un dessin pour me montrer qu'il connaît bien la petite piste d'atterrissage... Mais il est vraiment nul son dessin.
Je rigole, mais pas trop pour ne pas le vexer et je commence sérieusement à m'impatienter, j'ai une connexion monsieur, I have to go...
Et là il me demande mon métier: Clown! I'm a clown sir...
Et zouuuu c'est partit pour des blaguounettes!!!
Il me fait limite poüet poüet sous les bras.
Me dit que lui aussi c'est un clown, qu'à St Barth il avait mis un maillot de bain blanc et qu'on voyait tout au travers, ça avait fait rire tout le monde sur la plage de St Jean et sa femme avait fait des photos pour en faire un calendrier et même que...
Euh.... Mec I really have to go!! Et je préfère pas t'imaginer le zguegue à l'air... Vraiment...
_Mais tu vas faire quoi à Hong Kong?
_Euh je reste pas à Hong Kong je continue sur Phuket.
_Tu vas faire quoi à Phuket?
Vas y mais c'est le FBI le mec ou quoi là??
Je voudrais pas qu'il me bloque l'entrée sur le territoire de sa Sainte Patrie alors je préfère illuminer mes yeux de mille feux, le sourire niais aux lèvres je lui dis qu'à Phuket je vais rejoindre mon Captain...
Le voilà qu'il se fout de ma gueule et de mon amour débordant... Gros con va.
_Wouaaw he's Captain? Houuuu!!!
What do you do to keep your Captain?
(Tu veux vraiment savoir mec??! Euh...)
Je préfère lui répondre que je fais la clown et que ça suffit pour faire fondre le Captain.
Et là il se marre, lève le poing style "We are the champions" et me lance un tonitruant "Goooo to Phuket Funny Clown!! Enjoy!
Clown... Captain...LOve... Life... Crazy liiiiife!

Je lève le poing aussi, à 2 doigts de lui claquer un "give me five buddy" je me retiens et cours, fonce, vole pour aller chopper ma connexion!
J'arrive pile à temps pour re-redécoller pour Vancouver.
A Vancouver, l'escale technique se passe sans même que je m'en rende compte, je ne fais que dormir comme une grosse patate.
Et zouuuuu je re-re-redécolle pour 16h de vol: direction Hong Kong.
Sur 16h j'ai dû dormir 13h.
Easy.

La course folle dans les couloirs du Terminal d'Hong Kong me tient en haleine. J'ai l'impression de participer à Pékin Express, sauf que j'ai pas un radis en poche, y'a pas d'équipe technique et j'ai pas de co-équipier.
Ma mission: trouver une smocking room et une connexion wifi coûte que coûte.
J'excelle en deux temps trois mouvements.
3 clopes et 30 minutes plus tard je fonce pour la mission "ravalement de façade".
Un coup de brossage de dents, de mascara, de poudre, de crème, de lingettes, de crayons, de cache boutons, de déo, de parfum...

J'enfourne mon legging et mon T-Shirt XXL et les bottines en moumoutes au fond de mon sac et j'enfile la ptite robe et les sandalettes qui vont bien.

Je crois que ça va, je suis potable.
Je sens bon c'est déjà ça et j'ai même pas trop de poches sous les yeux.

 

photo avant pdt après

Et Dieu créa le maquillage...

 

 

C'est bon, jsuis prête je peux re-re-re-redécoller pour la destination finale.

PHUKET.

Dans 4 heures je retrouverai mon Captain du bout du monde...
Et je crois que c'est pas la peine que je te raconte dans quel état émotionnel je me retrouve à l'atterrissage.
Mais d'accord, j'te raconte quand même.

J'suis comme une bombe à retardement.
J'ai des poussières d'étoiles qui jaillissent de mes yeux, un essaim de papillons dans le ventre, le cuicui des p'tits z'oiseaux qui sortent de ma bouche...
Je ne suis qu'amour et passion dévorante...
J'ai le coeur qui est en passe d'exploser...

Je double tout le monde à la douane, par chance le douanier Thaï ne me raconte pas sa vie et autres déboires avec sa femme ou ses destinations de vacances.
Mes yeux ne voient qu'une chose: EXIT!
La sortie. Sortir de là au plus vite.
Courir. Lui sauter dans les bras. Fondre et plonger. Sentir. Ressentir. Aimer...

Je prends 2 secondes pour respirer avant de passer de l'autre côté.
2 secondes pour savourer et pour garder en mémoire cet instant.

Je sors.

Il est là...
Tellement là...

(A suivre...)

 

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31 octobre 2013

Sailing Trip... #Ste Lucie ------> Grenade#

Forcément raconter en un seul mot je ne sais pas faire...
Alors Go! J'me lance!

On passe 2 jours au mouillage de l'anse des Pitons, à Ste Lucie.
Deux jours rien qu'à snorkeller, lire, bronzer, dormir...
Et c'est juste comme si c'était le paradis. Je commence juste à réaliser la chance que j'ai. Jusqu'ici je réalisais hein, mais je réalisais surtout la trouille que j'avais en nav'.
Maintenant je te l'ai dis, j'suis un vrai marin!
L'eau est turquoise, le paysage est magnifique, il fait chaud... et s'il fait trop chaud j'ai juste à sauter du bateau pour aller faire trempette...
J'ai cette chance incroyable de faire le tour du monde des Antilles à la voile bordel!
J'ai la chance de découvrir la mer, de me prendre au jeu du marin ayant traversé les océans qui voit pour la première fois un bout de terre...
Cette chance inouïe d'avoir rencontré le Captain' prêt à apporter une corde de plus à mon arc, prêt à transformer son bateau pour y accueillir une doudou à bord, un Captain' qui n'a pas voulu me jeter aux requins au premier de mes coups de folie... et ça c'était quand même pas gagné.

                                                                               

                                                                       

IMG_1838

                                                L'anse des Pitons

 

Le tour du monde des Antilles continue à un rythme un peu plus accéléré.
Jusqu'ici on a prit le temps mais il ne nous reste que 15 jours pour rejoindre Trinidad, là où on doit laisser le bateau en chantier pour l'hiver.
Les îles paradisiaques s'enchaînent: Bequia, Moustique, Mayreau, les Tobago Cays, Union.
Et puis Cariacou, Petite Martinique pour finir avec Grenade.

15 jours à ne pas voir le temps passer, 15 jours de pur bonheur, d'amour et de belles rencontres.

On passe quelques jours à Bequia à marcher dans le zion.
Alors d'accord on marche sous un cagnard de malade, les chemins sont escarpés et bien souvent on part sans trop savoir où on va. Mais c'est comme ça qu'on se retrouve sur des plages désertes.
Rien que nous, la mer, le soleil et la course folle jusqu'à la baignade salvatrice, les fesses à l'air.
J'ai l'impression d'avoir 4ans et je donnerai tout pour avoir une pelle et un râteau pour faire des châteaux de sable.

 

 

Bequia

                           La découverte d'une plage déserte à Bequia

 

Après Bequia, on met les voiles sur Moustique.
Moustique c'est l'ile aux milliardaires, où tu dois être copain avec le chef des milliardaires pour pouvoir acheter ou construire ton 'ti paradis.
Pour nous, pas besoin d'être copain avec les blindés pour siroter un planteur face au coucher du soleil, les rayons faisant briller toutes ses belles villas du bord de mer...
C'est gratuit la mer! Enfin, en l'ocurrence à Moustique c'est pas si gratuit la mer. La nuit au mouillage coûte l'équivalent d'une dizaine de planteurs, soit près de 70€.
Le Captain' décide de mettre les voiles au petit jour avant que l'on vienne nous réclamer nos deniers.

 

Sunset Moustique

                                        Coucher de soleil sur Moustique

 

Cap sur Mayreau Moussaillon!

On se fait accueillir dès 8h du matin sur la plage par tous les Rastas du coin, les "Bless up", les "Jah love", les "respect"...
Rien que des sourires et du gros son dans les cases.
Et contrairement aux Antilles Françaises où je n'étais qu'un joli bout de viande, ici, dans les Antilles Anglaises, je peux sortir sans créer l'émeute. Pour eux, je suis la "sister" et non plus la "blanche".
Après avoir fait le plein de mangues et de maracujas on ripe sur les Tobago Cays.

 

Mayreau

                                                      Plage de Mayreau

 

Les Tobago Cays c'est de l'eau transparente, des îlots déserts, des spots de snorkelling.
Pour la première fois je retrouve les couleurs de la Polynésie.
Et comme en Polynésie, quand tu arrives dans le lagon il y a les patates, très peu d'eau sous la quille et les bouées des pêcheurs.
Le Captain' à la barre, moi à l'avant pour le guider.
Ma mission est la suivante: juger à l'oeil nu et en fonction de la couleur de l'eau si il y a des patates histoire de pas éclater la coque. On a pourtant un sondeur, outil très pratique qui est chargé de calculer combien on a d'eau sous la quille mais là on est entouré de patates... Donc on sait déjà qu'on a à peine 1m d'eau sous la quille... Ha bordel j'ai peur!

Mon problème majeur étant le suivant: je suis astigmate ET myope...

_"Vas y ça passe Captain'! Attends non merde j'suis pas sûre!!! Arrête le bateau Captain' j'crois pas que ça passe en fait...
_ Hey moussaillon, décide toi! Ça passe ou ça passe pas?! T'as toujours 1mètre à vue d'oeil?
_ Euh... ça fait quoi 1mètre sous l'eau? 
_ 1 mètre ça fait 1 mètre moussaillon!
_ On doit être bon alors, vas y ça passe!
_ T'es sûre?
_ Euh... Mais vas y arrête Captain' tu me fais douter là bordel! Oui ça passe!!!! Attend noooon STOOOOOP!!!

On a frôlé la catastrophe mais finalement c'est passé.
C'est tout bon Captain', on peut respirer!
Balance l'ancre et zou! A l'eauuuuuuuuu!

 

Les Tobagos Cays

              Tu te lèves le matin et tu vois ça par la fenêtre...

 

Comme je te le disais, les îles paradisiaques se suivent et ne se ressemblent pas.

Nous débarquons à Union.
Et c'est à Union qu'on se retrouvera au milieu des montagnes, lors d'une de nos randonnées sous le cagnard, nez à naseaux avec d'énormes taureaux, ça change des petits poissons des Tobagos!
A Union toujours qu'on se fera courser par 2 gros rotweillers!
C'est forcément quand je n'ai plus la trouille en mer qu'il m'arrive des gros coups de trouille à terre.

captain vs taureau

          Captain' VS Taureau... and the winner is... Le Captain'!
          Perso, je suis restée loin loin... j'avais une robe rouge!

 

C'est avec nos 2 jambes et nos 2 bras que nous filons sur Cariacou.
Ça sent de plus en plus la fin de l'aventure...
Je commence à avoir trop de tristesse dans le coeur.
J'veux plus rentrer!
J'veux rester là, ici ou ailleurs peu m'importe, mais je veux pas quitter le bateau.
Je veux pas aller dormir dans un lit, je veux pas prendre une douche dans une salle de bain, je veux pas ouvrir et fermer des portes!
J'veux continuer à me laisser porter par le vent, j'veux continuer à voir les étoiles par le hublot avant de dormir.
Vivre dehors, sentir, découvrir, rêver!
Non parce que c'est tellement plus magique une vie sur l'eau.

J'crois bien que j'suis piquée, j'suis foutue.
Mais comment ne pas l'être?

 

sunset Cariacou

                                                Sunset à Cariacou

 

 

sky

                                                  Love is in the air

 

 

Il est temps de quitter Cariacou et de rejoindre Grenade.
Finalement c'est à Grenade que nous laisserons le bateau en chantier.

La dernière nav', les dernières manoeuvres.
Les dernières rencontres à l'heure de l'apéro, les dernières soirées à refaire le monde.
Le dernier dodo à bord, pour passer le dernier dodo toujours à bord mais à terre...
Le dernier voyage avec ma copine Dinghy.
L'ultime câlin à Ophir.
Merci à vous 2 de nous avoir fait vivre cette belle aventure sans embûche, BIG UP les boat!
Grâce à vous on n'a ni coulé, ni démâté, ni chaviré.
Grâce à vous je viens de faire le tour du monde des Antilles!!!
Vous allez tellement me manquer...

 

Ophir

           Ophir, parti faire un gros dodo à terre pour l'hiver

 

 

Ma copine Dinghy

                                               Ma copine Dinghy

 

Et je ne pourrai clôturer cette belle aventure sans le remercier lui...
Mon Captain'...

 

 

love

                                       On repart quand tu veux...

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08 août 2013

Sailing Trip... #l'accueil à l'antillaise#

Nous voilà donc en Martinique...
Je suis encore sous le coup de l'émotion du gros vilain grain, mais j'm'en fous ayè j'suis marin.
Et quand t'es marin et que tu arrives à terre après des jours de traversée tu rêves que d'une chose c'est d'aller siroter une bière bien fraîche et d'engloutir une côte de boeuf.
Oui, d'accord, nous on a passé que quelques heures en mer mais on est quand même morts de soif et de faim.
Vas y ça creuse d'enrouler hein...
C'est comme ça qu'on se retrouve à engloutir un jambon beurre accompagné d'un p'tit verre de rouge dans un bistrot Alsacien... un peu loin du boudin antillais et du ti punch mais on a trouvé que ça d'ouvert.
Je ne vais pas te faire le menu détail de nos folles dégustations Martiniquaises, le jambon beurre et le verre de rouge n'étant pas particulièrement exotiques.
Mais passons au côté culturel...
Parce que Ô oui d'un point de vue culturel la Martinique est sensationnelle!
Ce que je retiens en particulier est l'hospitalité des Martiniquais...
Houla oui ils ont l'air ravi de nous accueillir.
Enfin ils ont surtout l'air ravi de m'accueillir moi... et ils n'hésitent pas à me le faire savoir dès que je suis seule à terre, j'crois qu'accueillir le Captain' ils s'en foutent un peu les Martiniquais.
Honnêtement c'est la folie!
Je ne peux pas mettre le nez dehors sans me faire siffler, accoster, suivre, draguer... même si je ne pense pas que ce soit mon nez qu'ils veulent accueillir.
J'avoue ça a un côté plaisant.
Le genre d'instant de gloire que j'attendais quand j'étais au collège.
Non parce qu'au collège j'étais la moche au gros c*l.
J'étais la drôle, la grande gueule, la pote des mecs mais pas leur amoureuse parce que trop gros c*l. Et les garçons au collège ils aimaient pas les gros c*l.
Et bizarrement le côté "gros c*l" aux Antilles n'est pas du tout accueilli comme en métropole.
Haaaa bordel mon adolescence aurait été si différente si j'avais grandi aux Antilles!

Non mais honnêtement... les Antilles c'est juste l'endroit où tu peux croire que t'es la plus siiiii belle du monde entier.
Et j'y ai cru.
Mais au bout de quelques jours de sifflage-accostage-suivage-draguage j'ai commencé à être saoulé.
Non mais c'est vrai m*rde j'suis pas un bout de viande les gars! J'ai aussi un cerveau, dit-elle dans son pumpum short. 
Genre hyper crédible.
Mais je vais quand même pas me mettre une burka pour être peinard. Si?!

Dans le genre ravi de m'accueillir il y a eu l'agent de sécurité à la superette qui, une fois le Captain parti peser les bananes, en a profité pour me sauter dessus. Sur le coup j'ai cru que j'avais volé un truc sans m'en rendre compte (j'suis pourtant pas clépto... parano oui mais pas clépto) mais non, l'agent de sécu voulait juste me dire à quel point j'étais siiiiiii wouaw et mon sourire... hooouuu! et mes yeux... pffff... et...
Non mais arrête toi mec, le Captain' il va revenir avec les bananes et je ne pense pas qu'il apprécie outre mesure le fait que tu sois siiii proche de moi! Dégage de là et retourne travailler!
Il y a aussi eu le mec dans la rue qui me sort un libidineux: "huuum sympa ta petite tenue..."
Alors que ce jour là j'avais mis un pantalon exprès pour pas me faire emmerdé.
Il continue avec :"huuuum encore plus sympa de dos ta petite tenue..."
Un jean's! Je porte un jean's, il fait 45° à l'ombre et je meurs dans mon jean's!!! Y'a rien de "huuuum" dans un jean's bordel!!! Vicelard!
Le truc un peu plus délicat avec celui là, c'est quand le Captain' a voulu me traîner dans le shipchandler tenu par ledit vicelard. Une fois arrivé à la caisse il lui demande si il a un compte ici.
_Euh bah non on n'a pas de compte ici pourquoi?
_Donc tu n'as pas les 10%?
_Non effectivement je n'ai pas les 10% mais si tu veux me les faire hésite pas!
_Justement j'allais te les faire... parce que j'ai fais une réflexion désobligeante à ta doudou tout à l'heure mais euh... je savais pas qu'elle était pas seule... donc... euh... bah 10% quoi!

10%??! Je vaux que -10%??! Vas y mais c'est nuuuul!

Mais la palme de l'accueil et l'hospitalité revient à 3 Martiniquais.
Je traverse le village, après avoir fait 4kms sous le cagnard.
Je meurs de chaud, je suis chargée comme une mule, les courses sur le dos. Je transpire comme une vache, je suis rouge comme une tomate et j'ai les cheveux ébouriffés d'une folle...
Ouais c'est ça, je suis une vache folle rouge! Hyper Glamour.
Et qu'entends-je? Des sifflements.
Les sifflements du genre "fu hou fu" qui me rendent dingue dingue dingue!
Je tourne violemment la tête en direction de ces sifflements, j'suis en mode vénère les mecs, et depuis une semaine que je me fais traiter comme un bout de viande, là c'en est trop je craaaaque!

QUOI!!? QUOIIII FUHOUFU??! C'est quoi votre problème les gars???!

Bon, bah je n'ai pas eu le temps de rétorquer tellement j'ai halluciné en voyant les fuhoufeurs: 3 papis antillais, assis sur un banc, qui me sifflent, la canne entre les jambes!
Quand je dis "canne" je parle de la vraie canne hein, la canne pour marcher quoi. Tout ça pour te donner une idée de leur âge. Peut être qu'ils ont du mal à marcher les papis mais toujours l'oeil hagard.
J'avoue, j'ai éclaté de rire et je leur ai offert à tous les 3 mon plus beau sourire.

Mais sinon la Martinique c'est chouette hein. D'ailleurs si tu te sens un peu moche en ce moment je te conseille d'aller y passer quelques jours... Tu en repartiras avec un égo gonflé à bloc.

Hormis l'accueil très démonstratif des Martiniquais, il y a la beauté des Anses d'Arlet et ses tortues, le calme de St Anne et le cachot de Louis-Auguste Cyparis à St Pierre.
Pour la petite histoire, Cyparis fut le seul rescapé lors de l'éruption de la montagne Pelée en 1902.
Comment s'en est-il sorti alors que tous les habitants de St Pierre (près de 30000 morts) se sont retrouvés piégés par les écoulements de lave?
Et bien Cyparis a eu la "chance" d'être au cachot. L'épaisseur des murs et l'isolement lui ont sauvé la vie.

Pour nous il y a aussi eu les quelques jours de chantiers au Marin pour réparer les réservoirs d'eau douce et le thermostat du frigo.
Ouiiiiiiiiiiii on a de l'eau à bord!!!! Ouiiiiiiiiiii on peut aussi avoir de l'eau fraîche à bord!!!
On profite de ces quelques jours à quai pour retrouver de vieux amis du Captain'.
Les soirées à se raconter de vieilles histoires, à refaire le monde autour d'un verre, à parler des destinations futures. J'ai pas grand chose à raconter moi alors j'écoute.
Non parce que ok j'suis devenue un vrai p'tit marin mais j'ai encore pas beaucoup de miles au compteur...

Allez Captain' il serait peut être temps de riper là non? J'veux faire de la mer moi!
Prochaine escale, Ste Lucie!!!

 

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03 août 2013

Sailing Trip... #La Martinique#

Ça va faire 1mois qu'on est parti et j'crois que je suis en train de devenir un vrai marin!
Je sais ce qu'est une écoute, une drisse, un génois, un spi, une trinquette.
Je sais si on est au près, au près serré, au portant ou encore en vent arrière.
Je ne me prends plus les pieds dans le chariot, et je ne me cogne plus aux coins de table au moindre petit roulis.
Et même que j'arrive à faire la cuisine en nav'!
Enfin quand je dis "cuisine" je parle juste d'une bonne plâtrée de pâtes qui tient au bide hein...
Un jour dans un élan de confiance en moi, je me suis lancée dans une petite salade de crudités, avec les petites herbes qui vont bien, la délicieuse vinaigrette et tout le tintouin... je pose les saladiers sur la table, à peine le temps de me retourner qu'on s'est mis à gîter et que toute la bouf à foutue le camp.

_Heuuu Captain'? J'ai fait une p'tite connerie là... Non rien de grave, j'ai juste tagué les banquettes et le plancher d'un bol entier de vinaigrette... J'ai pas mis les quoi??! Les sets antidérapants?! Ha... qu'est ce que c'est?? 

Il y a aussi eu le jour où je me suis ramassée une casserole d'eau bouillante sur les guiboles, c'est ce jour là que j'ai compris qu'il fallait débloquer le cardant de la gazinière quand on est en nav'.

_Haaaaaaa bordeeeeel ça bruuuuuuule!!! Et m*rde! P*tain de b*rdel de m*rde de bateau qui bouuuuge sa r*****ce!!
_Ça va Moussaillon?! Tu vas bien?
_Super! Je vais SUPER bien! J'adore.

Bon ok, j'ai encore un peu à apprendre.

Après quelques heures de pratique d'ailleurs, j'ai appris à faire un noeud de chaise. Le Captain' a trouvé le moyen de me l'apprendre tout en m'amusant.
                                                                                   

                                                    IMG_1601

   "Tu fais un puits, le serpent sort du puits, fait le tour de l'arbre, et rentre dans le puits"

Je dois quand même t'avouer, qu'un soir, rentrant à bord, dans un élan de "vas-y j'me la pète", je prends le bout' de ma copine Dinghy (oui je fais de l'anthropomorphisme, mais c'est ma façon à moi de me sentir à l'aise avec ma copine Dinghy) et je lance un tonitruant:

_T'inquiète Captain' c'est moi qui s'occupe du noeud de chaise pour attacher ma copine Dinghy!!
T'inquiète j'sais faire le serpent dans l'arbre qui fait le tour du puits!! Ouais ouais je gèèèère!

C'est en repartant à terre le lendemain matin qu'on (enfin qu'il) se rend compte que mon noeud de chaise bah c'était un noeud de rien du tout et que j'ai eu de la chance sur ce coup là qu'il n'y ait pas eu de vent dans la nuit... sinon on aurait pu dire adieu à ma copine Dinghy...
_Haaa mais dis moi Captain'... il doit sortir? Où il doit rentrer du puits le serpent? J'me souviens jamais...

                                                                            

                                                   IMG_1975

                                                  Ma copine Dinghy

 

1 mois donc...

Et au bout d'1 mois je sais aussi ce qu'il faut faire avant de prendre la mer.
Alors déjà il faut que tout soit bien rangé dans le bateau. La vaisselle surtout.
Il faut dégonfler la copine Dinghy et la caler sur le pont.
Ensuite on doit vérifier que les bouts sont bien tous à leur place, bien alignés et facile d'accès.
Une fois tout à sa place on allume le moteur, on lève l'ancre, on se met face au vent et zou on peut hisser la Grand-Voile et dérouler le génois!
Et bien evidemment on coupe le moteur et on se laisse porter sur les flots...

Moi je m'occupe du rangement, puis j'allume le moteur et je tiens la barre pendant que le Captain' lève l'ancre. Le reste des manoeuvres c'est jamais moi qui les fait, parce que j'ai toujours du mal à sentir d'où vient le vent.

On est prêt!
Hissez haut Santiano!!
Vas y Captain' j'tiens bon la barre et toi tu t'occupes du vent!

Martinique nous voilà!!!!

Ça y est je n'ai plus la trouille. J'me sens hyper bien.
Il fait beau, il fait chaud, la mer est belle. C'est l'heure de la pêche pour les Fous qui nous offrent de superbes loopings.
Et nous avons même la chance d'avoir un banc d'une bonne trentaine de dauphins qui nous suivent...
Ok là je fonds...
Je ne suis qu'étoiles dans les yeux, papillons dans le ventre et cris de joie!
Merci la vie et tutti cuicui.

Sauf que... (Tu sais bien qu'avec moi, quand il y a un moment de pur bonheur, peu de temps après je me fais rattraper par un petit revers de médaille)
Je disais donc... Merci la vie et tutti cuicui...
Sauf qu'il s'est vite mis à faire plus très si beau et qu'on s'est ramassé une vilaine vague. Rien de grave en soi.
Sauf que le Captain' a oublié que j'étais encore en apprentissage et qu'il a pas vérifié si j'avais tout bien fait avant de partir.
Oui oui je remets la faute sur lui!
Non parce que dans ma To Do List, j'ai oublié qu'il fallait toujours fermer les hublots à l'avant... damned...
La vilaine vague est donc venue s'écraser dans la cabine.

_C'est encore une petite connerie ça mon Captain' hein? Heu... Pardon?

Et qui dit "vilaine vague" dit que le vent est en train de se lever d'un coup.
Ha bah ça y est j'ai re de la trouille.
Et quand j'ai de la trouille j'oublie tout.
J'oublie qu'on ne peut pas se retourner, j'oublie que c'est normal de gîter à ce point, j'oublie qu'on ne risque rien et que tout va bien.

Le Captain', face à ma trouille, me dit pour la millième fois que c'est rien. Que c'est juste un grain. Oui on va se le prendre ce vilain grain qui arrive au loin, mais pour l'instant on peut continuer notre route, on a le temps.

Je m'accroche à l'arrière, priant tous les Bons Dieux de la terre et des mers pour qu'on sorte vivant de ce vilain grain.
Le grain... le grain qui se rapproche de plus en plus... le grain qui va nous secouer les voiles... le grain qui...

_On ENROUUUUULE!!!!!!

Ça c'est le Captain qui se met à crier une action à effectuer, tu l'auras deviné.
Si il crie ça veut dire qu'il ne faut pas que je pose de question et que j'effectue l'action! RIGHT NOW!!!
La trouille au fin fond de mes entrailles, je me dresse bien droit sur mes 2 guiboles, je saute sur l'écoute du génois et j'ENROULEEEEE!!!!
Lui, il affale la Grand-Voile.

Ha bordel j'ai enroulé!
J'ai enroulé et je savais même pas ce que c'était d'enrouler!
Mais depuis 1mois que je le vois faire les manoeuvres bah j'ai su de suite ce que ça voulait dire d'enrouler!

_T'as vu Captain comment j'ai trop bien enroulé????! Non mais wouaw!!!

Le grain? Même pas peur!
Je gère!
Moi j'enroule!

Cette fois c'est bon...
J'crois que j'peux l'dire...
J'suis devenue marin les gars!

Martinique... accueille en ton sein un nouveau 'ti marin!

Martinique... nous voilà!

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01 août 2013

Sailing Trip... #La Dominique#

C'est le coeur gros que nous quittons Les Saintes, après avoir passé des moments pleins d'émotion...
Bye Bye les Dauphins, Salut les potos...
Merci pour tout!!!
Voiles sur la Dominique!

Le Captain' est ravi de reprendre la mer, moi un peu moins.
Je t'explique.
Autant on est partis des Saintes sous un beau soleil et une mer calme, autant très vite on se retrouve face à de gros nuages, à une grosse houle, et aux gros vilains grains.
Et moi la météo du fin fond du Golf du Morbihan bah j'aime pas très bien ça.
Ça brasse sévère, il fait froid, on joue au chat et à la souris avec la pluie, et forcément je commence à paniquer.
Rah bordel mais j'en ai marre d'avoir toujours de la trouille.
Mais j'y peux rien, je contrôle pas.
Je m'accroche à l'arrière du bateau et j'attends en claquant des dents...
J'arrive tant bien que mal à me calmer jusqu'au moment où le Captain' lâche la barre (t'inquiète on a un pilote automatique) et va à l'avant.
Genre c'est normal... genre il marche peinard alors que j'arriverai même pas à tenir debout, genre il fait des petits bonds de cabris au rythme des vagues et il fait je ne sais quoi avec le génois...

_Hé non mais dis donc captain' t'es pas un peu malade???! Reviens! Reviens ici bordel! Reviiiiiiens j'ai peur!!!!

Il finit ses manip' et revient à l'arrière ne comprenant pas le moins du monde mon hystérie débordante.

_Ha tu comprends pas??! Tu comprends pas que j'ai peuuuuur que tu tombes à l'eau??? Non parce que si tu tombes à l'eau hein, bah moi je sauuuuute!
Je resterai pas seule sur le bateau, j'te jure Captain', si tu tombes je saute et on meurt noyés tous les 2!!
C'est ça que tu veux??? NON!
Alors arrête de te trimballer à l'avant sans t'attacher!

Bon bah là il se marre...
Parce qu'il me dit qu'il n'y a pas de vent (à peine 20 noeuds, soit 37km/h), qu'il a toujours une longueur d'avance sur la vague qui va arriver, et qu'il a TOUJOURS une main pour lui, une main pour le bateau.
Ouais... bon... d'accord... mais quand même hein!
Attache-toi si tu sors du cockpit!!! J't'en prie, j't'en conjure, j't'en suppliiiiiie...

La question ne se reposera pas sur cette nav', vu qu'il n'aura pas besoin de retourner à l'avant.
Par contre on se rend compte qu'il faudrait quand même que je sache arrêter le bateau au cas où il tombe à la flotte... juste au cas où.

On arrive en fin de journée sur la Dominique.

La Dominique... la plus sauvage des Antilles.
La végétation a pris le dessus sur l'homme, c'est incroyable.
Du vert... du vert... du vert...
C'est la jungle ici les gars.
On s'offre le luxe de la voiture pour parcourir ses routes sinueuses à la découverte des petits hameaux hauts perchés.
On fait le plein de mangue au bord des routes.
On se prend pour des pirates échoués sur les plages désertes... plages où Johnny a posé les pieds...
Johnny Depp bordel!
Pour le tournage de Pirate des Caraïbes 2!
Et pour aller au bout de ma fan attitude je me baigne cul nu dans L'indian River...
Johnny s'y baignait aussi j'en suis sûre... Non mais wouuuaw quoi!

Malheureusement notre séjour prend fin rapidement.
Non pas qu'on ne se sente pas bien en Dominique, mais il faut avouer qu'au niveau de la tranquillité à bord il y a à redire.
On est envahi de rastas qui ont toujours un truc à nous vendre. Ils viennent taper à la coque dès le p'tit déj, un autre arrive à l'heure de la sieste. C'est récurrent.
C'est un peu comme quand ton téléphone ne fait que sonner et que tu dois répéter à longueur de journée "non vraiment Monsieur, ça ne m'interesse pas... Non je ne veux pas de votre assurance...".
Au premier coup de téléphone tu es poli et compréhensif, ce pauvre Monsieur ne fait que son travail, mais arrivé 20h, au bout du 5ème coup de téléphone bah tu perds ton calme "NON!! NON j'en veux pas de votre p*taiiiin d'assurance mes co*illes!!! Arrêtez de m'apeller bordel!!!"
Bon bah les rastas autour du bateau c'est un peu pareil.

De toute façon on doit rejoindre la Martinique au plus vite.
Le Captain' a prévu de réparer les réservoirs d'eau et de changer le thermostat du frigo.
Ha oui parce que je t'ai pas dis, mais en plus de ne pas avoir d'eau à bord, on n'a pas non plus de frigo.
Et ça fait déjà 1mois qu'on est partit... un peu galère pour garder les bières au frais surtout!

C'est pas que... mais oui je crois qu'avoir l'eau et un frigo à bord ça risque de nous changer la vie...

 

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01 juillet 2013

Sailing Trip, les débuts de la vie à bord...

Lors de mon mémorable voyage en Afrique du Sud, le Captain', malgré l'invasion de mes poux dans ses belles dreads m'avait fait une proposition des plus folles: partir à la découverte des Antilles à bord de son ´ti voilier tout l'été.

Ne connaissant pas les Antilles et étant libre comme l'air, c'est tout naturellement que j'ai décidé de faire mes valoches et que je me suis lancée corps et âme dans cette belle aventure, les poux en moins fort heureusement.
Quand je dis "tout naturellement" je mens un peu parce que forcément décider de vivre cette aventure m'a pas mal angoissé.
Je n'y connais rien aux bateaux et j'ai limite peur de l'eau.
Je ne sais pas sentir le vent et encore moins sentir s'il vient du nord ou du sud.
Je ne sais pas faire les nœuds hormis ceux de mes baskets. Je ne sais pas ce qu'est une drisse, une écoute, un génois, un ris.
Je ne comprends pas ce que ça veut dire d'être au près et encore moins d'être tribord amure.
Je n'ai jamais barré, encore moins choqué une GV, ni tiré sur un bout'... mais j'allais devoir apprendre.
Et puis j'avais la trouille de passer plus de temps sur mer que sur terre parce que très vite ce n'est plus le mal de mer que j'ai eu mais le mal de terre. 
Si si j'te jure ça existe le mal de terre. C'est comme si ton corps il continuait à tanguer alors que rien ne bouge... T'es comme en mode bourracho mais sobre en fait.
Et gros j'avais la trouille de ne pas réussir à m'adapter à la vie à bord.
Non parce que vivre sur un bateau c'est pas du tout, mais alors pas du tout comme vivre dans une maison.
Quand tu vis dans une maison et que tu veux rentrer chez toi bah tu n'as qu'à prendre ta Moby. Easy.
Bon bah quand tu vis sur un bateau et que tu veux rentrer à bord et bah tu dois prendre ton dinghy.
Et monter dans le dinghy c'est pas du tout comme enfourcher Moby!
J'ai peur de passer à la flotte, une jambe sur le quai, l'autre dans le dinghy... traumatisée que je suis par ces personnes ayant fait la une de Video Gag.
Une fois calée dans le dinghy il va être question de monter à bord, et là il va falloir faire preuve de tonicité et d'équilibre. 
Mon problème majeur étant la partie postérieure de mon anatomie qui fait contre poids quand je tente de me hisser par dessus les filières. Au niveau de la tonicité et de l'équilibre j'ai encore du boulot...
Tu avoueras que monter à bord est un peu plus compliqué que de monter 3 marches d'un perron et d'ouvrir une porte d'entrée.
Je ne te cache pas qu'il m'est déjà arrivé de me retrouver le haut du corps suspendu à la filière et le derrière flottant...
Ensuite quand tu vis dans une maison et bah ta maison elle ne bouge pas!
Tu n'es pas obligé de te sangler pour pouvoir faire cuire des pâtes au risque de te vautrer dans la gaziniere au premier roulis hein?
De toute évidence, à moins que tu ne sois complètement bourré, dans ta maison il n'y a pas de roulis!
Et tu ne te cognes pas aux coins de table et de banquette quand ton voisin rentre chez lui toi, quand tu es bien peinard dans ton salon?! Non?
Je t'explique.
En bateau, ton voisin, lui aussi à bord de son dinghy, fait naître une vague, vague qui va finir par s'écraser sur ta coque, ce qui entraine le fameux roulis et manquer de faire basculer ton plat de coquillettes sur tes genoux.
Alors en bateau, quand le voisin rentre, bah tu arrêtes de manger et tu tiens ton assiette.
 
Autre point non négligeable au luxe de la vie à terre est que tu as de l'eau à volonté qui coule comme par magie juste après avoir tourné un ´ti robinet.
Sur un bateau aussi tu as de l'eau mais sur un bateau, tu pompes! 
Tu pompes avec les mains pour la chasse d'eau, tu pompes avec les pieds pour te laver les mains...
Tu pompes les fonds parce qu'il y a toujours de l'eau qui rentre par je ne sais quel endroit... ce qui ne va pas pour me rassurer...
Dis Captain', c'est normal qu'on ait de l'eau sous le plancher là???! Ha oui c'est normal... Hum hum...
Et encore tu pompes quand tu as la chance d'avoir de l'eau dans les réservoirs.
Quand les réserves sont vides (les notres fuient... assez emmerdant je ne te le cache pas) tu as, au pire, de l'eau dans des bidons.
Tous les 3-4 jours le Captain' va remplir les bidons et moi je branle.
Oula mais ne va pas t'imaginer n'importe quoi toi!
Branler c'est transvaser l'eau des bidons dans des bouteilles, à l'aide donc, de la "branlette".
Non parce que soulever au dessus de ma tête un bidon de 60L pour prendre une "douche" c'est un peu compliqué.
C'est alors munie de ma petite bouteille d'1,5 litres que je peux prendre ma "douche" dans le cockpit, les fesses à l'air, à la vue des voisins. J'adore...
Imagine toi te "doucher" dans le jardin, ou sur le balcon de ton immeuble...
Mais encore une fois tu "branles" quand tu as la chance d'avoir de l'eau dans les bidons. Parce que des fois de l'eau bah on n'en trouve pas.
C'est pour ça qu'on va toujours à terre avec un tuyau d'arrosage, au cas où on trouverait une arrivée d'eau. C'est comme ça, qu'un jour je me suis retrouvée à me laver au milieu d'une petite place au port...à la grande joie des pêcheurs cette fois.
L'eau... toujours l'eau...
En vivant sur le bateau j'ai appris à faire la vaisselle à l'eau de mer en évitant de penser que le contenu des chiottes de tous les voisins et des nôtres aussi se déverse dans la mer justement...
Imagine toi laver ta vaisselle avec l'eau de ta fosse septique...
Au passage, merci maman de m'avoir appris à ne pas gaspiller l'eau.
Aujourd'hui j'arrive à prendre une douche avec seulement 1,5 litres!  

Bien evidemment, avant de m'embarquer dans cette aventure je n'avais pas idée de ce que ça pouvait être de vivre sur un bateau, mais j'avais l'intime conviction que j'allais m'adapter assez vite.
J'ai donc enfourné quelques robes et surtout des maillots de bains dans un sac, une petite dizaine de paires de chaussures, qui ne me seront d'aucune utilité, quelques bouquins et yallah.
Le dernier tour du caillou avec la distribution des derniers bisous aux potos et zou!
Souquez les artimuses moussaillon!
Cap' sur St Kitts!

 

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26 février 2013

South Africa trip #part4#end#

Alors d'accord j'ai des poux.

Je suis sur un bateau, en Afrique du Sud, et j'ai des poux bordel!!! 
Et vu ce qui grouille sur ma tête je me les trimballe depuis St Barth c'est sûr.
Alors à tout ceux qui pensent que St Barth est l'île bling bling blindés de riches et célèbres, sachez qu'il y a aussi du riches et célèbres pouilleux!
Je ne comprends pas comment j'ai pu les chopper, vu qu'ils aiment les cheveux propres et que les miens ne le sont que rarement. Mais c'est pas l'heure de chercher le coupable de ma contamination. Là il est question de réagir et vite.
Moi qui avais tout fait jusque là pour ne pas me faire remarquer (l'oeil bovin, le sourire niais, le hochement de tête face aux marins parlant mécanique, sans oublier ma lutte interne face à mon mal de mer) je deviens la nana qui a semé ses poux à bord...
On commence le tchek des têtes et... suspense... des petites bêtes se baladent sur la tête du Captain'.
Oups!
Je te précise que le Captain est équipé de belles (et propres...t'avais qu'à pas les laver!) dreads ou pas?
Je pouvais pas faire pire.
Enfin si je pouvais.
Je pouvais éventuellement être frappée par une pulsion démoniaque en pleine nuit et lui couper ses dreads...
Au final les poux c'est pas mal. C'est mieux même...
Ne nous reste plus qu'à tenter les vieux remèdes de mémé: le vinaigre (blanc, rouge... on a même essayé le balsamique) l'huile d'olive, la lavande, pour enfin en venir aux produits chimiques.
*A l'heure où je vous parle nous avons réussi à tous les exterminer. Enfin je crois.*

Nous voilà donc à Durban.
Métropole de 3,5 millions d'habitants située au bord de l'Océan Indien, Durban est le plus grand port d'importation et d'exportation d'Afrique du Sud. Peuplée de 68,5% de Noirs, 20% d'Indiens, 9% de Blancs et 2,5% d'Asiatiques; Durban souffre d'une très forte criminalité qui a explosée dans les années 90 mais reste une station balnéaire et touristique qui s'étend sur 500 kms de côtes. Enfin c'est pas moi qui l'a dit c'est wiki.
Parce que je vais pas te mentir, j'ai pas trop quitté la marina.
La marina fermée par des grillages et encerclée de flics. Euh c'est que ça craint vraiment par ici ou pas très trop les gars?
J'ai bien essayé d'aller faire un tour en ville mais venant de St Barth je n'avais que des tenues non adaptées à la situation. Le Captain' m'avait pourtant prévenu mais j'ai pas voulu écouter. Pas qu'un peu têtue la Bretonne!
Alors autant dans le mini bus avec Salmen je n'avais pas voulu montrer une cheville, autant je me suis tentée la balade en solo dans Durban en "raz la 'tach". Normal!
Et une fois de plus je me suis rendue compte qu'on ne peut se trimballer à poil qu'à St Barth...
*Maman ne t'inquiète pas, je suis retournée au bateau hyper vite*

Le lendemain de notre arrivée j'accompagne l'équipage au shipshandler (le Jardiland des bateaux... autant te dire que je me suis vachement sentie à ma place...j'ai désespéremment chercher du desherbant pour venir à bout de mes nouveaux amis capillaires mais j'ai pas trouvé)et en sortant de la marina, sur qui on tombe?
Nos potos Belges!
J'ai hyper peur qu'ils se grattent un peu trop la tête mais non. Pas de gratouille pour eux. Devaient avoir les cheveux trop crades eux. Ou trop propres justement.
Ils ont eu une petite panne et ont dû faire escale à Durban. Comme quoi la mer est pleine d'imprévus et de jolies surprises.
On en a profité pour trinquer encore un peu et refaire le monde encore une soirée ou deux.

J'ai donc passé 4 jours à Durban. A ne rien faire. J'ai retrouvé ma place sur le ponton, le soleil, un bon bouquin et le clipotis des vagues sur la coque...
J'aurais pu, je te l'accorde, profiter de mon séjour en Afrique du Sud pour aller me faire un safari dans le bush mais une fois mon p'tit cochon explosé je me suis rendu compte que le malheureux n'avait dans ses tripes que l'équivalent de mon billet d'avion...

L'heure du départ approche... il est tant de rassembler mes affaires (et mes poux au passage) de refaire mon sac, de lever ma dernière bière à bord, de remercier tout le monde et de profiter d'une dernière nuit à être délicatement bercée.
Et forcément je pleure. Parce que j'ai toujours eu une sainte horreur des au revoir. Parce que le problème avec moi c'est que je m'attache vite aux gens, aux lieux...
Il va me manquer ce bateau, je le sais.
Mais on m'attend sur mon caillou, ma place est encore là bas... avec la "famille", Dinou, mon travail.

Je pars avec de jolis souvenirs (et mes poux) pleins la tête, je pars avec des bouts d'Afrique, avec ses couleurs, ses odeurs.
Cette nouvelle aventure m'a montré, une fois de plus, que tout ce que l'on décide est réalisable.
C'en est d'une facilité déconcertante même.

Roger gère le voyage retour.
Durban, Johannesburg, New York (sous la neige), St Martin et enfin St Barth. Moi je gère un peu moins.
Je suis comme en transit. Encore un peu là bas, pas encore ici. Chamboulée, retournée, charmée, vidée.

Quoi de mieux pour se remettre dans le bain?
Le Carnaval!!!
Et j'ai eu le plus beau cadeau.
Les copains qui m'attendaient avec mon costume.
Et devine quel thème ils ont choisi?

 

photo carnaval

Mes zulu préférés du monde entier...

Je suis ici et toujours un peu là bas.
J'ai été monté en kit c'est pas possible! Mes parents devaient être les précurseurs d'Ike@.

Oui bon je me cherche, c'est tout.
Genre la nana elle sait pas où elle doit être.
Et si j'acceptais d'être partout à la fois.
L'ubiquité c'est ça?

 

Posté par la-raconteuz à 07:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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